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Histoire

( On peut ajouter que la population de l'ex-RDA a chuté de 15% depuis 1989. Ce n'est plus le droit de voyager qui est restreint - mais on pouvait voyager dans les pays de l'est et à l'ouest sous conditions - mais le droit de vivre et travailler au pays, et le droit de partir en vacances).

Les Allemands de l'Est préfèrent toujours la RDA

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La majorité des Allemands de l'Est continue à préférer le régime socialiste de la RDA au nouvel ordre capitaliste instauré à partir du 9 novembre 1989, avec la démolition symbolique du mur de Berlin.

Selon un sondage de l'Institut Emnid, publié vendredi 26 juin dans le journal le Berliner Zeitung, la majorité des personnes interrogées considère que l'ancienne République Démocratique Allemande (RDA) avait « plus de côtés positifs que négatifs ».

Sur un panel de 1208 personnes, 49% des personnes interrogées dans l'Est du pays ont répondu qu' « il y avait quelques problèmes, mais que dans l'ensemble nous vivions bien ». Si nous ajoutons les 8% qui ont répondu qu' « en RDA, il y avait surtout des côtés positifs et que nous vivions heureux et mieux que dans l'Allemagne réunifiée d'aujourd'hui », nous en concluons que, après plus de 20 ans d'annexion, 57% de la population de l'ex-RDA continue à défendre le socialisme.

Le gouvernement allemand a tenté de dévaloriser les conclusions du sondage, laissant entendre que tout se résume à un problème d'information. Wolfgang Tiefensee, délégué du gouvernement fédéral pour la reconstruction de l'Allemagne de l'Est, a affirmé que les résultats « prouvaient qu'il fallait continuer à parler de l'histoire de la RDA ».

Tiefensee propose donc que les écoles parlent plus du quotidien qui existait en Allemagne de l'Est et de la soi-disant « révolution pacifique » de 1989/1990. En d'autres termes, ce responsable considère qu'il est nécessaire de persévérer dans la voie de la propagande pour effacer la mémoire d'un peuple. Peut-être a-t-il raison, mais il va falloir qu'il attende quelque temps encore, au moins tant que subsisteront les conditions de vie actuelles qui ne supportent même pas la comparaison avec les conditions qui existaient il y a 20 ans.

En réalité, la « modernisation » capitaliste de la RDA n'a débouché que sur un des taux de chômage les plus élevés d'Europe (13,2%), quasiment le double des taux constatés à l'Ouest. Et avec l'approfondissement de la crise, la situation sociale n'est pas prête de s'améliorer.

Vendredi 21 août 2009
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65ème anniversaire de la Libération de Paris

La cérémonie de commémoration de la Libération de Paris aura lieu dans notre arrondissement,

Mardi 25 août, 11 h
Sur le parvis de la mairie, 2 place Ferdinand Brunot.

 Venez nombreux !

 

On se souviendra notamment de l’engagement et des sacrifices des milices patriotiques du 14ème, des événements historiques qui eurent lieu notamment dans notre arrondissement où se trouvait, à Denfert, le PC de liaison du Colonel Rol-Tanguy, chef des FFI de la région.

 

Le 18 août 1944, les élus communistes de la région parisienne lançaient un appel à l’insurrection libératrice. Vous trouverez en lien ce texte.

Parmi les signataires, on lit le nom d’Ambroize Croizat, député du 14ème, ceux des élus « morts pour que vive la France » parmi lesquels Raymond Losserand, conseiller municipal du 14ème.

Mardi 18 août 2009
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La seconde patrie d’un républicain sincère qui combattit pour libérer le Vietnam

De l’Indochine coloniale au Vietnam libre. Je ne regrette rien,

d’Albert Clavier, Éditions Les Indes Savantes, 2008, 208 pages, 23 euros.


Voilà un parcours clairement décrit… et fièrement revendiqué ! Albert Clavier a lié sa vie (au point, parfois, souvent, de la risquer) au combat du peuple vietnamien, il y a plus d’un demi-siècle. Jeune, à dix-huit ans, il s’engage, en 1945, dans l’armée, sans trop, à vrai dire y avoir réfléchi. 1945 : fin d’une guerre, celle menée victorieusement contre le nazisme ; mais aussi début d’une autre, que le colonialisme français va imposer aux peuples d’Indochine. Et, très vite, notre soldat bien peu motivé va comprendre que ce conflit-là n’est pas le sien. Contrairement à bien d’autres, il s’interroge, il cherche à comprendre le Vietnam, il ouvre le dialogue avec des gens du peuple. Au point de commettre des imprudences : la sûreté risque de le repérer. En décembre 1949, il rejoint les rangs de l’armée populaire. « Déserteur » ? L’auteur préfère mettre des guillemets : « Je ne trahis pas mon pays, ma patrie. Je l’aime et je suis fidèle à ses idéaux, liberté, égalité, fraternité, en soutenant la lutte de libération d’un peuple. » Commence alors une partie de sa vie dont le récit, pour le lecteur, pour l’historien, est la plus captivante. Car ce témoin partage tous les combats, toutes les aspirations des maquisards, mais aussi toutes leurs souffrances, leur vie rudimentaire. Albert Clavier décrit remarquablement bien le climat politique qui régnait alors dans les rangs du viêt-minh : confiance en la victoire, fraternité vraie, égalité, parfois égalitarisme, entre les hommes. Sans masquer cependant la méfiance, çà et là, de la part de cadres hostiles, voyant des traîtres partout. Le livre montre également la montée en puissance de la lutte, passant de la guérilla à l’organisation d’unités aguerries, jusqu’à l’assaut final de Dien Bien Phu. L’auteur précise d’ailleurs qu’il s’est toujours refusé à participer aux combats - et, d’ailleurs, les Vietnamiens n’avaient ni le besoin, ni la volonté de le lui demander -, ne voulant en aucun cas tirer sur ses compatriotes. Que faire alors ? Il participe à la propagande en direction des soldats du corps expéditionnaire, notamment en étant l’un des voix françaises de la radio.

Puis, après Diên Biên Phu et l’arrivée à Hanoi commencent dix années tout aussi intéressantes, mais bien moins exaltantes. C’est alors le quotidien d’un socialisme en construction que Clavier nous décrit. Avec, là encore, une sincérité qui ne cache rien. L’épisode de la maoïsation du Parti vietnamien, qui aboutit à des méfiances détestables, est par exemple décrit. Saluons au passage le portrait de Duong Bac Mai, un grand militant justement réhabilité, victime de cette maoïsation. Albert Clavier, qui ne peut supporter cette évolution, est isolé. En 1963, dépité, il quitte cette terre du Vietnam où il vient de passer ses meilleures années. Le reste n’est pas moins intéressant, mais sans conteste moins spectaculaire : une permanence au siège de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, à Budapest, un travail particulier, à Interagra, dans les affaires avec le monde socialiste d’alors. C’est pourtant, encore et toujours, au Vietnam que sont consacrées les dernières pages du livre. Malgré les cicatrices du passé, malgré les incertitudes du présent (le maoïsme égalitariste est bien loin…), Albert Clavier observe sa seconde patrie et écrit : « Je ne regrette rien. »

 .

Alain Ruscio, historien (Dernier ouvrage publié : Cambodge An 01, Les Indes savantes 2008)
article tiré de l'Huma du 18 octobre

Lundi 27 octobre 2008
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APPOSITION D'UNE PLAQUE A LA MEMOIRE DE MANOUCHIAN RUE DE PLAISANCE

Les communistes du 14ème se félicitent du projet, approuvé par le Conseil de Paris des 20 et 21 octobre 2008, d’apposition d’une plaque commémorative au 11 rue de Plaisance à la mémoire de Missak Manouchian, résistant communiste héroïque, dirigeant des FTP-MOI.

 

Le texte proposé sur la plaque :

 

Ici habitait Missak Manouchian

Responsable militaire de la région Parisienne

des Francs-Tireurs

et partisans – FTP. MOI

Arrêté le 16 novembre 1943

Fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien

avec 21 camarades de son groupe par les nazis

Mort pour la France et la Liberté

 

L’exposé des motifs de la Mairie de Paris :

 

Missak Manouchian est né le 1er septembre 1906 dans une famille de paysans arméniens du village d'Adyaman en Turquie. Il a huit ans lorsque son père trouve la mort lors du génocide arménien. Sa mère meurt de maladie, aggravée par la famine qui frappe la population arménienne. Arrivé en 1924 à Marseille, Missak Manouchian apprend la menuiserie. Il fréquente les "universités ouvrières" créées par les syndicats ouvriers (CGT). Il fonde successivement deux revues littéraires, Tchank (Effort) puis Machagouyt (Culture).

En 1934, Missak Manouchian adhère au Parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du Comité de Secours pour l'Arménie (HOC) qui relève de la MOI (Main d’oeuvre immigrée). A la même époque, il est également responsable du journal Zangou (nom d'un fleuve arménien).

Engagé volontaire en 1939 et démobilisé en 1940, il poursuit son activité militante dans la clandestinité. En 1942, il entre dans les Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’oeuvre immigrée (FTPMOI) dont il est nommé responsable militaire pour la région parisienne en 1943.

C’est sous son commandement que sont initiées les actions les plus spectaculaires contre l’occupant nazi. Depuis fin 1942, ses hommes ont en effet mené dans Paris une guérilla incessante contre l’armée d’occupation. La Brigade Spéciale des Renseignements Généraux va mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement des FTPMOI parisiens à la mi-novembre avec de nombreuses arrestations. Missak Manouchian est arrêté à Évry PetitBourg, le 16 novembre 1943. Le 19 février 1944, il est condamné à mort avec ses compagnons, au terme d’un procès expéditif dont les Allemands avaient fait une vaste opération de propagande. Supplicié, il est exécuté au MontValérien, avec vingt-et-un de ses camarades, le 21 février 1944.

Afin de lui rendre hommage, il est proposé d’apposer une plaque commémorative sur la façade de l’immeuble 11 rue de Plaisance à Paris 14ème, dont le texte est le suivant : voir supra.

 

Texte de la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme Mélinée

Mercredi 22 octobre 2008
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APPOSITION D'UNE PLAQUE A LA MEMOIRE DE MANOUCHIAN RUE DE PLAISANCE

Les communistes du 14ème se félicitent du projet, approuvé par le Conseil du 14ème et soumis au Conseil de Paris du 16 juin 2008, d’apposition d’une plaque commémorative au 11 rue de Plaisance à la mémoire de Missak Manouchian, résistant communiste héroïque, dirigeant des FTP-MOI.

 

Le texte proposé sur la plaque :

 

Ici habitait Missak Manouchian

Responsable militaire de la région Parisienne

des Francs-Tireurs

et partisans – FTP. MOI

Arrêté le 16 novembre 1943

Fusillé le 21 février 1944 au Mont Valérien

avec 21 camarades de son groupe par les nazis

Mort pour la France et la Liberté

 

L’exposé des motifs de la Mairie de Paris :

 

Missak Manouchian est né le 1er septembre 1906 dans une famille de paysans arméniens du village d'Adyaman en Turquie. Il a huit ans lorsque son père trouve la mort lors du génocide arménien. Sa mère meurt de maladie, aggravée par la famine qui frappe la population arménienne. Arrivé en 1924 à Marseille, Missak Manouchian apprend la menuiserie. Il fréquente les "universités ouvrières" créées par les syndicats ouvriers (CGT). Il fonde successivement deux revues littéraires, Tchank (Effort) puis Machagouyt (Culture).

En 1934, Missak Manouchian adhère au Parti communiste. En 1935, il est élu secrétaire du Comité de Secours pour l'Arménie (HOC) qui relève de la MOI (Main d’oeuvre immigrée). A la même époque, il est également responsable du journal Zangou (nom d'un fleuve arménien).

Engagé volontaire en 1939 et démobilisé en 1940, il poursuit son activité militante dans la clandestinité. En 1942, il entre dans les Francs-Tireurs et Partisans de la Main d’oeuvre immigrée (FTPMOI) dont il est nommé responsable militaire pour la région parisienne en 1943.

C’est sous son commandement que sont initiées les actions les plus spectaculaires contre l’occupant nazi. Depuis fin 1942, ses hommes ont en effet mené dans Paris une guérilla incessante contre l’armée d’occupation. La Brigade Spéciale des Renseignements Généraux va mener à bien une vaste filature qui aboutit au démantèlement des FTPMOI parisiens à la mi-novembre avec de nombreuses arrestations. Missak Manouchian est arrêté à Évry PetitBourg, le 16 novembre 1943. Le 19 février 1944, il est condamné à mort avec ses compagnons, au terme d’un procès expéditif dont les Allemands avaient fait une vaste opération de propagande. Supplicié, il est exécuté au MontValérien, avec vingt-et-un de ses camarades, le 21 février 1944.

Afin de lui rendre hommage, il est proposé d’apposer une plaque commémorative sur la façade de l’immeuble 11 rue de Plaisance à Paris 14ème, dont le texte est le suivant : voir supra.

 

Texte de la dernière lettre de Missak Manouchian à sa femme Mélinée

Mercredi 11 juin 2008
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Rendons à Paris sa rue et sa place Robespierre !

Il y a 250 ans naissait Maximilien Robespierre. Ce doit être l’occasion pour la Ville de Paris d’honorer enfin la figure du grand révolutionnaire et de réparer l'injustice commise en 1950.

Il y eut en effet dans le Ier arrondissement de Paris à partir du 8 juin 1946, époque à laquelle les communistes étaient au gouvernement, une rue et une place Robespierre mais, le 6 novembre 1950, elles reprirent leur ancien nom de rue et place du Marché-Saint-Honoré, le réactionnaire centriste Pleven étant président du Conseil.

La réaction triomphante montrait ainsi la haine qu’elle nourrissait et continue de nourrir aujourd’hui encore contre l’Incorruptible, comme l'écrivit Jacques Duclos dans ses mémoires.

Le texte de l’historien Albert Mathiez, fondateur de la Société d’Etudes Robespierristes, écrit il y a plus de 75 ans, reste à ce propos d’une vibrante actualité:

 

« Il serait temps enfin, citoyens, de rendre justice à ce grand homme dont la vie fut un perpétuel sacrifice au bien public et dont la chute ébranla la République jusqu’à la base, et laissa désormais la voie libre aux profiteurs et, derrière eux, aux généraux et à Bonaparte. Les conventionnels, même les plus médiocres, ont aujourd’hui leurs statues. Leurs noms sont gravés sur les plaques des rues. Seul Robespierre reste un réprouvé. Celui qui fut jusqu’au dernier souffle le défenseur ardent et convaincu des travailleurs, celui dont la vie privée comme la vie publique furent transfigurées par les plus hautes vertus ; celui qui a illustré la tribune française par une éloquence qui atteint parfois le sublime, celui dont les vainqueurs eux-mêmes, les Cambon, les Barère, les Barras, regrettèrent plus tard la défaite comme une calamité nationale ; celui dont les écrits et l’exemple inspirèrent par-delà le tombeau tous les démocrates et tous les socialistes de la première partie du XIXème  siècle, ceux de l’étranger comme ceux de France ; celui que la vigoureuse génération républicaine de 1830 instruite par Buonarroti et les derniers survivants de la Montagne, adora comme la parfaite incarnation de la démocratie sociale, celui que la jeune Allemagne de Boerne et de Gutzkow, que la jeune Italie de Mazzini et de Garibaldi et le chartisme anglais d’O’Connor et d’O’Brien adoptèrent comme un porte-drapeau ; celui que George Sand, avant Anatole France, proclamait « le plus grand homme de la Révolution et l’un des plus grands de l’Histoire » ; celui qui inspira les révolutionnaires de 1848 et ceux de la Commune ; celui que les révolutionnaires russes d’aujourd’hui, plus soucieux de nos gloires que nous-mêmes, honorent comme un ancêtre et un précurseur ; celui dont Lénine, qui lui ressemble à bien des égards, a dressé l’effigie devant le Kremlin ; le profond politique dont la clairvoyance égala le courage et le désintéressement, Robespierre, enfin, est aujourd’hui presque inconnu, quand il n’est pas méconnu de cette foule qui devrait pourtant garder pieusement sa mémoire, puisque c’est pour son affranchissement et pour son bonheur qu’il a vécu et qu’il est mort… »

 

Demandons maintenant au Conseil de Paris de rendre à la capitale de la France une rue et une place en l’honneur de Maximilien Robespierre !


 

Mardi 6 mai 2008
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Une propagande qui ne dit pas son nom

article de l'Huma du 22 avril 2008

Photographie .
L’exposition,à la Bibliothèque historique de la ville de Paris, des images d’André Zucca, « les Parisiens sous l’Occupation », provoque à juste titre la polémique.

Comment en est-on arrivé là ? Comment Christophe Girard, adjoint (PS) à la culture du maire de Paris, en arrive-t-il à souhaiter la fermeture d’une exposition de photographies programmée jusqu’au 1er juillet à la Bibliothèque historique de la ville de Paris ? Comment expliquer que, quelques jours plus tôt, la mairie avait déjà décidé de supprimer la campagne d’affichage annonçant cette même exposition, après avoir fait distribuer au public un avertissement maladroit, qui n’a rien arrangé à l’affaire puisqu’il n’appelle toujours pas un chat, un chat ? Pourquoi autant de cafouillages montrés du doigt par la presse ? Pourquoi autant de débats sur le lieu même d’une exposition qui, du coup, ne désemplit pas, et transforme la rue Malher, dans ce quartier du 4eº arrondissement, haut lieu historique de la présence juive à Paris, en forum permanent ?

L’objet de la polémique, ce sont les 270 images d’André Zucca (1897-1973), prises entre 1940 et 1944. Présentées comme un événement parce qu’elles sont inédites et font partie des très rares images en couleurs réalisées à l’époque

par un photographe français (et pour cause, il fallait passer par les Allemands pour avoir le droit de faire des prises de vues et pour se procurer les seules pellicules en couleurs de marque Agfacolor, alors introuvables), elles appartiennent à un fonds de quelque 22 000 clichés cédés par les héritiers de Zucca à la Bibliothèque historique. Elles viennent d’être restaurées et sont exposées sous un titre, « les Parisiens sous l’Occupation », qui laisse présager une vision complexe de Paris occupé.

Or, que voit-on sur ces clichés où le soleil surbrille dans un ciel éternellement bleu ? Un Paris de carte postale, un Paris de la joie de vivre, que l’occupation nazie ne vient guère troubler : les troupes nazies défilent, les drapeaux du Reich

pavoisent rue de Rivoli, les portraits de Pétain apparaissent dans les vitrines, les affiches antibolcheviques fleurissent à tous les coins de rue, mais les terrasses de cafés sont pleines, les amoureux mangent des cerises dans les jardins, les cinémas font recette, on se fait bronzer sur les quais de la Seine, les marchés regorgent de fruits et légumes, l’élégance se perpétue sur les champs de courses…

Face à tant d’insouciance, le malaise du spectateur, lui, gagne. Lorsque les troupes allemandes, si bienveillantes, si mêlées à la population sur ces images décidément très orientées, donnent l’impression de distraire les Parisiens en donnant un concert place de la République, lorsqu’on les voit chiner au marché aux puces comme de simples touristes, le doute n’est plus permis : on sait que l’on se trouve face à des images de propagande. Ce que vient nous confirmer avec éclat celle d’un couple en train de rire au jardin du

Luxembourg avec, posé devant lui, le journal Signal, magazine allemand créé à l’initiative de Goebbels, et dont André Zucca, qui s’était mis au service des nazis, était devenu le correspondant français en 1941.

Cet élément d’information est bien le seul qui soit donné dans l’exposition. Il permet d’ailleurs de comprendre pourquoi les quelques rares photos de la Libération dégagent une autre atmosphère, bien paradoxale : alors que, cette fois, la foule est vraiment en liesse, Zucca, lui, n’est pas à la fête, sa superbe a disparu, son esthétique s’en ressent, il contrôle moins son cadre, il s’éloigne des gens, le flou s’installe…

Samedi dernier, alors que 800 personnes sont venues voir l’exposition dans la journée, le public était nombreux à attendre devant le livre d’or pour y exprimer son point de vue sur une exposition qui n’annonce pas clairement la couleur quant à ses buts idéologiques. Certains comptent le faible nombre d’étoiles jaunes dans l’exposition. D’autres dénoncent « des vues expurgées », d’autres « un révisionnisme historique ». Un « fils de déportés à Auschwitz » dit « désapprouver » une exposition dont l’avertissement n’est pas à la hauteur de ce qu’il aurait fallu exprimer. Un jeune conservateur s’emporte : « C’est une exposition qui me donne la nausée. En tant que conservateur, je trouve que c’est indigne de la profession ! » Un autre : « Cette exposition banalise l’occupation nazie. À quelques pas de ce que l’on voit, on parquait les gens à Drancy, qui était l’antichambre d’Auschwitz, et on torturait des résistants, rue des Saussaies ! » Un autre : « Ces photos sont magnifiques, trop belles pour une époque barbare. » Un autre : « Ce photographe n’a pas inventé ce qu’il a vu. Il ne l’a pas mis en scène. C’était ça, Paris sous l’Occupation, des gens qui continuaient à se goberger et à se compromettre avec Pétain ! »

Et si c’était ce dernier courant de pensée, accréditant la thèse d’une France majoritairement pétainiste, qui avait prévalu pour nier ainsi le fait, entre irresponsabilité, indécence, désinvolture et désinformation, que cette exposition montre des images de propagande ? Quel gâchis ! Est-il encore temps de mener un travail nécessaire sur la propagande, la manipulation du spectateur, la responsabilité de l’artiste, le lien entre

esthétisme et idéologie ?

Magali Jauffret

« Les Parisiens sous l’Occupation : photographies d’André Zucca », Bibliothèque historique de la ville de Paris, 22, rue Malher, 75004 Paris, ouvert de 11 heures à 19 heures tous les jours, sauf le lundi. Tél. : 01 44 59 29 60.

Le catalogue, édité par Gallimard Paris Bibliothèques, contient un texte de Jean Baronnet et une préface de Jean-Pierre Azéma, 178 pages, 35 euros.

Vendredi 25 avril 2008
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Les néonazis tentent de perturber la manifestation en l’honneur de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.

liebknecht-luxemburg-demo.jpg Le 15 janvier 1919, Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, fondateurs du Parti communiste allemand, étaient sauvagement assassinés par la milice antirévolutionnaire des  « Corps francs » agissant sur ordre du ministre de l’intérieur social-démocrate Gustav Noske. Le gouvernement du social-démocrate Friedrich Ebert finissait ainsi de noyer dans le sang la Révolution de novembre 1918 et rassurait une bourgeoisie terrorisée par l’idée d’une extension de la révolution soviétique au lendemain de la première guerre mondiale.

Ci-dessus le défilé annuel en hommage à Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht

Suite...
Mardi 15 janvier 2008
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SA DERNIERE LETTRE

Gabriel-Peri.jpg Je suis resté fidèle à l'idéal de ma vie ; que mes compatriotes sachent que je vais mourir pour que vive la France.
Je fais une derrière fois mon examen de conscience. Il est positif. C'est cela que je voudrais que vous répétiez autour de vous. J'irais dans la même voie si j'avais à recommencer ma vie.
Je crois toujours en cette nuit que mon cher Paul Vaillant-Couturier avait raison de dire que le communisme est la jeunesse du monde et qu'il prépare des lendemains qui chantent.
Je vais préparer tout à l'heure des lendemains qui chantent. Je me sens fort pour affronter la mort.

Adieu et que vive la France !

Une de l'Humanité du 5 Octobre 1938

 
Samedi 15 décembre 2007
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C'est au cimetière d'Ivry
Qu'au fond de la fosse commune
Dans l'anonyme nuit sans lune
Repose Gabriel Péri


Pourtant le martyr dans sa tombe
Trouble encore ses assassins
Miracle se peut aux lieux saints
Où les larmes du peuple tombent


Dans le cimetière d'Ivry
Ils croyaient sous d'autres victimes
Le crime conjurant le crime
Etouffer Gabriel Péri


Le bourreau se sent malhabile
Devant une trace de sang
Pour en écarter les passants
Ils ont mis des gardes-mobiles


Dans le cimetière d'Ivry
La douleur viendra les mains vides
Ainsi nos maîtres en décident
Par peur de Gabriel Péri


L'ombre est toujours accusatrice
Où dorment des morts fabuleux
Ici des hortensias bleus
Inexplicablement fleurissent


Dans le cimetière d'Ivry
Dont on a beau fermer les portes
Quelqu'un chaque nuit les apporte
Et fleurit Gabriel Péri


Un peu de ciel sur le silence
Le soleil est beau quand il pleut
Le souvenir a les yeux bleus
A qui mourut par violence


Dans le cimetière d'Ivry
Les bouquets lourds de nos malheurs
Ont les plus légères couleurs
Pour plaire à Gabriel Péri


Ah dans leurs pétales renaissent
Le pays clair où il est né
Et la mer Méditerranée
Et le Toulon de sa jeunesse


Dans le cimetière d'Ivry
Les bouquets disent cet amour
Engendré dans le petit jour
Où périt Gabriel Péri


Redoutez les morts exemplaires
Tyrans qui massacrez en vain
Elles sont un terrible vin
Pour un peuple et pour sa colère


Dans le cimetière d'Ivry
Quoi qu'on fasse et quoi qu'on efface
Le vent qui passe aux gens qui passent
Dit un nom Gabriel Péri


Vous souvient-il ô fusilleurs
Comme il chantait dans le matin
Allez c'est un feu mal éteint
Il couve ici mais brûle ailleurs


Dans le cimetière d'Ivry
Il chante encore il chante encore
Il y aura d'autres aurores
Et d'autres Gabriel Péri


La lumière aujourd'hui comme hier
C'est qui la porte que l'on tue
Et les porteurs se subtituent
Mais rien n'altère la lumière


Dans le cimetière d'Ivry
Sous la terre d'indifférence
Il bat encore pour la France
Le coeur de Gabriel Péri


Louis Aragon

Samedi 15 décembre 2007
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