René Andrieu : les communistes et la révolution, 1969. Extraits
Au commencement, affirme-t-on parfois, étaient les étudiants.
C’est un fait que l’explosion de révolte de l’université a créé un climat propre à la relance de grandes luttes ouvrières.
Mais en tirer allègrement la conclusion, comme certains, que pendant les nuits de mai 1968 les étudiants ont joué le rôle
d’avant-garde dans « la lutte révolutionnaire », qu’ils ont le mérite d’avoir tiré de leur torpeur les travailleurs des usines ou même que « les fils de bourgeois ont mis la C.G.T.
en position de suivisme (Sartre) c’est non seulement prendre d’étranges libertés avec l’Histoire mais c’est aussi laisser percer, à l’égard de la classe ouvrière, un paternalisme idéologique qui
n’est pas exempt de mépris.
Vendredi 16 mai 2008
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René Andrieu : les communistes et la révolution, 1969. Extrait
Il est de bon ton dans des milieux divers –mais dont certains revendiquent le label de gauche- de professer un mépris distingué à
l’égard des « appareils » des partis et des syndicats qui seraient, paraît-il, sclérosés, conservateurs, sans âme et sans génie.
On remarquera d’abord que cette conception rejoint celle du général De Gaulle dont on sait le mépris de fer qu’il a toujours affiché à
l’égard des organisations syndicales et des partis –autres que le sien.
Notons ensuite que l’anathème contre les « appareils » est souvent le propre
de ceux qui ont toujours rêvé mais en vain d’en avoir un à leur disposition : laissés pour compte de la politique, transfuges du parti communiste, clercs sans contact réel avec la
vie.
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Jeudi 8 mai 2008
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