La défense du Palais de la Mutualité dans le 5ème arrondissement représente une bataille aussi concrète que symbolique.
L’opération immobilière prévue et la transformation du bâtiment de la rue Saint-Victor en centre de congrès de prestige implique à la fois la suppression de tout ou parties des activités des centres de santé mutualistes conventionnés qu’il abrite et la disparition d’une des dernières grandes salles de meeting à Paris encore accessibles aux organisations syndicales et politiques progressistes. La Mutu historique !
Par delà les difficultés financières invoquées par le gestionnaire actuel, la Fédération mutualiste parisienne, le maintien des activités du site est parfaitement envisageable comme l’ont démontré les syndicats et organisations qui animent la défense du site, dont nos camarades de la section du PCF du 5ème arrondissement (voir texte précédent).
C’est une question de choix.
- De choix de la Fédération nationale de la Mutualité française d’abord.
Mais pour l’instant, elle tourne le dos aux valeurs mutualistes en sacrifiant les deux activités de la Mutu et en cédant, cet été, la gestion du site au groupe privé « GL-Events ». On ne peut qu’y voir un signe de plus de la transformation progressive de la Mutualité française en complémentaire santé de type privé, comme son approbation de la Loi Bachelot contre l’hôpital public ou encore ses campagnes de publicité dénigrant le service public en témoignent.
L’un des axes de la bataille pour la défense du Palais de la Mutualité est de mettre en évidence la contradiction entre l’idéal mutualiste et l’opération immobilière que ses représentants couvrent.
- La municipalité de Paris dispose aussi de moyens d’intervention décisifs. Elle peut directement bloquer l’opération (en ne délivrant pas les permis nécessaires, en faisant jouer le PLU…). Elle peut peser ensuite de toute son influence et sa capacité de mobilisation pour rentrer à son tour dans la campagne de défense de la Mutu.
C’était le sens du vœu que les syndicats et associations ont suscité et que le groupe des élus communistes et de gauche au Conseil de Paris avait accepté de présenter à la séance des 19 et 20 octobre 2009.
Mais finalement, ce vœu a été retiré par Ian Brossat, président du groupe et n’a pas été soumis au vote, Brossat se ralliant à un autre vœu sur la question de l’adjointe PS Anne Hidalgo, un vœu, comme on dit, qui « ne mange pas de pain ». Alors que les travaux pourraient commencer rapidement, le vœu de Mme Hidalgo verse quelques larmes de crocodile mais n’engage surtout pas la municipalité dans le cadre de ses responsabilités.
L’attitude politique de M. Brossat sur un tel dossier est très regrettable. Il était très important pour la suite que le Maire de Paris et sa municipalité se positionnent clairement et soient le cas échéant placés devant leurs contradictions vis-à-vis de l’intérêt des populations et du mouvement de lutte. Soit ils votaient pour, soit ils votaient contre le vœu ! Ian Brossat leur a permis de se défausser sans informer les syndicats, associations et militants politiques qui l’avaient mandaté.
Quand la municipalité de Paris choisit la spéculation, au service de grands groupes financiers, à la Samaritaine, à Beaugrenelle et ailleurs, les communistes doivent le dénoncer et le combattre et non le cacher. C’est en tout cas notre conception normale de l’Union de la « gauche ».
Il n’est pas trop tard pour corriger le tir. Demandons publiquement à la municipalité de prendre ses responsabilités pour la sauvegarde du Palais de la Mutualité. Soutenons les syndicats et les militants politiques, dont la section du PCF Paris 5, qui poursuivent leur bataille et entendent lui donner l’écho parisien et national qu’elle mérite.
Ci-dessous l’analyse rétrospective du PCF Paris 5 :
La mairie de Paris doit prendre ses responsabilités !
La disparition de 160 emplois et la fermeture de plusieurs spécialités médicales dans les centres Saint-Victor (5e) et du Moulinet (13e) prévue par le plan de restructuration de la FNMF, ainsi que la cession de la gestion de la Maison de la Mutualité au groupe international privé GL Events qui projette de la transformer en centre de conférence de luxe, a soulevé une large opposition. La mairie de Paris, qui a à plusieurs reprises manifesté sa détermination en ce qui concerne le devenir de la Maison de la Mutualité et ces deux centres de santé, peut et doit agir ! Il s’agit d’une attente forte de la part des salariés, des mutualistes, des usagers de ces centres et des habitants du quartier.
Les forces politiques représentées au sein du Conseil de Paris se sont en effet prononcées depuis plus d’un an pour :
- Le maintien des activités de santé de proximité dans les centres Saint-Victor (5e arrondissement) et du Moulinet (13e arrondissement) dans le secteur 1 avec tiers-payant
- La nature mutualiste de la gestion de ces centres de santé
- La sauvegarde de l’emploi dans les deux centres de santé et dans la Maison de la Mutualité
- Le maintien de la fonction du Palais de la Mutualité, en particulier de ses salles de réunion, comme un centre de la vie démocratique
Un vœu de chaque groupe a ainsi été déposé dans ce sens lors du conseil de Paris des 15, 16 et 17 décembre 2008. Un vœu présenté au nom de l’Exécutif par Mme Anne Hidalgo, 1e adjointe, a finalement été voté et demande « que M. le Maire de Paris interpelle Mme la Ministre de la santé sur l’avenir du secteur des soins sociaux au cœur de Paris, particulièrement dans le 5e, ainsi que l’ensemble du secteur mutualiste, afin de mettre en place un scénario permettant le maintien d’une gestion mutualiste de ce lieu et de ses destinations. »
Lors du conseil de Paris du 11 et 12 mai 2009, un nouveau vœu a été voté. Il prend acte de la mobilisation des habitants, des usagers et des « forces vives de la capitale » pour la sauvegarde des centres de santé Saint-Victor et du Moulinet et de la Maison de la Mutualité. Présenté par Anne Hidalgo, toujours au nom de l’Exécutif, la municipalité s’engage à ce « que M. le Maire de Paris intervienne auprès des autorités désormais en charge du devenir de la Mutualité parisienne pour que soit maintenue une gestion mutualiste et que la destination du site soit conservée » mais aussi à ce « que les activités des centres de santé soient maintenues ainsi que les emplois qui y sont associés pérennisant ainsi une offre de soins diversifiés de secteur 1 dans le centre de la Capitale. »
Les projets de transformation des deux centres de santé et de la Maison de la Mutualité étant connus depuis cet été, la mairie de Paris dispose aujourd’hui d’une possibilité concrète pour agir. C’est pourquoi, la section communiste du 5e arrondissement, qui, depuis le début, est partie prenante de la lutte au niveau local, a été partisane de la présentation d’un vœu qui exige :
- de s’opposer aux travaux prévus au Palais de la Mutualité dans l’attente d’une inscription de celui-ci à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques
- de proposer une subvention qui permette le maintien de toutes les activités de santé exercées jusqu’à présent dans les 5e et 13e arrondissements
- de s’assurer de la pérennité des activités médicales et de soins en secteur 1 avec tiers-payant aux centres Saint-Victor et Moulinet, qui n’ont actuellement aucune garantie à long terme
Un tel vœu a été présenté par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche lors de la séance des 19 et 20 octobre 2009 mais retiré en cours de séance au profit du vœu d’Anne Hidalgo, présenté au nom de l’Exécutif. Bien qu’il rappelle l’attachement du Conseil de Paris aux diverses activités de la Mutualité, ce vœu ne prend aucun engagement ferme et n’utilise aucune des possibilités dont dispose la municipalité pour freiner le démantèlement de ces activités et soutenir la pérennité de l’offre de soin en secteur 1 avec tiers-payant au cœur de la capitale.
En lien avec la lutte menée avec les salariés, les mutualistes, les usagers et les habitants du quartier, la section communiste du 5e exprime sa surprise face au retrait, sans mise aux voix, du vœu qu’elle défendait pour la sauvegarde de la Maison de la Mutualité et des deux centres de santé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche. Nous exprimons par ailleurs notre étonnement et notre réprobation concernant le décalage qui existe entre l’attachement proclamé par l’Exécutif municipal parisien à la Mutualité et l’absence d’engagements concrets susceptibles d’éviter son démantèlement. Les communistes du 5e arrondissement renouvellent donc leur demande que ce vœu soit à nouveau présenté, et adopté.
Section PCF Paris 5e



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