Quantcast

Recherche

Recommander

Présentation

  • : PCF Paris 14 - le choix de la lutte!
  • PCF Paris 14 - le choix de la lutte!
  • : C’est dans les luttes que nous gagnerons la rupture avec la politique au service du Capital. Nous ferons vivre le PCF, outil indispensable des travailleurs de lutte contre le capitalisme. Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes !
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Syndication

  • Flux RSS des articles

Luttes Médecine du Travail

La loi contre la médecine du travail promulguée. La lutte continue par delà 2012.

 

26 juillet 2011

 

Le Medef et ses alliés ont eu du mal. Il leur aura fallu trois ans pour faire passer leur contre-réforme de médecine du travail (voir notre dossier).

En 2009, Medef et gouvernement ont finalement échoué à obtenir l’accord d’un syndicat représentatif pour valider leur protocole d’accord dans le cadre du « dialogue » social.

En 2010, ils ont tenté d’introduire exactement les mêmes mesures dans la loi Woerth contre les retraites. C’était charger la barque et le Conseil constitutionnel a annulé ce « cavalier législatif ».

Partie remise en 2011. La droite parlementaire reprend les mêmes dispositions dans une proposition de loi, votée définitivement le 4 juillet par l’Assemblée nationale et publiée le 24 juillet dans le JO.

 

Nous avons largement relayé sur ce site, comme dans les entreprises du 15ème, les démonstrations du groupement « Sauver la médecine du travail » (SLMT) sur la nocivité et la perversité de cette loi.

Elle ne cherche pas à répondre au problème criant : la chute du nombre de médecins du travail dont le renouvellement n’est pas assuré. Au contraire, elle l’utilise pour continuer à évincer les médecins du travail de leurs prérogatives définies en 1946.

Ce seront désormais les présidents des services interentreprises de santé au travail (SIST) qui définiront la politique de santé au travail dans l’entreprise. Les médecins du travail seront leurs exécutants, parmi d’autres prestataires des SIST.

Or les présidents des SIST sont désignés par les employeurs.

Ainsi ce ne seront plus les médecins du travail, salariés qualifiés et légalement protégés, qui auront la mission de « prévenir l’altération de la santé des salariés du fait de leur travail » mais des représentants des patrons eux-mêmes.

Les médecins de SLMT alertent dans leur dernier communiqué : « la loi laisse tout loisir de transformer les moyens et les personnels des SIST en outils de gestion de la main d’œuvre ».

Parmi de nombreuses autres dispositions négatives, la loi ouvre la voie à une définition des priorités des SIST « en fonction des réalités locales ». Les reculs pourront aller plus vite là où la pénurie de praticiens est encore plus grande.

 

La lutte des organisations de médecins du travail a presque fait échouer le Medef et le gouvernement. Leur action a été remarquable. Leur expression a permis une prise de conscience beaucoup plus large, parmi les syndicalistes notamment, des dangers, alors que les sujets sont peu lisibles.

Elle a amené les directions syndicales et la gauche presque dans leur ensemble à prendre position dans des meetings et au Parlement.

 

Et maintenant ? Comme toutes les autres questions, l’avenir de la médecine du travail rentre dans le débat pré-électoral de 2012.  

Mais la lutte reste décisive, avant comme après les élections, même si la gauche doit l’emporter. Notamment dans l’immédiat contre tous les décrets d’application scélérats que le gouvernement tient en réserve.

 

Il est et sera toujours nécessaire de bien clarifier l’alternative.

 

A la surprise des militants et des observateurs, les groupes de gauche se sont abstenus lors du vote en première lecture au Sénat le 27 janvier 2011, incités par certaines organisations syndicales. Un amendement avait été ajouté posant que la présidence des SIST serait tournante entre représentants du patronat et des salariés. Finalement, l’amendement a été retiré à la seconde lecture et les parlementaires de gauche ont voté contre.

Ne laissons pas déplacer l’enjeu ! On voit quelle fausse bonne « réforme » correctrice une gauche pourrait prendre sans aller sur le fond. La question n’est pas la « gouvernance » des SIST, avec ou sans fiction de participation, de collaboration des représentants des salariés.

 

La question est de sauver la médecine du travail dans toutes ses prérogatives, de la développer, de permettre la pleine action de médecins du travail plus nombreux au cœur des entreprises pour prévenir les accidents du travail, les maladies professionnelles causés par l’exploitation et la recherche du profit.

Mercredi 27 juillet 3 27 /07 /Juil 15:52
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

 

Médecine du travail : Xavier Bertrand s'entête à faire voter une loi préparée par et pour le MEDEF.

Les Sénateurs ont voté en première lecture la proposition de loi relative à l’organisation de la médecine du travail. Ce vote, s’il venait à être confirmé par les Députés, mettrait fin à la loi Croizat du 11 octobre 1946, à la prévention médicale des risques professionnels, à la connaissance des pathologies du travail, leur réparation et prévention.

Cette proposition de loi, votée au Sénat le 27 Janvier dernier, n’est que la partie législative du protocole que le MEDEF n’a pas réussi à faire signer aux organisations syndicales en 2009. Plusieurs trains de décrets sont déjà programmés : 4 décrets en Conseil d’Etat et 5 décrets dans les ministères attendent pour mettre en pratique la totalité du protocole d’accord rédigé par le Medef, celui-là même qu’il a tenté de faire avaliser sans succès aux organisations syndicales il y a un an.

Les 15 articles introduits subrepticement dans la loi sur les retraites au faux motif que les médecins du travail fixeraient les « incapacités permanentes » permettant le départ en retraite à 60 ans, ont été retoqués par le Conseil Constitutionnel car introduits comme « cavaliers législatifs » sans lien « avec le projet de loi initial ». Mais le Ministre persiste : « Rien sur le fond n'a été remis en cause par le Conseil Constitutionnel » harangue-t-il. A l’Assemblée Nationale, le même Ministre poursuivait: « Vous ne trouverez pas un article, pas un alinéa, qui remette en cause l'indépendance de la médecine du travail ». Pour calmer les inquiétudes, y compris celles du Conseil de l’Ordre des médecins à juste titre inquiet de la mainmise des employeurs sur la médecine du travail, le Ministre insiste : les missions des services de santé au travail « sont exercées par les médecins du travail, en lien avec les employeurs » répète-t-il.

 

L’instauration d’une gestion paritaire, qu’elle soit à « préférence patronale » ou non, supprime de fait les commissions de contrôle et le statut de salarié protégé du médecin du travail. Pour ces raisons, la commission des affaires sociales du Sénat a proposé un article 3 bis réintroduisant explicitement ce contrôle social (comité interentreprises ou commission de contrôle à majorité salariés).

Comment rassurer quand cette loi, en transférant les responsabilités actuelles des médecins aux employeurs, transforme les médecins en exécutants, au mépris de la déontologie médicale ?

Le CISME, qui fédère la plupart des Services Interentreprises de Santé au Travail (associations exclusivement patronales dont les statuts et la personnalité juridique relèvent de la loi du 1erjuillet 1901), n’a aucune intention de laisser aux médecins du travail la responsabilité de décider des objectifs et moyens de leurs missions. Pour ces associations qui tiennent leur légitimité de l’article L. 4622-1 du Code du Travail (non modifié par le projet de réforme), c’est à l’employeur que doit revenir cette responsabilité, au motif que c’est sur lui que pèsent les dépenses du service. D’ailleurs les dirigeants des SIST ne rappellent-ils pas que « le médecin exerce dans le cadre d’un contrat de travail qui le lie à l’employeur. C’est donc le directeur du service, donc son employeur, qui est dans ce cas le garant de l’indépendance technique des médecins ».

Or, les employeurs supportent la charge financière de la prévention du fait qu’ils sont seuls à décider des conditions de travail, donc de la nature des risques professionnels. Quant à l’indépendance professionnelle des médecins du travail, nul besoin des employeurs pour la garantir, car la loi l’impose : « Le médecin ne peut aliéner son indépendance professionnelle sous quelque forme que ce soit » (Code de déontologie, art. 5). Le Comité consultatif national d’éthique, dans son rapport « Ethique et argent », a estimé opportun d’indiquer que « la recherche obsessionnelle de la rentabilité financière risque de mettre à mal l’indépendance du praticien » et qu’en conséquence « le devoir d’indépendance s’impose […]vis-à-vis de l’employeur et de sa hiérarchie ».

En évoquant un « enjeu majeur : faire rentrer dans les entreprises d'autres acteurs de proximité »comme les ergonomes pour prévenir les TMS, Xavier Bertrand en rajoute. Sous couvert d’une fausse pluridisciplinarité, le texte prévoit que les études ergonomiques seront réalisées sur demande des employeurs par des spécialistes mis à leur disposition par les SIST, sans aucune garantie d’indépendance, parfois même sans formation, pour des besoins ponctuels, et cela hors de tout contrôle. La lecture du chapitre 4 « Aide à l’employeur pour la gestion de la santé et de la sécurité au travail » est édifiante à cet égard.Ainsi, les médecins du travail qui, en nombre réduit, exerceront encore dans les SIST, animateurs sans équipe ni partenaires, sans salariés en charge ni obligations de mission, contraints par la loi à agir« en coordination avec les employeurs »,n’auront évidement plus besoin de se rendre dans les entreprises pour y observer des situations à risques, voire des manquements à la sécurité.

C’est donc beaucoup plus que l’abandon des moyens d’une discipline médicale et d’avancées sociales, que nous préparent ceuxqui ont adopté ce texte. C’est la remise en cause des principes fondamentaux d’un équilibre sur lequel s’est construite la prévention médicale des risques professionnels. La santé au travail n’est pas l’affaire des « managers » comme a pu le dire X. Darcos. Les salariés n’ont rien à gagner à ces abandons qui ont été rédigés et imposés par le Medef au bénéfice des employeurs. Les médecins du travail ont leur spécialité médicale à perdre, et les travailleurs la mise en évidence des pathologies professionnelles, leur réparation et surtout leur prévention

Les sénateurs ont abrogé l’article L.4622-2 de la loi Croizat : « Les services de santé au travail sont assurés par un ou plusieurs médecins qui prennent le nom de médecins du travail ».Ils ont confié les missions des médecins du travail aux services de santé aux travail, donc aux employeurs qui, si la loi était définitivement adoptée, seraient chargés de conduire «  les actions de santé », conseiller « les employeurs, les travailleurs et leurs représentants », assurer « la surveillance de l’état de santé des travailleurs », participer « au suivi » et contribuer « à la traçabilité des expositions professionnelles et à la veille sanitaire ».

Il est IMPENSABLE que le Législateur puisse accepter que le médecin du travail devienne l’exécutant des décisions patronales en ce qui concerne le contrôle de l’absentéisme (mission du SST pour le maintien dans l’emploi), la traque aux buveurs excessifs et usagers de produits psychotropes ou autres (mission confiée au SST dans le projet de nouvel article L. 4622-2, et qui ouvre la voie à l’aptitude sécuritaire revendiquée par le MEDEF) ou l’éviction des salariés par le biais de l’inaptitude telle que la conçoit le Medef.

Quoi qu’en pensent ou écrivent les signataires de la lettre commune CFDT-CGT, adressée le 25 janvier 2011 aux Présidents des Commissions des affaires sociales du Sénat et de l’Assemblée Nationale, où ils indiquaient approuver « pour l’essentiel le principe et le contenu de la définition par la loi des missions des SST assis (selon eux) sur une pluridisciplinarité effective », ce n’est pas tant le mode de gouvernance qui importe dans le domaine de la prévention des risques professionnels, que les objectifs, les moyens, le contrôle social par les travailleurs concernés, les garanties d’indépendance données aux professionnels pour leur permettre de résister aux pressions patronales, y compris si l’employeur devait être un conseil d’administration paritaire à présidence alternée.

En effet, les SIST sont des associations patronales (loi 1901) dont les statuts déterminent l’objet et les moyens, notamment les niveaux et modes de cotisations des adhérents que sont exclusivement les entreprises et non leurs salariés. C’est la conséquence de l’article L. 4622-1 qui précise que « les employeurs… organisent des services de santé au travail ». Que les conseils d’administration soient paritaires ou non, à présidence patronale ou non, cela ne change rien de fondamental, car les conseils d’administration des SIST n’ont qu’un pouvoir de gestion des enveloppes budgétaires décidées exclusivement par les assemblées générales des associations patronales concernées. Quel que soit le mode d’administration des SIST, le pouvoir restera patronal tant que ne sera pas modifié l’article L. 4622-1 du Code du Travail. Souhaitons que la notion de paritarisme de gestion ne se traduise pas par la reconnaissance d’une responsabilité partagée entre représentants des employeurs, générateurs des risques, et représentants des salariés, victimes de ces risques.

Les Députés prendront-ils, à leur tour, la décision d’abroger la loi du 11 octobre 1946 qui a permis l’émergence d’une discipline médicale singulière dont l’objet est de mettre en évidence les liens entre santé et travail afin d’éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail ? Considèreront-ils, comme les Sénateurs, que les employeurs sont plus compétents et plus crédibles que les médecins du travail pour cette mission ?

Le 1 février 2011 SLMT (http://www.slmt.fr/SLMT/Accueil.html)

Lundi 7 février 1 07 /02 /Fév 08:53
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Scandaleux projet de décret sur la pénibilité : un mauvais coup qui en cache d’autres

 

Avec la loi Woerth, le gouvernement a osé prétendre qu’il engageait une prise en compte de la pénibilité au travail.

Avec le projet de décret d’application qu’il vient de communiquer aux organisations syndicales (20 janvier 2011), on peut vérifier que c’est tout le contraire.

 

D’abord les rares salariés concernés ne connaîtront aucune amélioration de la situation présente mais seulement le maintien à 60 ans de l’âge de leur droit à la retraite.

Ensuite, ce n’est pas l’exposition à des facteurs de pénibilité, entraînant une réduction de l’espérance de vie, qui déclenche l’ouverture de ce « droit » mais le taux d’incapacité constaté. Seuls des travailleurs très usés, abîmés, inutiles au patronat – 20% d’incapacité, c’est par exemple l’équivalent de deux doigts en moins –seront sortis un peu moins tard du marché du travail.

 

Le projet de décret restreint encore le nombre de cas.

 

Les salariés ayant une incapacité reconnue à un taux supérieur à 20% ne seront concernés qu’à condition qu’au moins 10 de ces 20% résultent d’une même maladie professionnelle (MP) ou d’un même accident du travail (AT).

 

Pour les salariés dont le taux d’incapacité se situe entre 10 et 20%, ne seront concernés, de la même manière, que ceux dont une même MP ou un même AT a entraîné plus de 10% de cette incapacité.

Ils devront en outre avoir été exposés pendant une durée d’au moins 17 ans à des facteurs de risque.

Enfin, c’est à eux-mêmes qu’il reviendra de justifier de cette durée d’exposition devant une commission interdisciplinaire.

 

Ces restrictions sont scandaleuses. 17 ans d’exposition ! C’est une provocation à l’égard du monde du travail.

 

Dans le même temps, on voit comment la loi Woerth commence à remettre en cause la définition même des AT-MP et l’acquis historique que représente pour tous les salariés la présomption d’imputabilité.

La responsabilité des accidents du travail et des maladies professionnelles (suivant le secteur d’activité) pour lesquels est calculé un taux d’incapacité, incombe aujourd’hui automatiquement à l’employeur. Avec ce dispositif sur les facteurs de risque, on commence à inverser la charge de la preuve, aux dépens du salarié.

 

La loi Woerth porte la négation totale de la prise en compte de la pénibilité pour les retraites, écarte tout de dispositif de prévention.

Le projet de décret est inacceptable.

La mobilisation contre la loi Woerth a pris l’ampleur que l’on sait sans arriver pour l’instant à la mettre en échec. Tous les motifs demeurent pour chercher, en convergence avec d’autres luttes, à reprendre le mouvement avant son application au 1er juillet 2011.

Jeudi 27 janvier 4 27 /01 /Jan 14:57
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Casse de la médecine du travail : partie remise ? Elargir la mobilisation.

 

Le Conseil constitutionnel a invalidé 13 articles de la loi Woerth sur les retraites concernant la médecine du travail. Ils ne font donc pas partie de la loi promulguée par Sarkozy.

Le Conseil a considéré que cet ensemble d’articles constituait un « cavalier législatif », n’ayant pas de rapport avec l’objet du projet de loi.

Le coup de force du gouvernement, qui a rajouté ces articles par voie d’amendement à l’Assemblée, est ainsi sanctionné.

 

Les graves dispositions qui au nom de la prise en compte de la pénibilité ouvrent une voie dans la remise en cause de la définition des accidents du travail et des maladies professionnelles demeurent néanmoins (voir notre article).

 

L’ex-ministre Woerth s’est précipité, après la censure du Conseil constitutionnel, pour annoncer un nouveau projet de loi spécifique reprenant les demandes du Medef. Les sénateurs centristes ont déjà déposé une proposition de loi allant de ce sens.

C’est Xavier Bertrand qui avait lancé la « réforme » de la médecine du travail, la négociation avec le Medef dont les conclusions ont été rejetées par tous les syndicats. Il est de retour au ministère du travail.

 

Il est certain que la mobilisation, notamment des médecins du travail eux-mêmes, a permis de contrer le coup de force sur le fond.

Quelques semaines, quelques mois sont gagnés pour élargir la mobilisation, l’intervention des salariés, des militants syndicaux dans les entreprises pour mettre en échec cette contre-réforme et sauver la médecine du travail.

 

Nous reproduisons ci-dessous le dernier communiqué du groupement « Sauvons la médecine du travail ».

 

Communiqué SLMT n° 14

 

La sanction du conseil constitutionnel touche le texte, relatif à la médecine du travail, au fond.

 

Le texte voté par les deux assemblées pour réformer le système des retraites porte les marques du forcing politique mené par un gouvernement qui voulait imposer, à tout prix, le passage  à 62 et 67 ans de l’ouverture des droits à retraite et retraite sans décote. Si ce changement relevait d’un souci réel de sauvegarder le système des retraites par répartition, il aurait été accompagné de mesures réelles visant à améliorer les conditions de travail, notamment pour les salariés vieillissants. Il aurait prévu une protection pour ceux qui subissent déjà les conséquences d’expositions passées à des contraintes qui diminuent leur espérance de vie sans incapacité. Non seulement rien de cela n’est envisagé, mais à l’inverse, le texte caricature la notion de pénibilité, se moque de l’évaluation des risques, et en outre, le texte voté par les deux assemblées introduisait au passage, en catimini, 13 autres articles, dictés par le Medef, qui détruisaient la médecine du travail.

Ce sont ces 13 articles que le conseil constitutionnel a sanctionnés.

 

Ainsi amputé, le texte signé nuitamment par Nicolas Sarkozy contient encore des dispositions discriminatoires. Le nouvel article L. 351-1-4 introduit des différences entre les salariés, victimes de Maladies Professionnelles et d’Accidents du Travail, ces derniers devant présenter « des lésions identiques à celles indemnisées au titre d’une maladie professionnelle ». Il crée, en outre, des différences de traitement pour les victimes de maladies professionnelles (MP) reconnues et indemnisées, entre celles dues « à l’exposition à des facteurs de risques professionnels», listées par décret, et les autres ; entre celles dont la reconnaissance en MP sera validée par « une commission pluridisciplinaire » et les autres ; entre celles reconnues au titre d’un tableau de MP, compatibles avec l’exigence « que l’assuré ait été exposé, pendant un nombre d’années déterminé par décret, à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels » et les autres. Le nouvel article L. 4121-3-1 introduit une différence entre les salariés en possession de la «fiche » rédigée par le seul employeur et où figurent  « les conditions de pénibilité auxquelles le travailleur est exposé [et] la période au cours de laquelle cette exposition est survenue » et les autres, ceux que l’arbitraire patronal aura privés de cet Ausweis permettant d’obtenir de la « commission pluridisciplinaire » d’humiliation le « bon pour l’abaissement des conditions d’âge ». Le nouvel articleL. 4624-2 prévoit que le « dossier médical en santé au travail » soit transmis «en cas de risque pour la santé publique […]au médecin inspecteur du travail ». C’est contraire à la déontologie médicale. Les informations médicales sont secrètes, protégées par le médecin qui en est le dépositaire et le garant. Leur transmission, sauf cas légalement prévus (maladies à déclaration obligatoire), ne peut se faire que par la personne elle-même. Cette disposition illégale introduit donc une discrimination entre les salariés dont le statut permettrait cette exception à la protection du secret médical et les autres citoyens. La notion de risque pour la santé publique est une notion variable, fonction des objectifs décidés par le pouvoir du moment. Son utilisation, dans le domaine des pathologies professionnelles, pourrait permettre le transfert des responsabilités des employeurs aux pouvoirs publics et organismes de Sécurité Sociale, et ainsi d’exonérer les employeurs, responsables des conditions de travail, de leurs responsabilités financières et pénales. Rappelons que les maladies professionnelles ou présentant un caractère professionnel sont à déclaration obligatoire (Article L 461-6 CSS). Les élus de la majorité et Monsieur Woerth l’auraient-ils oublié ? En conséquence, les textes actuels, en application depuis 1946, prévoient déjà que toute pathologie liée au travail, qu’elle ait ou non une incidence de santé publique, est obligatoirement déclarée et donc portée à la connaissance des CPAM et médecins inspecteurs du travail, « en vue, tant de la prévention des maladies professionnelles que d’une meilleure connaissance de la pathologie professionnelle.. ». Quel est donc l’objectif réel de cet article L. 4624-2 ? S’agit-il de porter à la connaissance des autorités publiques des pathologies non professionnelles dont aurait connaissance le médecin du travail ?

Si le conseil constitutionnel n’a pas relevé ces anomalies du texte de loi, il a par contre sanctionné les articles 63 à 75 du projet de loi, qui sont donc absents du texte promulgué. Cette sanction n’est pas, comme le prétend E Woerth, motivée par des raisons de procédure purement formelle. Elle veille à éviter le coup de force législatif qui consiste à « introduire, en cours de discussion, des dispositions sans rapport, direct ou indirect, avec l’objet du texte ». Non, monsieur le ministre du travail, une telle sanction n’est pas formelle, car si vous avez eu recours à la technique du “cavalier”, pourtant sanctionnée à maintes reprises (Ex. articles 53, 82, 98 et 110 de la loi de finances rectificative pour 2009), c’est parce que vous vouliez imposer sans débat spécifique les modifications de la loi sur la médecine du travail que le Medef n’avait réussi à faire accepter par aucun syndicat

Les argumentations fallacieuses n’ont pas manqué, jusqu’à celles de Gérard Longuet qui, lors des discussions au Sénat, tentait de justifier ce « cavalier législatif » par le fait que les «médecins du travail définissent l’IP permettant l’abaissement des mesures d’âge pour le départ en retraite». Que cet élu puisse ignorer que ce rôle revient aux médecins conseils de sécurité sociale est étonnant. Si toutefois c’est bien le cas, la nécessité d’un débat spécifique à la réforme de la médecine du travail s’en trouve particulièrement justifié. La loi qui a créé la médecine du travail date de 1946. Depuis, les modifications apportées au fonctionnement de cette institution ont été faites par décrets. Que sous la pression du Medef, et profitant d’un rapport de forces favorable, certains élus de la République souhaitent modifier de façon majeure cette législation, peut se concevoir, de leur point de vue. Mais qu’ils tentent de le faire en catimini, sans débat spécifique, à la faveur de la pression politique liée à la question des retraites, ne peut être ressenti que comme une marque du mépris du sujet, des salariés pour lesquels la prévention médicale des risques professionnels a été instituée, et des professionnels de la santé au travail. 

Non, Monsieur Woerth, l’avenir de la médecine du travail et de la prévention des risques professionnels n’est pas une question de détail ou de forme qu’il serait possible de régler en resservant sur une autre assiette le plat renvoyé en cuisine. Ce serait une faute. Les dispositions législatives prises apparaîtraient clairement comme résultant de basses manœuvres téléguidées par le MEDEF et les plus rétrogrades des élus.

La législation qui préside à l’organisation de la prévention des risques professionnels que subissent 20 millions de salariés tous les jours pendant 40 années de leur carrière mérite bien, une fois tous les soixante ans, que les élus de la République y consacrent un temps de réflexion et de discussion. La médecine du travail vaut bien au moins cela ! !

Les médecins du travail, et singulièrement les signataires de l’appel « SAUVONS LA MEDECINE DU TRAVAIL, se mêleront de ce qui les concerne et prendront toute leur place dans ce débat.

 Groupement « SLMT

Paris le 12/11/2010

www.slmt.fr

Dimanche 14 novembre 7 14 /11 /Nov 22:00
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Médecine du travail : compléments, précisions et corrections apportés à notre article sur La Poste

 

Le Medef a trouvé une parade à ce type de désagrément (lettre des médecins de prévention).

Elle consiste d’abord à supprimer les médecins du travail par le non remplacement des départs en retraite. Ensuite à transférer leurs fonctions aux employeurs (définir, mettre en œuvre et valoriser, dans le respect de la réglementation, la prévention médicale des risques professionnels). X. Darcos exprimait cette intention en écrivant que «la santé au travail est l’affaire des managers» C’est ce que la loi sur la réforme des retraites permettrait si elle était appliquée.

Le gouvernement a introduit à l’Assemblée dans son projet de loi de contre-réforme des retraites des dispositions qui vont permettre au patronat, par le truchement de décrets qui sont déjà prêts, de construire une machine de guerre contre la santé des salariés. L’impatience des employeurs est telle qu’ils devancent la loi et tentent de l’appliquer avant même qu’elle soit promulguée car c’est une réglementation écrite par et pour le Medef. Ainsi dans la plus part des services les embauches de médecins du travail sont impossibles (faute de candidat). Ce sont des infirmières dépourvues de toute protection contre les pressions patronales qui font les « visites médicales ». On demande aux médecins restants de signer des avis concernant des salariés qu’ils n’ont pas vus. La suppression de la visite systématique et des avis médicaux pour « éviter l’altération de la santé du fait du travail » est de fait. Mais s’ils prévoient que les salariés puissent encore consulter facultativement un médecin impuissant car dépouillé de ses responsabilités, les employeurs se gardent le droit d’imposer des visites de sélection à l’embauche, de contrôle de l’absentéisme ou de licenciement pour inaptitude.

Le coup de force du patronat pour détruire la médecine du travail ne vise pas seulement à supprimer un gêneur : le médecin spécialiste qui présent dans l’entreprise, là ou naissent et se développent les risques professionnels, peut les identifier et les dénoncer. Son objectif principal est de récupérer à son profit les services de santé au travail, leurs moyens, leurs professionnels et leurs structures pour les mettre au service exclusif de leur gestion de la main d’œuvre.

Il faut empêcher ce coup de force.

Jeudi 4 novembre 4 04 /11 /Nov 22:03
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
La réforme du Medef n’a pu passer par ici en 2009, elle ne doit pas repasser par là en 2010 !

 

L’article 26 du projet de loi, actuellement en discussion au Sénat, semble avoir disparu, mais « Dans un souci de cohérence et de clarté juridiques, [il] sera réintroduit au sein du chapitre II du titre IV nouvellement créé et intitulé « Compensation de la pénibilité ». C’est la proposition de la Commission des Affaires Sociales du Sénat. Les rapporteurs du Sénat s’accrochent à l’évaluation de la « pénibilité selon Eric Woerth ». Le nouvel article L.4121-3-1 charge l’employeur, et lui seul, de rédiger une fiche indiquant les conditions de la pénibilité et de sa période pour chaque salarié. Il s’agit du même employeur qui, aujourd’hui, ne réussit pas à signer les attestations d’exposition aux risques chimiques et CMR, qui refuse de financer les examens complémentaires de médecine du travail, qui rechigne à documenter les enquêtes après AT ou MP. De même, le nouvel article L.351-1-4, instaure « la commission pluridisciplinaire » d’humiliation, auprès de laquelle les salariés vieillissants et usés par le travail devront aller chercher la validation des « modes de preuve apportés par l’assuré et […] l’effectivité du lien entre l’incapacité permanente et l’exposition aux facteurs de risques professionnels », ce qui est en outre une remise en cause de la notion même d’imputabilité.

Ces dispositions, comme l’évaluation du handicap ou de l’incapacité permanente après AT ou MP (IP), qui relèvent exclusivement du médecin conseil de sécurité sociale, ne concernent ni le médecin du travail, ni les services de santé au travail. L’introduction par l’article 25 de la réforme de la médecine du travail voulue par le Medef n’a donc aucune justification technique.

L’article 25 n’a pas disparu et, bien qu’amendé par le Sénat, ce texte garde toute sa toxicité sociale. Il transfère les missions actuelles des médecins du travail (définir, mettre en oeuvre et valoriser la prévention médicale des risques professionnels) aux directeurs des services interentreprises de santé au travail (SIST). Pour le Medef et les députés de la majorité, ces directeurs doivent être désignés par les représentants des employeurs, placés sous leur autorité, et donc tenus d’en suivre les directives.

Le nouvel article L. 4622-7-3 prévoit que les services de santé au travail interentreprises soient administrés par un conseil composé à égalité d’employeurs et de salariés, et que le  président, issu obligatoirement du collège employeur, «en cas de partage des voix [...] dispose d’une voix prépondérante». Ce paritarisme de façade  implique de facto la disparition de la commission de contrôle (composée aux 2/3 de représentants des salariés), dont les prérogatives garantissent jusqu’à présent le statut de salarié protégé du médecin du travail, qui ne peut être nommé, licencié ou déplacé qu’avec l’accord de cette commission.

Nous, médecins du travail, n’avons rien à exiger à la place des salariés et de leurs organisations en ce qui concerne la gouvernance des SIST, mais nous faisons observer qu’il n’est au pouvoir de personne de décider ce que doit être le périmètre de nos prérogatives dans le domaine de notre spécialité médicale, qu’il n’entre dans les attributions de personne de limiter l’indépendance professionnelle des médecins.

Le partage du pouvoir dans les SIST peut-il se concevoir au détriment des salariés ? N’est-ce pas exclusivement à leur bénéfice que les Services de Santé au travail doivent exister ? Il s’agit de mener des actions de prévention des altérations de la santé du fait du travail, et non de gérer la main d’oeuvre des employeurs afin de protéger leurs investissements.

Les salariés des entreprises adhérentes doivent avoir la possibilité d’influer sur les décisions concernant, par exemple, le financement par les employeurs des examens complémentaires dont ils ont besoin. Ils doivent pouvoir exiger que leur médecin, même s’il déplait à leur employeur, ne soit ni déplacé ni licencié, et conserve son secteur d’activité ou son emploi. Les décisions concernant la politique de prévention, les choix de stratégie préventive, l’évaluation des besoins et moyens à mettre en oeuvre pour que l’exercice médical du travail soit conforme aux obligations réglementaires et déontologiques, ne peuvent relever d’une négociation paritaire où les victimes auraient moins de voix que les responsables, et où les professionnels seraient réduits au rôle de spectateurs. L’obligation de financement qui pèse sur les employeurs ne leur confère ni le droit de décision ni le droit de veto.

S’il doit y avoir paritarisme et partage des responsabilités dans la gouvernance des SIST, autant faire en sorte que ce paritarisme ne soit pas à dominante patronale.

Le véritable paritarisme implique : parité dans les Assemblées Générales où sont prises les décisions concernant les actions de prévention à mener et les moyens attribués ; parité dans les Conseils d’Administration, sans voix prépondérante pour qui que ce soit. Ce paritarisme dans l’administration et la gestion des SIST, avec alternance de présidence et autres postes de responsabilité ne doit pas aboutir à une remise en cause de l’article L. 4622-7 du Code du Travail, relatif à la responsabilité partagée des employeurs et dirigeants des Services Interentreprises de Santé au Travail.

Mais un tel paritarisme ne peut pas se concevoir au détriment du contrôle social. Ce contrôle social ne peut être exercé que par les représentants des salariés et employeurs des entreprises adhérentes au SIST, désignés par leurs organisations représentatives (2/3 salariés, 1/3 employeurs). Le statut de salarié protégé des Médecins du Travail, statut qui devrait être étendu à tout professionnel de Prévention dont les missions sont définies par la Loi (IPRP, notamment), passe par ce maintien. L’indépendance des médecins du travail doit être garantie, quel que soit l’employeur, y compris en cas d’administration paritaire à présidence salariée.

Mais paritaire ou non, un Conseil d’Administration n’a aucune légitimité à donner des instructions aux médecins, aucune légitimité à imposer des examens médicaux aux travailleurs.

De quel droit, dans quels buts, et pour quels objectifs un conseil d’administration imposerait-il à des salariés, du simple fait qu’ils le sont, de subir des examens médicaux ?

Aujourd’hui, l’action du médecin du travail a pour objet de vérifier que le poste n’est pas nuisible à la santé du salarié qui l’occupe, et d’en demander l’adaptation si tel n’est pas le cas. Cette mission est médicale, elle est définie comme telle par la loi ; elle ne peut pas être conçue, organisée, exercée et assumée par un autre acteur. Elle ne peut en aucun cas être exercée par un médecin si sa conception, son organisation et sa mise en oeuvre lui échappent ou relèvent d’une autre autorité. D’ailleurs, la directive européenne dont prétendent s’inspirer les réformateurs est en conformité avec ces principes, car elle ne prévoit pas que ce soit les employeurs qui organisent un suivi médical.

 

Seule la qualité de médecin peut garantir aux salariés que le contrôle dont ils sont l’objet est réalisé dans leur intérêt. Car la déontologie médicale ne se résume pas au respect du secret professionnel, bien qu’il en constitue un élément absolu. Elle exige également qu’aucun acte médical ne puisse nuire à celui qui en bénéficie. Contrairement aux projets du Medef, l’exercice de la médecine du travail ne relève pas de l’expertise médicale. L’expert, nommé par une autorité (judiciaire, de sécurité sociale, administrative ou assurantielle), n’agit pas dans l’intérêt du malade, mais répond à la demande de l’autorité qui lui a confié sa mission. Ceci n’est pas le cadre légal de l’exercice du médecin du travail, comme le rappelle le Conseil National de l’Ordre des Médecins qui, récemment, jugeait que « Le texte voté ne répond pas aux attentes des salariés qui doivent bénéficier d’une prise en charge globale de leur santé. Il ne répond pas non plus aux nécessités de l’exercice des médecins du travail dans le respect de leur indépendance technique »

Les propositions tactiques présentées comme des «avancées» pour partager les pouvoirs dans la gestion des SIST constituent une nouvelle supercherie. En effet, les décrets d’application prévus par la nouvelle loi instaurent la déréglementation et l’adaptation aux situations locales pour gérer la pénurie. De plus, le nouvel article L 4622-7-2 crée une tutelle technique par les contrats d’objectifs et de moyens conclus avec l’administration et la sécurité sociale. La marge de gestion des conseils d’administration, même s’ils sont gérés par un président issu d’un collège d’administrateurs salariés, sera quasi nulle. L’expérience du contrôle social des SIST, resté insuffisant jusqu’ici en raison du manque d’implication des organisations syndicales, devrait servir de leçon à tous ceux qui souhaitent empêcher la mainmise des employeurs sur le contrôle de la santé des salariés.

 

Non, le domaine de la Santé au Travail n’est pas celui des « managers ». Les salariés n’ont rien à gagner à cette « réforme de la médecine du travail » entièrement conçue, présentée, valorisée et défendue par le Medef et ses alliés. Il est heureux que les salariés et leurs organisations syndicales expriment de façon de plus en plus claire et déterminée leur refus de remettre la santé des salariés dans les mains de leurs patrons.


---------------------------------
Groupement national Sauvons La Médecine du Travail
contact@slmt.fr
http://www.slmt.fr
Vendredi 22 octobre 5 22 /10 /Oct 06:26
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Les médecins du travail alertent. Nous sommes tous concernés.

Communiqué de presse SLMT n° 12. http://www.slmt.fr/

LES ELUS DE LA NATION DOIVENT S’OPPOSER A LA MAINMISE DU MEDEF SUR LA SANTE AU TRAVAIL.

Le gouvernement, jugeant sans doute l’opportunité et le rapport de forces favorables, vient d’introduire grossièrement dans son texte de loi sur les retraites, les dispositions législatives indispensables à la promulgation, par décret, de l’ensemble de la « réforme de la médecine du travail » voulue et élaborée par le Medef.

L’article 25 du texte, voté par les députés de la majorité, prépare et permet la promulgation de l’ensemble des dispositions du « protocole d’accord sur la modernisation de la médecine du travail » que le Medef a tenté, sans succès, d’imposer aux organisations syndicales, il y a un an.

Il modifie la loi en transférant les prérogatives des médecins du travail aux employeurs.

Il prévoit les textes réglementaires qui mettront en œuvre et assureront la prise de pouvoir patronale sur les services de santé au travail.

Il tente de légaliser certaines dispositions discriminatoires, difficiles à obtenir par décret.

Promulguer demain l’article 25, c’est  voter l’ensemble du « protocole d’accord sur la modernisation de la médecine du travail », élaboré par le MEDF et refusé par tous les syndicats de salariés. 

Ce protocole prévoit l’appropriation par les employeurs des moyens de contrôle de la santé au travail des salariés. Cette appropriation ne sera pas sans conséquences sur la mise en évidence des risques professionnels, la reconnaissance des maladies professionnelles et des accidents du travail. Elle favorisera le contrôle de l’absentéisme, la sélection médicale à l’embauche, le licenciement des malades et handicapés.

Cet objectif implique, pour le MEDEF, la satisfaction d’un préalable incontournable : « démédicaliser » la prévention médicale des risques professionnels. Les tâches légalement dévolues aux médecins du travail (définir et mettre en œuvre le contenu, les modalités et les outils de cette prévention) doivent impérativement être transférées aux  employeurs. Xavier Darcos a bien résumé ce principe en écrivant : « la santé des salariés est l’affaire des managers »

C’est ce que réaliserait l’article 25 s’il était voté définitivement. En effet, il permettrait l’abrogation des articles:

L4622-2 « Les services de santé au travail sont assurés par un ou plusieurs médecins qui prennent le nom de « médecins du travail ».

L4622-4 « ….les services de santé au travail font appel, [.] aux compétences [des CRAM, OPPBTP, ARACT ou personnes ou organismes dont les compétences sont reconnues par CRAM, OPPBTP et ARACT.] .Cet appel aux compétences est réalisé dans des conditions garantissant les règles d'indépendance des professions médicales et l'indépendance des personnes ou organismes associés ».

Les missions actuelles des médecins : « conduire des actions de santé au travail [..]  conseiller [..] les employeurs, les travailleurs et leurs représentants [..] assurer la surveillance de l’état de santé des travailleurs [..] participer au suivi des expositions professionnelles » seraient confiées aux directions des services de Santé au Travail, donc aux employeurs (Art. L. 4622-1-1).

Ce transfert de responsabilité est confirmé par plusieurs articles nouveaux : « Le directeur du service de santé au travail interentreprises organise, sous l’autorité du président, les actions définies par le conseil d’administration (Art. L. 4624-2) ». Ainsi, le médecin n’a plus que des fonctions d’exécution (Art. L. 4622-1-2 ): « Dans les services de santé au travail, les missions définies à l’article L. 4622-1-1 sont exercées par les médecins du travail, en lien avec les employeurs et les salariés désignés…ou les intervenants en prévention des risques professionnels»  et (Art. L. 4622-7-1) « Les missions des services de santé au travail sont assurées par une équipe pluridisciplinaire de santé au travail composée au moins de médecins du travail, d’intervenants en prévention des risques professionnels, d’infirmiers…».

Cette prise de pouvoir par les employeurs sur les structures de médecine et santé au travail est sans partage, puisque dans les services d’entreprise (dits autonomes), ce serait le directeur de l’établissement qui aurait la charge de cette prévention. Pour les Services Inter entreprises de Santé au Travail (SIST), l’article 25 prévoit (Art. L. 4622-7-3) que : « Le service de santé au travail interentreprises est administré paritairement par un conseil composé : de représentants [..] désignés par les organisations professionnelles d’employeurs, [..] parmi lesquels est élu le président du conseil qui a une voix prépondérante en cas de partage des voix. [..] et de représentants des organisations syndicales de salariés ».  Avec la disparition implicite de la commission de contrôle où les représentants des salariés sont, aujourd’hui, majoritaires, disparaîtrait le statut de « salarié protégé » des médecins du travail, statut qui a pour objet de garantir leur indépendance. Non seulement les représentants des salariés n’auront aucun pouvoir décisionnel, mais ils perdront leurs prérogatives actuelles : leur ACCORD PREALABLE pour toute décision concernant l’embauche, le licenciement, le changement de secteur ou d'entreprise des médecins du travail. C’est, désormais, le Directeur qui « est garant de l’indépendance du médecin du travail (Art. L.4624-2). ».

Mais ce hold-up sur la santé au travail a, bien sûr, d’autres motivations que de débarrasser les employeurs d’un médecin spécialisé gênant, car chargé légalement et exclusivement « d’éviter toute altération de la santé des travailleurs du fait de leur travail ».

Il s’agit pour le Medef de contrôler la santé au travail. Cet objectif est préparé dans la loi qui prévoit son application par décrets. (Art. L. 4622-7-2) : « Les missions des services de santé au travail sont précisées, en fonction des réalités locales, dans le cadre d’un contrat d’objectifs et de moyens » et (Art. L. 4624-2) « Des décrets en Conseil d’État précisent les modalités d’action des personnels concourant aux services de santé au travail ainsi que les conditions d’application de l’article L. 4624-1 »

Le « protocole d’accord sur la modernisation de la médecine du travail »   montre que le MEDEF a une conception de l’équipe pluridisciplinaire en santé au travail bien particulière. L’employeur aurait la possibilité de pêcher, pour ses besoins et selon son bon plaisir, les personnels et les compétences qu’il souhaite utiliser, dans un vivier mis à sa disposition par les SIST. Il propose, en fait, de légaliser le prêt de main d’oeuvre systématique aux employeurs par les SIST, sur leur simple demande. Pour contourner son illégalité, l’article 25 précise (Art. L. 4644-1) «L’employeur (adhérent d’un SIST) désigne un ou plusieurs salariés compétents pour s’occuper des activités de protection et de prévention des risques professionnels de l’entreprise. À défaut, [..] l’employeur peut faire appel à l’un des intervenants suivants : Les intervenants en prévention des risques professionnels du service de santé au travail interentreprises auquel il adhère … ».

Pour éviter que certaines dispositions réglementaires prévues par le « protocole d’accord sur la modernisation de la médecine du travail »  du patronat, ne soient refusées au motif qu’elles introduisent une inégalité de traitement entre les salariés, l’article 25 tente de leur donner une valeur légale. Il prévoit ainsi que certains salariés ne se verraient pas appliquer les mêmes « modalités de surveillance de l’état de santé » (Art. L. 4625-1) que les autres : les salariés «temporaires [..] de la formation professionnelle [..] des associations intermédiaires;  exécutant [..] dans une entreprise autre que celle de leur employeur, [..] éloignés [..] dans un département différent [..] détachés temporairement [..] saisonniers».

De même le « suivi médical » des « mannequins et salariés du particulier employeur » serait effectué par « des médecins non spécialisés en médecine du travail » (Art. L. 4622-9).

Le prétexte qui tentait de justifier l’intrusion de l’article 25 dans le texte sur les retraites a fait long feu. Le rédacteur a écarté, d’une correction ultime, le médecin du travail dans l’Art. L. 4121-3-1  qui organise l’évaluation de la « pénibilité selon Woerth » et indiquant que « Pour chaque travailleur exposé à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels [..] l’employeur en lien avec le médecin du travail consigne dans une fiche, [..] les conditions de pénibilité auxquelles le travailleur est exposé et la période au cours de laquelle cette exposition est survenue »

L’article 25 de la loi sur les retraites, cynique avatar législatif, né du mépris du gouvernement pour les salariés, les professionnels, les responsables et les élus eux-mêmes, doit être retiré. La médecine du travail est née d’un vote unanime de la représentation nationale. Elle ne peut se réformer  à l’occasion d’un guet-apens gouvernemental, quelle que puisse être  la puissance de sa majorité. Sauf à vouloir clairement sa destruction avec les conséquences que sa disparition entraînerait, il faut renoncer au vote de l’article 25.

LE GROUPEMENT « SAUVONS LA MEDECINE DU TRAVAIL » 

Le 27 septembre 2010.

Dimanche 3 octobre 7 03 /10 /Oct 11:02
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Non à l’amendement 730 qui abroge la médecine du travail

 

Communiqué du groupement "Sauvons la médecine du travail"

 

A la veille de l’ouverture du débat sur la réforme des retraites à l’Assemblée nationale, le gouvernement, sur indication de l’Elysée, a déposé plusieurs amendements de dernière heure.

Le texte n° 730 introduit l’essentiel de la partie législative de la réforme de la médecine du travail, préparée par le ministre du travail. L’argumentaire du gouvernement pour justifier cette entrée en catimini de dispositions sans rapport avec le sujet est faux. « La mise en œuvre des dispositions législatives relatives à la pénibilité fait jouer un rôle important, de fait, aux services de santé au travail ». Pourquoi ? Comment ? Faut-il rappeler au ministre du travail que ce sont les médecins conseils de sécurité sociale qui attribuent les IP, et non les médecins du travail ? L’argumentaire considère nécessaire « que les missions de ces services de santé au travail soient clairement définies par la loi ». Il estime que « Ce n’est pas le cas aujourd’hui puisque le code du travail reste centré sur les missions et l’action du médecin du travail » Faudrait-il acheter un code du travail à Monsieur Woerth ? Feinte ignorance, car le rédacteur, au fait du sujet, nous ressert les dispositions que le Medef, il y a un an, voulait faire signer par les organisations syndicales qui les ont repoussées à l’unanimité. La plus importante et la plus grave est constituée par l’abrogation de deux articles fondamentaux du code du travail :

Abrogation de l’article L.4622-2 qui stipule que : « Les services de santé au travail sont assurés par un ou plusieurs médecins qui prennent le nom de «médecins du travail» ;

Abrogation de l’article L 4622-4 qui note que : « les services de santé au travail font appel soit aux compétences des CRAM [...] soit à des personnes ou organismes [...] Cet appel aux compétences est réalisé dans des conditions garantissant les règles d’indépendance des professions médicales et l’indépendance des personnes ou organismes associés».

Ces abrogations sont indispensables pour justifier l’amendement 730. En effet, il a pour objet exclusif de transférer aux services de santé au travail, donc à leurs directeurs, nommés et choisis par les employeurs, les responsabilités légales actuelles dévolues aux médecins du travail : « conduire des actions de santé au travail visant à préserver la santé physique et mentale des travailleurs [...] les maintenir dans l’emploi. [...] conseiller [...] les employeurs, les travailleurs et leurs représentants [...] afin d’éviter ou de diminuer les risques professionnels et d’améliorer les conditions de travail. [...] assurer la surveillance de l’état de santé des travailleurs en fonction des risques concernant leur sécurité et leur santé au travail. [...] participer au suivi des expositions professionnelles et à la veille sanitaire. ».

Si cet amendement, qui prévoit l’application par décret de ces dispositions, est adopté, ce ne seront plus les médecins du travail qui seront chargés de la prévention médicale des risques professionnels, mais les employeurs responsables de l’organisation du travail et des risques qu’ils font encourir à la santé des travailleurs qu’ils salarient.

Si à l’occasion du débat sur les retraites, cette manœuvre de pure opportunité permettait de voter l’amendement 730, les assemblées prendraient la responsabilité d’avoir, par une décision de couloir, voire de comptoir, non seulement abrogé la médecine du travail, mais également confié la santé au travail des salariés à leur propres employeurs.

L’importance du sujet mérite un traitement de haute tenue, et non une telle manipulation. Elle ne serait pas digne du rôle des représentants de la nation, chargés d’élaborer les lois. C’est pourquoi, nous demandons à tous les élus, quelles que puissent être leurs positions sur la médecine du travail, de renoncer au vote de cet amendement. Ils permettront ainsi qu’un réel débat sur l’avenir de la prévention des risques professionnels puisse se tenir dans les assemblées. Ce débat pourra, éventuellement, déboucher sur l’adoption de nouveaux textes.

Ils auront alors une légitimité que l’amendement 730 ne peut espérer.

Le 13 septembre 2010

Groupement national Sauvons La Médecine du Travail contact@slmt.frhttp://www.slmt.fr 

Mardi 28 septembre 2 28 /09 /Sep 08:22
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Projet de loi Woerth : la négation de la prise en compte de la pénibilité du travail

 

Nous reproduisons ci-dessous un article et un dossier réalisé par les médecins du travail réunis dans le collectif "Sauvons la médecine du travail" sur le volet « pénibilité » du projet de loi contre les retraites.

L'AFP a également interviewé le docteur François Guillon, professeur de médecine du travail à l'hôpital Avicenne: en lien


 

Très complet, cet article montre comment la loi Woerth constitue la négation même de la prise en compte de la pénibilité du travail.

Les effets de la pénibilité sont mesurables par la réduction d’espérance de vie (sans incapacité) pour une profession. Le projet de loi confond délibérément pénibilité d’un métier avec l’invalidité individuelle résultant d’accidents du travail ou de maladies professionnelles.

Il représente, au lieu de l’« avancée » annoncée, un recul pour tous les travailleurs.

Les salariés exerçant des travaux pénibles, sans handicap constaté, ou avec une invalidité inférieure à 20%, vont devoir travailler deux ans de plus ou pointer plus longtemps au chômage avec des indemnités amputées.

Les « travailleurs usés » que le projet de loi prend en considération, touchés par un taux d’invalidité supérieure à 20% conserveront uniquement la législation actuelle. 20% d’invalidité, cela correspond à un très faible nombre de salariés et à des accidents ou maladies graves : 2 doigts en moins ! Pas les troubles musculo-squelettiques !  

Correspondant à la philosophie du Medef, le projet est aussi une négation de la prévention de la santé au travail. Là où la législation devrait pousser et obliger les entreprises à aménager les conditions de travail et financer des retraites anticipées pour compenser la pénibilité, le projet Woerth permet aux patrons de se débarrasser des travailleurs qu’ils ont exploités au point de ne plus être productifs avant 60, 62 ans. 

En cohérence, à nouveau, le gouvernement tente de dévoyer la mission des médecins du travail à qui l’on confierait la tâche de constater l’invalidité en lieu et place des médecins de la Sécurité sociale. La médecine du travail, telle que son rôle a été définie à la Libération a pour mission de prévenir, dans l’entreprise, pendant toute la carrière des salariés, l’altération de la santé au travail et non de constater après coup les dégâts de l’exploitation patronale.

 

Cette analyse peut nous être utile à tous dans nos entreprises.

Le gouvernement a prévu d’ouvrir un contrefeu à la remise en cause de la retraite à 60 ans avec la question de la « pénibilité » sur laquelle il laisserait le Parlement obtenir « des concessions ». Cet article nous aide à comprendre que rien n’est négociable en la matière sur les bases du projet de loi et que la remise en cause de la retraite à 60 ans, avec l’allongement de la durée de cotisation, représente un recul pour tous, notamment pour les salariés exerçant des métiers pénibles.

 

Cet article est compété par un dossier « Retraite et pénibilité » (en lien) qui pose la question de société : Le réel enjeu de civilisation aujourd’hui n’est-il pas d’éradiquer toutes les conditions de travail usantes et dangereuses à court, moyen ou long terme, et dévalorisantes ? Ou alors, qui la Société doit-elle sacrifier et au nom de quels principes ?

 

 

A « deux doigts » de la retraite !!

 

Par le collectif "Sauvons la médecine du travail"

 

 

Pour faire passer sa réforme des retraites, dont il ne cache pas les motivations conjoncturelles boursières, le gouvernement nous présente son texte comme empreint d’une rare humanité. C’est tout le contraire. Car non seulement le texte d’Eric Woerth se moque de la pénibilité en l‘assimilant au handicap lourd, mais en plus, il ignore les effets induits du recul de deux ans de l’âge d’accès à la retraite sur la santé des salariés, leur possibilité à assumer les tâches de leurs postes de travail, et leur espérance de vie sans incapacité. Et pour comble, selon Sarkozy, ce sont les médecins du travail qui « évalueront l’usure des salariés » afin de leur permettre de « bénéficier » d’une retraite anticipée. Méconnaît-il les procédures en ce domaine, ou bien est-ce un nouveau rôle attribué au médecin du travail en lieu et place de sa mission actuelle, qui est d’éviter toute altération de la santé du fait du travail ?

 

Eric Woerth veut remplacer les dispositions existantes par une innovation pour les TU (travailleurs usés), et par ce qu’il appelle le « maintien » du dispositif dit des « carrières longues ». Ce « maintien » est un trompe l’œil, puisqu’il « tient compte du relèvement de l’âge légal de la retraite de droit commun. ». C’est-à-dire que les salariés ayant commencé à travailler à 16 ans ne pourront partir qu’à 60 ans. Belle avancée !

 

De même le dispositif de retraite pour inaptitude, qui n’est qu’évoqué dans le texte, risque d’être décalé de deux ans. Les personnes qui aujourd’hui peuvent partir à taux plein à 60 ans quand leur état physique réduit leur capacité de gain de 50% n’auront sans doute la possibilité de le faire qu’à 62 ans.

 

Le texte, évidemment, ne revient pas sur la liquidation en cours du droit à la dispense de recherche d’emploi. Avant la loi du 01-08-2008, les bénéficiaires d’allocation de chômage de plus de 57,5 ans pouvaient, pour des raisons de santé, être dispensés de recherche d’emploi. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et la réforme Woerth compte bien n’y rien changer.

 

De la même façon, la réforme d’Eric Woerth s’accommode sans broncher de la mise en place des « cellules de Prévention de la Désinsertion Professionnelles », dispositif mis en place par la CNAMts sous injonction du Medef pour faciliter le licenciement des salariés en difficulté de santé.

 

Mais l’innovation de la réforme, c’est la retraite pour usure qui permettrait un départ à 60 ans à taux plein pour les salariés « usés par le travail » (TU). Cette disposition est scandaleusement présentée par le pouvoir comme en rapport avec la pénibilité du travail. En fait, elle n’a rien à y voir. En effet, la pénibilité du travail concerne les différences dans l’espérance de vie sans incapacité des salariés en fin de carrière, selon leurs métiers ou leurs postes de travail. Et la retraite des TU prévue par Eric Woerth ne s’applique qu’aux handicapés graves du travail, c’est-à-dire aux victimes d’accidents du travail (AT) ou de maladies professionnelles (MP) dont le taux d’invalidité permanente (IP) dépasse 20% dans le barème AT-MP.

 

Pour se justifier, le ministre s’abrite derrière des arguments qui ne tiennent la route ni sur le fond, ni dans leurs modalités.

Il prétend que « Pour être juste il faut qu’il s’agisse d’un droit individuel ». C’est l’inverse ; il est juste que toutes les personnes placées dans une même situation bénéficient des mêmes droits. Or, c’est loin d’être le cas.

Les victimes dont l’IP est comprise entre 10 et 20%, et qui pourtant sont considérées comme des « bénéficiaires de l’obligation d’emploi » (article L.5212-13 du code du travail), et dont certains sont reconnus Travailleurs Handicapés, seront exclus du dispositif.

 

Pour les malades de l’amiante (tableau 30 du RG) dont les IP moyennes (sauf pour les cancers) sont toutes inférieures aux 20% d’Eric Woerth, le système devient aberrant. En effet ils seront exclus du dispositif TU, mais pourront continuer de « bénéficier » de la cessation anticipée d’activité, et donc partir à 50 ans (avec environ 65% de leur ancien salaire), même si leur IP est inférieure à 5%.

 

Pour les victimes des maladies professionnelles les plus fréquentes, les troubles musculo-squelettiques (TMS du tab 57), le dispositif TU ne concernera qu’une très faible partie des malades, même si leur handicap ne leur permet plus de travailler. En effet le taux d’IP moyen pour ces maladies est de 10 %, et seules quelques maladies (moins de 1%) ont des taux d’IP moyens supérieurs à 15%.

 

Ces évaluations d’IP sont réalisées par les médecins conseils de sécurité sociale en fonction d’un barème indicatif. Par exemple, la perte d’un auriculaire (2 phalanges) vaut 4%, et pour 3 phalanges, 8 ou 7% selon la dominance. Celle d’un annulaire vaut 5 à 6% selon dominance pour 3 phalanges, et seulement 3% pour 2 phalanges. La perte de l’index ou du médius vaut 6 à 7% pour 2 phalanges, et de12 à 14% pour 3 phalanges. Il faut perdre les deux phalanges du pouce pour « espérer » dépasser les 20%. Pour la justice, encore un effort, docteur Woerth, d’autant plus que la réparation dans ces cas est forfaitaire, unique et définitive. Elle varie de 814 euros (IP =3%), à 2 442 euros (IP 7%) (D.434-1 CdSS).

 

Le ministre prétend que sa « prise en compte de la pénibilité » ne doit «pas coûter à la caisse retraite […] car il (le coût) sera assuré par un versement de la branche accidents du travail et maladies professionnelles couvrant à due proportion les dépenses liées au dispositif de départ anticipé: par l’intermédiaire de la branche AT-MP ». C’est cette simplicité qui interdira évidemment les habituels transferts de charges des employeurs vers les caisses maladie.

 

Mais même dans cette hypothèse naïve, il faut ignorer tous les indicateurs disponibles pour oser affirmer que le recul de deux ans de l’âge de départ à la retraite puisse être sans conséquence financière. C’est au contraire à coup sûr une augmentation du nombre des invalidités et donc de leurs pensions. C’est l’augmentation des pathologies du travail non déclarées et non reconnues qui viendront peser sur les finances de la branche maladie.

 

Enfin, Eric Woerth présente sa retraite pour TU comme « compatible avec l’objectif d’améliorer les conditions de travail ». Il est certain qu’elle aura pour premier effet de créer un nouveau seuil d’IP à 20%, et donc de limiter l’évaluation des séquelles en deçà sous la pression des employeurs.

 

En fait, Eric Woerth se moque autant de la prévention que de la pénibilité, car à l’inverse de ses déclarations, c’est la vraie prise en compte de la pénibilité qui serait un facteur de prévention. Car elle encouragerait les employeurs, non pas à contester l’attribution des IP égales ou supérieures à 20%, mais à éradiquer les conditions de travail pénibles ouvrant droit au départ anticipé.

Dimanche 8 août 7 08 /08 /Août 14:16
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Medef et gourvernement contre la médecine du travail, même privés de l'alibi du dialogue social!

Les "négociations" par lesquelles le gouvernement espérait arracher l'adhésion d'une ou deux centrales syndicales aux thèses du Medef ont échoué. Malgré 8 mois de "négociation" en 2009, aucun n'a fini par cautionner la casse le médecine du travail, de son activité à l'entreprise, acquise en 1946.
L'action du Collectif "Sauvons la médecine du travail" n'y a pas été pour rien. 
Devant les limites de son "dialogue social", le gouvernement va essayer de s'y prendre autrement.
Un parlementaire communiste participe à la mobilisation contre le nouveau mauvais coup et contre la mort progressive annoncée de la médecine du travail si rien n'est gagné dans l'autre sens.


Question du député PCF du Nord, Jean-Jacques Candelier

Des centaines de médecins ont signé un appel pour sauver la médecine du travail, alors que le Gouvernement prévoit de réformer ses missions et conditions d’exercice. Ils craignent que ce projet fasse disparaître les acquis médicaux, scientifiques et sociaux concernant les liens entre la santé et le travail. Ils craignent, ainsi que l’ensemble des organisations syndicales, un projet surtout porté par le MEDEF.

Actuellement, le code du travail (article L4622-2) confie aux médecins du travail la mise en œuvre de la prévention médicale des risques professionnels. Les employeurs ont l’obligation de rendre possible cet exercice médical, au bénéfice de tous les salariés dans des conditions respectant les règles déontologiques et selon les besoins de la prévention, dans le but exclusif d’éviter l’altération de la santé des salariés du fait de leur travail. Le code du travail prévoit le financement intégral de la médecine du travail par les employeurs et l’organisation de son accès pour tous les salariés. Un contrôle des Services de Santé au Travail (SST) par les représentants des salariés est explicitement prévu.

Le Gouvernement a l’intention de modifier ce principe de base de la prévention des risques professionnels en reprenant la proposition du MEDEF, qui veut transférer aux directeurs des SST (c’est-à-dire aux employeurs), les responsabilités légales actuellement dévolues aux seuls médecins du travail. En clair, les salariés devraient s’en remettre à leurs employeurs pour la préservation de leur santé au travail, ce qui est inacceptable.

Cette délégation de compétences impliquerait une régression importante en matière de responsabilité médicale et des modifications médicolégales. Elle supprimerait, de fait, l’aptitude médicale au poste de travail, condition de la validité du contrat de travail, et de la responsabilité des employeurs en matière de protection vis-à-vis des risques professionnels. C’en serait fini de la possibilité légale de modifier un contrat de travail, sur proposition du médecin du travail, afin de préserver l’emploi, en rendant les postes compatibles avec l’état de santé des salariés.

Le MEDEF envisage également la démédicalisation de la prévention médicale des risques professionnels en s’appuyant sur la directive cadre européenne 89/391 du 12 juin 1989 qui prévoit une surveillance médicale facultative. Sous prétexte de la pénurie organisée de médecins du travail, ce serait une nouvelle augmentation de l’espacement entre deux visites périodiques bien au-delà des deux ans actuels et la délégation des tâches médicales à des infirmières.

Dans la droite ligne de la réforme de 2004, il s’agit d’achever la médecine du travail. Quelle démarche intellectuelle peut justifier de faire porter sur cette profession les échecs de la prévention ? Des catastrophes comme celle de l’amiante ne sont pas des échecs médicaux, mais le résultat d’une politique concertée, volontaire et meurtrière, d’industriels de l’amiante qui ont, pendant des années, développé des stratégies et des théories minimisant les effets pathogènes du produit en négligeant les avis et les mises en garde de la majorité des médecins du travail.

Le député estime que l’actualité nous rappelle quotidiennement l’importance d’un suivi médico-professionnel individuel et confirme le bien-fondé des principes d’une loi issue du programme du Conseil National de la Résistance, votée à l’unanimité le 11 octobre 1946. Il demande donc solennellement au ministre de bien vouloir maintenir et renforcer une médecine du travail praticienne, de terrain, pour tous les salariés avec des moyens correspondant aux besoins.

Vendredi 8 janvier 5 08 /01 /Jan 18:35
- Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire

Calendrier

Mai 2013
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Présentation

  • : PCF Paris 14 - le choix de la lutte!
  • PCF Paris 14 - le choix de la lutte!
  • : C’est dans les luttes que nous gagnerons la rupture avec la politique au service du Capital. Nous ferons vivre le PCF, outil indispensable des travailleurs de lutte contre le capitalisme. Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes !
  • Partager ce blog
  • Retour à la page d'accueil

Contact/Adhésion

Pour joindre les Communistes du 14ème Arrondissement:

PCF-Paris14 (a) orange.fr


Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés