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Actualité politique-France

Mardi 24 novembre : manifestons notre soutien aux grévistes de La Poste et de l’Education nationale

 

La Poste : Manifestation – départ 14h00 du Métro Port Royal vers le siège, boulevard de Vaugirard (métro Montparnasse) – lien vers le tract de nos camarades du 15ème

 

Education nationale & recherche : Manifestation – départ 14h30 du RER Port Royal – lien vers le tract de nos camarades du 5ème  

Jeudi 19 novembre 2009
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Mais qui a intérêt à monter la question de la Burqa ?

 Voilà deux mois bientôt que télévision, magazines, intellectuels, experts et politiciens en rajoutent à tour de rôle sur le sujet de la burqa, du nikab, maintenant du « burqini ». Des variations infinies sont imaginables tant ce type de débats fait leur miel. Et ils ont encore six mois devant eux jusqu’aux conclusions de la mission parlementaire.

 Sarkozy a donné le signal de départ dans son discours de Versailles le 21 juin, reprenant au bond la balle envoyée par un certain nombre de députés, dont le quarteron des éléments les plus réactionnaires et populistes de l’UMP.

Ces députés ont soudain découvert la nécessité impérieuse d’une mission parlementaire sur une question qui concerne quelques centaines de cas en France (bientôt plus grâce à sa montée en épingle) et sur laquelle la quasi-totalité de l’opinion s’accorde.

Moi aussi, comme tout le monde ou presque, je suis horrifiée par l’idée que l’on puisse imposer à des femmes le port du voile intégral.

Mais nous devons réfléchir à qui profite la médiatisation de la burqa.

Certainement pas aux femmes menacées par cette agression (ou une autre) dont l’affaire va exacerber les causes.

Certainement pas aux travailleurs qui subissent la politique au service du patronat et de la finance. Leurs soucis sont ailleurs.

 En revanche, on note déjà la délectation des religieux de toutes les confessions, de toutes les tendances, même les plus intolérantes (UOIF).

Les voilà transformés en experts sollicités par la République pour dire ce qu’elle doit autoriser ou non, y compris les tenues vestimentaires ! Des éléments extrémistes isolés ne manquent pas d’en rajouter dans la provocation pour faire passer ces « modérés » pour des références.

En bref : « la burqa non, le voile islamique oui », logique nourrissant les prétentions publiques communes à toutes les religions.

Les religieux et le pouvoir sarkozyste ont trouvé un nouveau biais pour attaquer la laïcité. Halte là !

Les Eric Raoult, Thierry Mariani ou Georges Mothron (Argenteuil), ces inlassables recycleurs des « thèses » du Front national, ne masquent pas non plus leur satisfaction. Pour eux, voilà une nouvelle tribune pour répandre à nouveau les idées nauséeuses qui empestent nos quartiers et s’appliquent à casser les solidarités ouvrières.

Avec, en plus, un couvert de laïcité républicaine et une caution de gauche !

En prime, la lutte contre la burqa recouvre d’une mission civilisatrice les actions de guerre de l’armée d’occupation occidentale en Afghanistan.

On comprend que Sarkozy soit content !

Mais, progressistes, ne nous laissons pas piéger par cette tentative de détourner nos réflexes !

 Plus que jamais, battons-nous pour l’école laïque et républicaine, pour les services publics, pour le progrès social, contre le capitalisme et ses opiums du peuple ! 

Dimanche 16 août 2009
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En mai, ensemble, nous avons la force de

 

 faire plier le gouvernement

 

Du 19 mars au 1er mai : la contestation se généralise

Le 19 mars, 3.000.000 de salariés ont fait grève et sont descendus dans la rue.
Ils ont clairement mis en accusation la politique du gouvernement qui continue de creuser la crise, de diriger l’argent vers la finance, vers le capital aux dépens des salaires, des retraites, des services publics, de la réponse aux besoins.

Ils ont accusé le Medef qui utilise la crise pour accélérer ses restructurations, délocaliser, comprimer les salaires.

Depuis, ces constats se sont imposés aux yeux d’un plus grand nombre encore. Les luttes se sont encore développées et étendues à de nouvelles catégories, dans le secteur privé comme dans le public.

Des mobilisations inédites se construisent, par exemple pour défendre l’hôpital public. La colère et l’exaspération montent devant les plans de suppression d’emplois, alors que les actionnaires du CAC 40 se partagent 35,5 milliards d’euros de dividendes. Comment tolérer par exemple que l’on ferme des usines dans l’automobile, alors que pour la 1ère fois, le solde commercial du pays est lourdement négatif (-4,8 milliards d’euros) dans ce secteur ?

 

Arrêter Sarkozy et le gouvernement : une urgence !

 

 Aujourd’hui, le rapport de force existe pour mettre en échec les contre-réformes du gouvernement, gagner des mesures structurelles face au capitalisme en crise.

C’est nécessaire et urgent quand le chômage s’accroît de 80.000 personnes par mois. C’est nécessaire et urgent, parce que tant que le mouvement ne commence pas à gagner, ne serait-ce que sur une bataille, Sarkozy et le gouvernement peuvent continuer à surenchérir. Ils remettent ainsi à l’ordre du jour le travail du dimanche et préparent une augmentation des impôts des salariés pour financer la dette qu’ils « lèguent » aux futures générations.

Mais, fébriles, ils tentent de criminaliser le mouvement social et de faire diversion sur le thème de la sécurité.

 

Les luttes des uns sont les luttes des autres et inversement

 

 Au-delà du côte-à-côte ponctuel, l’aspiration est grande à la convergence des luttes sur des revendications précises, immédiates et rassembleuses.

Les convergences se font d’autant plus facilement que les luttes actuelles sont toutes d’intérêt général, qu’elles portent l’intérêt du pays, qu’elles se rejoignent.

La loi Bachelot contre l’hôpital public suit le même modèle que la loi LRU contre l’université. La lutte contre la privatisation de la Poste renvoie directement au rejet de la dérive financière spéculative des banques privatisées. La bataille pour l’emploi, pour empêcher les licenciements, celles contre le démantèlement de l’appareil productif, de la fonction publique, celles pour les salaires et le pouvoir d’achat unissent tous les salariés.

L’ampleur de la contestation dans les entreprises a amené toutes les confédérations syndicales, même celles qui ont laissé faire en 1995 et 2004 (contre-réforme des retraites), à appeler ensemble aux journées nationales d’action. Très bien !

Mais le niveau de rejet des choix du Medef crée les conditions d’un mouvement solide, déterminé et continu, d’un rassemblement populaire qui pourra et devra aller au-delà des compromis de l’unité syndicale.

 

La perspective politique est dans les luttes, ICI ET MAINTENANT !

 

Ni la perspective d’une nouvelle alternance en 2012, ni les combinaisons politiciennes pour les élections européennes ne représentent la réponse politique aux exigences de fond du mouvement.

Attendre et subir d’ici 2012 une nouvelle alternance et un hypothétique changement de politique?
On a déjà donné. 

La « gauche » est en train de se repositionner dans cette perspective. Le soutien du PS aux manifestations est bienvenu mais ne peut faire oublier son soutien au Traité de Lisbonne, au plan de renflouement des banques, à la régionalisation de la santé, à « l’autonomie » des universités…

Prenons garde aussi à ne pas réduire la politique que contestent et combattent les salariés à un seul homme, fût-il l’omniprésent et provocateur Sarkozy. Cette personnification à outrance invite à attendre et se résigner d’ici l’élection présidentielle.

Le pouvoir sait qu’il n’a rien à craindre du côté de l’UE.

Le résultat des élections ne le fera pas changer sa politique. Ce n’est pas dans le cadre des institutions et de l’intégration européennes, instrument des gouvernements successifs pour faire passer leur politique antisociale depuis 25 ans, qu’on peut imaginer une alternative politique en France. L’approche des élections est déjà utilisée pour effacer les responsabilités déterminantes des gouvernements nationaux et la place centrale de l’action des peuples dans chaque pays.

C’est dans les luttes, ici et maintenant, que réside l’alternative politique dont le peuple, l’économie et l’avenir du pays ont besoin tout de suite.

Les travailleurs guadeloupéens viennent de montrer comment on peut gagner.

Avec la crise, le capitalisme dévoile plus nettement encore ses limites.

Militants communistes dans les entreprises et les quartiers, nous plaçons toute notre action et nos propositions de rupture dans la perspective politique immédiate que portent les luttes : mettre en échec le pouvoir et imposer d’autres choix politiques tout de suite.

La dynamique de ce 1er mai constitue un encouragement.

Lundi 4 mai 2009
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Les deux journalistes de France 3 sont sortis libres de leur audition par la police judiciaire mercredi 1er avril. Comme les deux journalistes du site internet « rue89 ». Encore heureux !

 

Ils avaient été convoqués, les premiers pour être soupçonnés d’avoir transmis aux seconds un enregistrement vidéo des minutes précédant l’interview de Sarkozy le 30 juin sur la chaîne publique, les seconds pour l’avoir diffusé.

 

Dans ce court film « off », on voit Sarkozy suffisant, arrogant et menaçant à l’égard des journalistes, en plein mouvement contre la « réforme » qui sape les moyens et l’indépendance de la télévision publique.

 

La plainte, « pour vol, recel et contrefaçon », a été déposée par la direction de la chaîne, à l’instigation évidente de l’Elysée. S’alarmant de la sortie d’une cassette vidéo, cette même direction a trouvé normal de livrer à la police des heures d’enregistrement de vidéosurveillance interne. Mais ces dispositifs de mouchardage n’ont rien laissé voir de compromettant pour les journalistes !

 

De toute évidence, la convocation du 1er avril a représenté une étape supplémentaire dans l’opération d’intimidation des journalistes et des personnels de la télévision publique en général, de France 3 en particulier.

 

Les syndicalistes, fortement présents au rassemblement de soutien, notamment de la CGT France 3, ont dénoncé cette situation et souligné les perspectives de rassemblement et de riposte contre la tentative de mise au pas de l’ensemble de l’audiovisuel publique.

 

Communistes, nous sommes pleinement de ce combat !

Vendredi 3 avril 2009
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Rencontre de comunistes à Malakoff, 21 mars 2009

 

Le 21 mars 2009, 155 militants, responsables de cellules, de sections, de fédérations du PCF, venant de 29 départements se sont réunis à Malakoff à l’invitation de 17 membres du Conseil national du PCF, signataires du texte alternatif du 34ème congrès « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ».

 

L’immense succès de la journée nationale de grève et de manifestation du 19 mars a été au cœur des discussions. Pour tous les participants, il a souligné à nouveau la nécessité du PCF, outil politique indispensable pour dégager une perspective politique de rupture avec la politique au service du capital, au moment où la crise met en évidence la nocivité et les limites du système capitaliste.

 

Après son 34ème congrès, le PCF reste à la croisée des chemins.

 

Un mouvement de fond s’est manifesté parmi les communistes. Ils ont exprimé sans ambiguïté leur volonté de défendre l’existence de leur parti. Ils ont mis en échec, une nouvelle fois après l’Assemblée extraordinaire de décembre 2007, le projet de « métamorphose ».

 

L’opposition à la poursuite de la stratégie d’abandon de l’identité communiste du PCF que des militants et des organisations du parti ont portée avec le texte alternatif y a fortement contribué. Lors du vote d’octobre, il est arrivé en tête dans cinq fédérations : Pas-de-Calais, Nord, Tarn, Haute-Saône, Ardennes, dans de nombreuses sections.

 

Dans le même temps, malgré les désaveux successifs, la direction sortante est parvenue à rester à la tête de l’appareil du Parti. Le Comité exécutif national est presque intégralement composé de partisans de la « métamorphose » ou du dépassement du PCF.

 

On doit constater que cette stratégie est toujours à l’œuvre.

 

Loin d’être une simple alliance électorale, le Front de gauche, accord de sommet imposé unilatéralement pour les élections européennes, poursuit l’effacement du PCF et tente une recomposition politique « à gauche » éliminant, dans les faits, le Parti communiste, suivant l’exemple du Parti de la gauche européenne (PGE) et de plusieurs de ses composantes.

 

A peine le congrès passé, la direction remet à l’ordre du jour les « transformations » du Parti qui viennent d’être rejetées.

La ligne de la direction du Parti tourne le dos à l’exigence d’alternative politique immédiate qu’expriment les luttes en France. Elle restreint la perspective politique à des enjeux strictement institutionnels et électoralistes, en fin de compte, à une simple alternance en 2012.

Le mirage de la « réorientation de l’UE » sert à faire passer une ligne réformiste, de résignation, d’adaptation à l’intégration capitaliste européenne.

 

Cette situation place les militants qui ont porté le texte alternatif devant de nouvelles responsabilités.

La préparation du congrès a permis de marquer des points localement, de nouer de nouveaux liens nationalement entre des organisations du PCF déterminées à ne plus laisser faire. 19 signataires du texte ont été élus, malgré les entraves, au Conseil national.

La situation du Parti comme la situation du pays rendent nécessaire de passer à un autre stade de coordination et d’organisation nationales.

Il doit apparaître beaucoup plus visiblement, dans le PCF comme dans le monde du travail, que le Parti communiste français ne se réduit pas à la ligne d’abandon de sa direction actuelle. Les communistes, leurs organisations ont besoin de moyens nouveaux pour revitaliser et reconquérir leur parti.

 

A cette fin, les participants à la rencontre de Malakoff prennent la décision de constituer officiellement un réseau national dénommé « Faire vivre et renforcer le PCF », comme les statuts du Parti le prévoient.

 

Son expression, son action s’adressent à tous les membres du PCF, à tous les communistes.

Dans la suite du texte alternatif du congrès, elles entendent réaffirmer l’actualité des fondamentaux théoriques, marxistes, du PCF, l’importance cruciale de l’organisation communistes dans la lutte des classes, proposer de redonner un nom, enfin, à la perspective que doit porter notre parti : le socialisme.

 

Le Réseau se fixe comme objectif de rendre visible nationalement cette option, qu’il juge indissociable de la raison d’être du PCF.

 

En cohérence, il se fixe comme objectif de favoriser l’échange d’expériences et de matériel militants entre organisations du PCF, d’aider à leur renforcement, à la revitalisation de cellules, de sections, notamment à l’entreprise, de faire adhérer au PCF, de permettre aux communistes de sortir de leur isolement. Il se propose aussi d’impulser des actions nationales conformes à l’engagement communiste.

 

A cette fin, il se dote d’un collectif national de coordination de 21 membres, responsables d’organisations du PCF dans différentes régions*.

 

Dans la période qui s’ouvre, les participants à la réunion estiment que la priorité politique est de contribuer, par la proposition et l’action, à une perspective de rupture immédiate avec la politique au service du Medef, basée notamment sur la défense des salaires et l’exigence de leur revalorisation, l’interdiction des plans de licenciement, la défense et la reconquête de la protection sociale, celles des services publics nationalisés, l’appropriation publique du secteur financier, des principaux moyens de production… pour un développement économique partant de la satisfaction des besoins des travailleurs et de l’ensemble de la population.

 

Dans le contexte des élections européennes, refusant tout effacement du Parti, le Réseau contribuera à alimenter une campagne communiste revendiquée comme telle dans la suite de la campagne des communistes lors des référendums de 2005 et de 1992, contre « le projet de constitution européenne », le traité de Maastricht, le traité de Lisbonne et l’intégration dans l’UE du capital qu’ils tentent d’imposer aux peuples.

 

Le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » fait une priorité de l’action des communistes pour la paix, notamment pour le retrait unilatéral de la France de l’OTAN, de la solidarité avec les partis communistes et ouvriers du monde, contre l’impérialisme, pour l’internationalisme.

 

Les participants à la rencontre de Malakoff, le 21 mars 2009.

 

 

 

* Composition du Collectif national de coordination : Corinne Bécourt (Aisne), Jean-Louis Rolland (Charente-Maritime), Paul Barbazange (Hérault), Floriane Benoît (Isère), Dominique Negri (Isère), Christian Tabaglio (Meurthe-et-Moselle), Jean-Claude Korde (Bas-Rhin), Marie-Christine Burricand (Rhône), André Gerin (Rhône), Frédéric Bernabé (Haute-Saône), Emmanuel Dang Tran (Paris), Claude Fainzang (Paris), Pasquale Noizet (Paris), Fabienne Debeauvais (Somme), Eric Jalade (Tarn), Jean-Pierre Meyer (Var), Michel Perrin (Haute-Vienne), Caroline Andréani (Seine-Saint-Denis), Jean-Jacques Karman (Seine-Saint-Denis), Laurent Santoire (Seine-Saint-Denis), Alain de Poilly (Val-de-Marne)

Lundi 30 mars 2009
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Après le 19 mars, les salariés encore plus forts pour imposer d’autres choix politiques

 

3 millions de manifestants dans tout le pays, salariés du secteur privé comme du secteur public, jeunes, retraités, encore plus de grèves que le 29 janvier : la journée d’action interprofessionnelle du 19 mars s’est traduite par une mobilisation d’une ampleur inédite même en novembre-décembre 1995.

Le mouvement dispose d’importantes réserves. Il est massivement soutenu par la population et dans les entreprises où la grève n’était pas organisée.

 

Seul Fillon a fait semblant à la télévision de ne pas comprendre que les manifestants mettent en accusation la politique de son gouvernement au service du Medef, ses choix qui nourrissent la crise et aggravent ses conséquences.

 

La convergence des luttes se fait d’autant plus facilement que les revendications se rejoignent toutes. La loi Bachelot contre l’hôpital public suit le même modèle que la loi LRU contre l’université. Les batailles pour leur retrait sont du même enjeu national. La lutte contre la privatisation de la Poste renvoie directement au rejet de la dérive financière spéculative des banques privatisées. La bataille pour l’emploi, pour empêcher les licenciements, celles contre le démantèlement de l’appareil productif, de la fonction publique, celles pour les salaires et le pouvoir d’achat unissent tous les salariés.

 

Au lendemain du 19 mars, on peut affirmer que le rapport de force existe pour faire plier le gouvernement sur ses contre-réformes, pour gagner des mesures structurelles face au capitalisme en crise.

 

Fillon est lamentable quand il prétend qu’il ne peut plus se permettre de creuser le déficit budgétaire. Ce n’est même pas cela qu’on lui demande. On lui demande de rendre les milliards détournés vers la finance comme les 6 milliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales sur les heures supplémentaires ou les 30 milliards déjà accordés aux banques pour renflouer leurs placements douteux…

 

Dans ce moment d’aiguisement de la lutte, le pouvoir fait et fera tout pour empêcher les salariés de battre le fer quand il est chaud, pour faire traîner le mouvement, pour créer des diversions. Les media à son service détournent l’attention vers la politique sécuritaire du Président. L’approche des élections européennes est déjà utilisée pour effacer les responsabilités déterminantes des gouvernements nationaux et la place centrale de l’action des peuples dans chaque pays, comme pour réduire l’aspiration à l’alternative politique à des combinaisons politiciennes.

 

La politique que contestent et combattent les salariés ne doit pas être réduite non plus à un seul homme, fût-il l’omniprésent et provocateur Sarkozy. Cette personnification à outrance invite à subir d’ici 2012 et à attendre l’élection présidentielle pour une nouvelle alternance et un hypothétique changement de politique.

La « gauche » est en train de se repositionner dans cette perspective. Le soutien du PS aux manifestations est bienvenu mais ne peut faire oublier son soutien au Traité de Lisbonne, au plan de renflouement des banques, à la régionalisation de la santé, à « l’autonomie » des universités…

 

Militants communistes dans les entreprises et les quartiers du 14ème, nous plaçons toute notre action et nos propositions de rupture dans la perspective politique immédiate que portent les luttes : mettre en échec le pouvoir et imposer d’autres choix politiques tout de suite.

 

Le 19 mars constitue un formidable encouragement dans ce sens.

Vendredi 20 mars 2009
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Le PCF dans un « parti de la gauche » avec Mélenchon : non merci !

 

Jean-Luc Mélenchon a choisi de quitter le PS le soir du vote interne sur les motions de congrès et vient d’annoncer la création d’une nouvelle formation politique : le « parti de la gauche ».

 

Il n’en est pas à son premier changement de sigle. Avant de rejoindre le Parti socialiste, il militait à l’OCI, ancêtre du trotskyste Parti des travailleurs. PT, PS, PG : demain ?

 

Le moment choisi par M. Mélenchon surprend. Il quitte le PS au moment ou la motion qu’il soutenait, celle de Benoît Hamon, obtient un résultat inespéré et influence toute l’évolution du Parti. En 2005, ou en février 2008 lors du vote par les parlementaires PS pour Traité de Lisbonne, l’occasion était plus propice pour une rupture. Mais peut-être est-ce maintenant le dernier moment pour justifier un départ, alors qu’il est probable que la « sociale-libérale » Ségolène Royal ne sera pas finalement élue secrétaire du PS.

 

Le nom choisi du nouveau parti de Mélenchon fait directement référence à d’autres exemples européens, en particulier à l’exemple allemand « Die Linke », parti issu de la fusion entre le Parti de socialisme démocratique (PDS) avec le groupe constitué autour de l’ancien leader social-démocrate Oskar Lafontaine.

Ce schéma a ses partisans en France, notamment au sein de notre parti, le PCF, déjà intégré au « Parti de la Gauche européenne » avec « die Linke ». Francis Wurtz a ainsi aussitôt salué la décision de Mélenchon et exprimé le souhait de partir avec lui aux élections européennes. Il n’est pas le seul.

 

Mélenchon multiplie, pour sa part également, les avances en direction du PCF. Le quotidien « La Marseillaise » daté du 15 novembre relate par exemple ses propos : « Si l’on ne peut demander au PCF de se saborder, il est permis de penser qu’il convient de passer par un front de gauche », une étape comme il y en a eu en Allemagne.

 

L’exemple de « die Linke » ne peut que nous faire réfléchir et alerter notre vigilance de communistes attachés à l’avenir du PCF et de ce qu’il représente. L’association avec le social-démocrate Lafontaine a représenté la dernière étape de la mutation du PDS, lui-même issu du Parti communiste allemand, en parti ouvertement réformiste et pro-UE de « gauche ».

 

Mélenchon cherche-t-il à jouer le même rôle que Lafontaine contre une position de dirigeant politique national que le PS ne peut pas lui offrir ? La direction sortante du PCF cherche-t-elle à utiliser Mélenchon pour continuer à entraîner notre parti dans une recomposition à « gauche », à diluer son identité et à parachever sa mutation réformiste ?

 

Nous avons toutes les raisons de le redouter et de mettre en garde nos camarades contre un tel scénario. Ce qui ne signifie pas que nous rejetions toute alliance selon les circonstances.

 

D’abord nous ne sommes pas en Allemagne. Même s’ils suivent globalement la même ligne politique, le PS et le SPD (parti social-démocrate allemand) ne représentent pas le même positionnement historique. Le SPD gouverne avec la droite de Merkel. Le PS se définit et est perçu, malgré son passif, comme un parti de « gauche » et il s’apprête à gauchir son discours d’ici 2012, comme il sait le faire.

Mélenchon n’a pas non plus la carrure de Lafontaine, ancien premier dirigeant du SPD.

Et le PCF est un parti historiquement ancré dans l’ensemble du territoire français, avec une très forte identité historique, et non un parti régional ayant déjà rompu avec le communisme comme l’était le PDS.

 

Autant dire qu’il n’y a probablement pas de place pour un second parti social-démocrate en France à « gauche » du PS et le PCF, tant qu’il gardera ce nom, même avec des positions floues, ne pourra pas être le noyau d’un parti social-démocrate.

 

Mais l’essentiel pour nous est ailleurs. Fondamentalement, même si cette évolution paraissait avoir des chances politiciennes de réussir, en tant que membres du PCF, nous ne pouvons pas l’accepter. Tout simplement parce qu’elle trahit notre engagement : nous ne voulons pas devenir un parti réformiste, dériver vers l’accompagnement du capitalisme.

 

Nous nous situons dans l’héritage du choix de nos camarades en 1920 de rompre avec le réformisme de la SFIO pour devenir un parti révolutionnaire, un parti de classe et de masse. Continuer à transformer le PCF en parti réformiste, en parti institutionnel comme les autres est un choix que nous combattons au nom précisément de notre engagement.

Nous n’avons aucune raison de l’accepter davantage au nom d’une alliance avec un politicien comme M. Mélenchon, même s’il devait jouer momentanément une partition gauchiste.

 

Notre priorité reste plus que jamais de « faire vivre et renforcer le PCF », une condition de rassemblement pour mettre en échec et gagner des ruptures avec la politique au service du capital.

Jeudi 27 novembre 2008
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L’alternative politique se trouve dans la convergence des luttes!

 

Refusons de payer leur crise financière !

 


De l’argent, il y en a beaucoup dans notre pays !

Depuis des années, les gouvernements nous expliquent que les caisses sont vides et que les salariés, les retraités, les jeunes vivraient « au dessus de nos moyens » et devraient accepter des sacrifices. Et voilà que le pouvoir trouve 360 milliards d’euros pour aider les spéculateurs. Avec de véritables chèques en blanc aux financiers sur le dos des contribuables puisque le gouvernement renonce à tout contrôle des banques qu’il s’apprête à renflouer.

360 milliards, c’est 1000 fois plus que la prétendue « économie » que la suppression de 13.500 postes dans l’éducation nationale doit amener, aux dépens de la formation de nos enfants.

Le PCF est le seul grand parti à avoir refusé de s’aligner dans « l’Union sacrée » au service de la finance. Sur la base des grandes luttes qui se développent dans le pays, les communistes font des propositions et agissent pour une alternative politique tout de suite.

 

Sarkozy se déguise en sauveur mais les choix de son gouvernement représentent en fait une véritable provocation.

 

La spéculation immobilière est l’une des origines de la crise financière, voilà qu’ils veulent détourner vers les banques privées l’argent du livret A destiné au logement social et qu’ils diminuent le budget du logement de 7% malgré la crise, réelle, du logement.

Le changement de statut des Caisses d’épargne en 1999, les privatisations des banques, par exemple de Dexia ou Natixis, issues de filiales de la Caisse des dépôts, ont abouti à de véritables scandales financiers. Le gouvernement continue à vouloir privatiser La Poste et la « banque » postale. Démonstration est faite que la capitalisation ruine les retraités, notamment aux Etats-Unis. Le gouvernement n’en continue pas moins à affaiblir la retraite solidaire par répartition. Etc…

 

Les capitalistes, le Medef et le gouvernement à leur service essayent de profiter de la crise dont ils sont responsables pour accélérer la casse sociale, leurs propres restructurations, les délocalisations...

La financiarisation des dernières années leur a permis d’accroître la pression sur les salaires, d’augmenter le coût du logement, de remettre en cause la protection sociale, d’engranger des dividendes exceptionnels. Ils continuent autrement. La crise qui fait partie de leur système. Il n’a y pas un « mauvais » capitalisme qu’il faudrait chercher à moraliser ou à réguler, il y a un seul capitalisme que les salariés ont intérêt à combattre.

 

Une opposition très forte à cette politique de démolition existe dans notre pays. En une semaine, les enseignants, les retraités, les locataires, les salariés des grands magasins, ceux de l’automobile, au Salon de la Porte de Versailles, … se sont mobilisés contre ses effets. Depuis le début de l’année, des millions de salariés, de retraités et de jeunes ont pris part à des mouvements de lutte. Là se trouve les conditions d’une alternative politique immédiate, dans la convergence de ces luttes pour mettre en échec les choix du gouvernement, sans attendre une éventuelle alternance en 2012.

 

Le PCF a été le seul grand parti à refuser « l’Union sacrée » au chevet de la finance. Les communistes entendent contribuer pleinement dans l’action et les propositions à construire cette alternative politique.

Pour réorienter l’argent vers la réponse aux besoins de l’économie et de la population, seule base d’une croissance saine et créatrice d’emplois, nous proposons dans l’immédiat :

 

DES NATIONALISATIONS ET RENATIONALISATIONS DEMOCRATIQUES DES GRANDES INSTITUTIONS FINANCIERES.  Assez de socialisation des pertes ! Mettons en échec la privatisation de la Poste, exigeons la réintégration dans l’entreprise publique la « banque postale ». Les services financiers de La Poste, la Caisse des dépôts et consignations doivent constituer le noyau d’un pôle public financier, sécurisant l’épargne des Français, drainant l’argent vers l’économie productive.

REFUSER LE TRAITE DE LISBONNE. Dans la suite du référendum de 2005, le Traité européen de Lisbonne et notamment les dispositions « libérant » la circulation des capitaux ne doivent pas s’appliquer. Des mesures efficaces doivent être prises contre les « paradis » fiscaux, qui existent y compris en Europe même.

UNE FISCALITE JUSTE ET EFFICACE ECONOMIQUEMENT. Demandons la suppression du « bouclier fiscal » qui permet aux plus riches de spéculer. Renforcer l’imposition des dividendes d’action et des revenus les plus élevés.

UN PLAN DE RELANCE. L’augmentation immédiate des salaires, retraites et allocations de 6% est un minimum correspondant à l’inflation et aux gains de productivité.

 

Ces batailles rejoignent toutes les luttes en cours. On ne peut plus nous dire qu’il n’y a pas d’argent dans le pays !

Jeudi 23 octobre 2008
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Mais où va l’argent de nos LDD, ex-Codevi ? Celui de nos livrets A ?

Nous sommes des millions à détenir des Livrets de développement durable, appelés Codévis jusqu’en 2007, distribué par nos banques. Au total, l’ensemble des encours de ce produit d’épargne représentait 60 milliards d’euros en 2007, un total qui a augmenté depuis.

 

Le 7 octobre dernier, en pleine crise financière, le gouvernement a annoncé avec bruit qu’il allait aider les PME, en orientant vers un plan d’aide à leur financement 22 milliards d’euros dont 8 issus de la collecte des LDD.

 

Problème : par définition les Codévis, « comptes pour le développement industriel », ont été spécialement créés en 1983 pour financer les PME. En contrepartie, ils sont défiscalisés. En 2007, leurs transformations en LDD, ajouté le financement d’investissements écologiques à leur fonction.

 

L’effet d’annonce du gouvernement tombe à plat. Ou plutôt, il révèle une situation inquiétante : la destination des fonds des LDD n’est absolument pas contrôlée. Seuls 9% de leur montant sont centralisés à la Caisse des dépôt et consignations et redistribués aux PME de façon certaine. C’est précisément cette partie que Fillon promet de diriger vers les PME, celle qui leur arrive déjà. Il se moque des Français !

 

Et le reste ? Lors de la discussion en juillet du projet de loi sur la « modernisation de l’économie », la ministre Lagarde a estimé, sans étude sérieuse à l’appui, que 52% seulement des fonds des LDD allaient aux PME. Les banques ont donc disposé au minimum de 48%, près de 30 milliards d’euros, sans contrôle pour détourner notre épargne vers des placements divers et peut-être douteux. Sans doute de beaucoup plus.

 

Les PME réellement productives avaient déjà du mal à accéder à des prêts, toujours à des taux d’intérêt de 1,5 à 2% supérieurs aux grandes entreprises, leurs donneurs d’ordre. La pression financière s’accroît sur elles avec la « crise », le scandale de l’utilisation des LDD-CODEVI n’en est que plus grand.

 

Demain, après les dernières décisions du gouvernement, la Caisse des dépôts, la puissance publique ne contrôleront plus rien de l’utilisation des LDD. Quelle entourloupe !

 

Encore pire : à partir de janvier 2009, la menace s’étend aux Livrets A. Le gouvernement et le président viennent déjà de tenter de mettre la main sur 20 milliards d’euros de cette épargne populaire destinée au logement social pour la donner aux banques privées. Ils se sont rétractés. Mais que va-t-il se passer lorsque ces banque, dès 2009, pourront à leur tour distribuer des livrets A, sans obligation d’en transférer la totalité à la Caisse des dépôts ?

 

Comme ce qui se produit pour les LDD, ces banques s’en serviront comme produits d’appel, utiliseront une grande partie des fonds à d’autres fins que les investissements d’intérêt public. Le gouvernement utilise la crise financière pour aggraver certaines de ses causes. Ne laissons pas faire !

 

En résumé :

Nous démentons et dénonçons l’annonce du gouvernement soi-disant en faveur des PME.

Nous exigeons un recensement de tous les LDD et de leur utilisation par les banques privées et un contrôle public par la centralisation de tous les encours à la Caisse des dépôts.

Nous exigeons le maintien de l’exclusivité de la distribution des Livrets A par la Poste et la Caisse d’épargne, leur centralisation à la Caisse des dépôts et leur utilisation exclusive pour le logement social (construction et réhabilitation), grande priorité nationale.

 

Evidemment ces batailles vont de pair avec la lutte contre la privatisation de la Poste et pour le retour du statut public des Caisses d’épargne.

 

L’argent des salariés intéresse les spéculateurs, mais notre épargne intéresse le pays !

Mercredi 22 octobre 2008
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Fichier EDVIGE : un instrument pour une police politique. Une police politique : un instrument pour une répression politique.


Nous vous incitons vivement à lire attentivement le texte de décret ci-dessous publié au JO du 1er juillet 2008.


Décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé « EDVIGE »

NOR: IOCC0815681D

Le Premier ministre,

Sur le rapport de la ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales,

Vu le code de procédure pénale, notamment son article 777-3 ;

Vu la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, notamment son article 26 (I à III) ;

Vu le décret n° 85-1057 du 2 octobre 1985 modifié relatif à l'organisation de l'administration centrale du ministère de l'intérieur et de la décentralisation, notamment son article 12 ;

Vu le décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 pris pour l'application du I de l'article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés ;

Vu l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés en date du 16 juin 2008 ;

Le Conseil d'Etat (section de l'intérieur) entendu,

Décrète :

Art. 1

Le ministre de l'intérieur est autorisé à mettre en oeuvre un traitement automatisé et des fichiers de données à caractère personnel intitulés EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) ayant pour finalités, en vue d'informer le Gouvernement et les représentants de l'Etat dans les départements et collectivités :

1. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux personnes physiques ou morales ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif, sous condition que ces informations soient nécessaires au Gouvernement ou à ses représentants pour l'exercice de leurs responsabilités ;

2. De centraliser et d'analyser les informations relatives aux individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ;

3. De permettre aux services de police d'exécuter les enquêtes administratives qui leur sont confiées en vertu des lois et règlements, pour déterminer si le comportement des personnes physiques ou morales intéressées est compatible avec l'exercice des fonctions ou des missions envisagées.

Art. 2

Conformément aux dispositions de l'article 6 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, et dans la stricte mesure où elles sont nécessaires à la poursuite des finalités mentionnées à l'article 1er du présent décret, les catégories de données à caractère personnel enregistrées dans le traitement mentionné à l'article 1er et concernant des personnes physiques âgées de treize ans et plus sont les suivantes :

informations ayant trait à l'état

civil et à la profession ;

adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;

signes physiques particuliers et objectifs,

photographies et comportement ;

titres d'identité ;

immatriculation des véhicules ;

informations fiscales et patrimoniales ;

déplacements et antécédents judiciaires ;

motif de l'enregistrement des données ;

données relatives à l'environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle.

Les données collectées au titre du 1 de l'article 1er du présent décret ne peuvent porter ni sur le comportement ni sur le déplacement des personnes. Le traitement peut enregistrer des données à caractère personnel de la nature de celles mentionnées à l'article 8 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée.

Celles de ces données autres que celles relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l'appartenance syndicale ne peuvent être enregistrées au titre de la finalité du 1 de l'article 1er que de manière exceptionnelle.

Il est interdit de sélectionner une catégorie particulière de personnes à partir de ces seules informations.

Le traitement ne comporte pas de dispositif de reconnaissance faciale à partir de la photographie.

Les données concernant les mineurs de seize ans ne peuvent être enregistrées que dans la mesure où ceux-ci, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public. Les données collectées pour les seuls besoins d'une enquête administrative peuvent être conservées pour une durée maximale de cinq ans à compter de leur enregistrement ou de la cessation des fonctions ou des missions au titre desquelles l'enquête a été menée.

Art. 3

Dans la limite du besoin d'en connaître, sont autorisés à accéder aux informations mentionnées à l'article 2 :

les fonctionnaires relevant de la sous-direction de l'information générale de la direction centrale de la sécurité publique, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur central de la sécurité publique ;

les fonctionnaires affectés dans les services d'information générale des directions départementales de la sécurité publique ou, à Paris, de la préfecture de police, individuellement désignés et spécialement habilités par le directeur départemental ou, à Paris, par le préfet de police.

Peut également être destinataire des données mentionnées à l'article 2, dans la limite du besoin d'en connaître, tout autre agent d'un service de la police nationale ou de la gendarmerie nationale, sur demande expresse, sous le timbre de l'autorité hiérarchique, qui précise l'identité du consultant, l'objet et les motifs de la consultation.

Art. 4

Le traitement et les fichiers ne font l'objet d'aucune interconnexion, aucun rapprochement ni aucune forme de mise en relation avec d'autres traitements ou fichiers.

Art. 5

Conformément aux dispositions prévues à l'article 41 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, le droit d'accès aux données s'exerce auprès de la Commission nationale de l'informatique et des libertés. Le droit d'information prévu au I de l'article 32 et le droit d'opposition prévu à l'article 38 de la même loi ne s'appliquent pas au présent traitement.

Art. 6

Sans préjudice de l'application de l'article 44 de la loi du 6 janvier 1978 susvisée, le directeur général de la police nationale rend compte chaque année à la Commission nationale de l'informatique et des libertés de ses activités de vérification, de mise à jour et d'effacement des informations enregistrées dans le traitement.

Art. 7

Le présent décret est applicable sur tout le territoire de la République.

Art. 8

Le présent décret entre en vigueur le jour de l'entrée en vigueur du décret n° 2008-631 du 27 juin 2008 portant modification du décret n°91-1051 du 14 octobre 1991 relatif aux fichiers gérés par les services des renseignements généraux et du décret n° 2007-914 du 15 mai 2007 pris pour l'application du I de l'article 30 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978.

Art. 9

La ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales est chargée de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française.

 

Fait à Paris, le 27 juin 2008.

François Fillon

Par le Premier ministre :

La ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales,

Michèle Alliot-Marie


Vous avez bien lu !

Un pas est franchi dans le fichage des organisations et des militants, politiques, syndicaux associatifs, dans celui de toute la population.

Le fichage Edvige prend un « caractère personnel » et pourra s’étendre hors de leur sphère d’activité publique, directement à toute sorte de données relevant de leur vie privée.

Les militants sont mises sur le même plan que les personnes « susceptibles de porter atteinte à l’ordre public » (article 1). Ils sont quasiment concernés par les mêmes conditions de fichages, déjà inacceptable pour tous.

L’article 2 prétend exclure seulement les déplacements et le « comportement » des données enregistrables concernant les militants. En contradiction avec l’article 1 qui entend donner aux services de police la possibilité de « déterminer si le comportement des personnes physiques… est compatible avec l’exercices des fonctions… envisagées ». Ce qui ne concerne que les militants.

On constate combien pour toutes les personnes, militants ou non, les critères sont vagues, dénués de justification objective. Ils ouvrent à tous les abus. « Susceptibles », « manière exceptionnelle », « comportement » : ces mots peuvent prendre toute signification.

Le fichage, pourra concerner les personnes dès l’âge de 13 ans!

La création du fichage EDVIGE coïncide avec la fusion de la DST et des renseignements généraux au sein de la nouvelle direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

On ne peut que rapprocher ces évolutions de la vague de criminalisation, sans précédent depuis des décennies, du mouvement social, des tentatives de restriction du droit de grève, du développement de la répression patronale.

Le pouvoir se dote, dote sa police d’Etat, à la fois d’un outil potentiel de répression et d’un outil immédiat d’intimidation contre tout ce qui pourrait remettre en cause l’ordre établi et la domination des possédants.

L’ordre public, la prévention de la délinquance, qui sait demain la prévention du terrorisme, fournit le prétexte éculé.

Ce décret porte atteinte aux libertés démocratiques fondamentales de notre République. Communistes, certains d’entre nous ont connu durement, parfois vécu dans leur chair, aux heures les plus sombres de l’Histoire de notre pays, la répression, les mesures d’exception.

Nos camarades ne savent que trop où mènent ces fichages.

Nous appelons à dénoncer le décret Edvige, à en demander l’abrogation, à empêcher son application.

Mercredi 9 juillet 2008
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