Paris 14, le 28 septembre 2009,
Monsieur le Maire, cher ami,
Mandaté par le Conseil d’arrondissement, vous avez adressé le 21 septembre à l’ensemble de nos concitoyens une lettre les invitant à se prononcer contre la privatisation de La Poste.
Au nom de mes camarades, je me réjouis de cette initiative. Cependant je me permets de vous faire part de plusieurs remarques sur votre démarche parce qu’elles me semblent nécessaires pour l’efficacité de notre combat devenu commun.
Il me semble particulièrement important de bien préciser l’objectif immédiat de la mobilisation en développement pour la défense du service public de La Poste. Aussi je m’étonne que votre lettre ne mentionne pas explicitement le projet de loi que le gouvernement cherche à faire passer d’ici la fin de l’année.
Gagner son abandon, son retrait, comme en 2006 celui qui voulait établir le CPE contre les jeunes travailleurs, est une obligation pour bloquer et commencer à inverser le processus de privatisation engagé depuis maintenant au moins 20 ans. C’est ce que réclament les syndicats de La Poste.
Comme vous le savez, le projet de loi comporte deux dispositions principales, la transformation de La Poste en société anonyme d’une part et d’autre part la transposition de la troisième directive européenne de « libéralisation », totale, de la distribution du courrier.
Les deux sont indissociables.
La victoire du NON au référendum sur le projet de constitution européenne en 2005, pour lequel nous avons milité vous comme moi, a permis que le parlement français puisse encore voter sur ces directives antidémocratiques conçues dans l’intérêt des multinationales, quand ce n’est pas directement par elles.
Votre parti, le PS, a, on le sait, le plus souvent approuvé à Strasbourg et à Bruxelles les directives de marchandisation. Le gouvernement Jospin, avec la loi Voynet, a transposé la 1ère directive de mise en concurrence du courrier contre La Poste. N’est-il pas temps de faire son autocritique, d’autant plus à la lumière des expériences dans les autres pays auxquelles vous faites référence ?
Contrairement à certains leaders de gauche qui s’impliquent dans la votation citoyenne contre la privatisation, vous n’éludez pas la question européenne dans votre lettre.
Mais votre analyse ne tient pas, excusez-moi de vous le dire. Les directives européennes ne sont pas seulement le prétexte mais aussi le moyen de casser les grands services publics nationalisés, de forcer leur privatisation. Il est largement démontré comment elles ouvrent les créneaux les plus rentables aux intérêts du profit privé laissant aux entreprises publiques subsistantes toutes les charges.
Je pense qu’il est indispensable de mettre ce débat au cœur de l’action actuelle contre la privatisation de La Poste comme de mettre le retrait du projet de loi clairement comme l’objectif primordial.
Sous peine que la « votation citoyenne » n’apparaisse comme une opération politicienne de récupération, à lointaine vue électorale, du profond mouvement qui s’élève chez les postiers et les usagers qui, par la lutte, n’entendent pas se laisser déposséder de la décision.
Je me permets de vous faire parvenir nos analyses sous forme de tracts et de pétition. Je suis à votre disposition et prête à échanger avec vous, car j’ai la conviction que vous comme nous pouvons contribuer à mettre en échec le projet du gouvernement contre La Poste.
Dans cette attente, saluant à nouveau votre volonté d’engagement pour le service public, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, cher ami, l’expression de mes sentiments cordiaux et fraternels,
Camille Marques, PCF Paris-14, cellule Losserand-Michelaere, conseillère d’arrondissement 2002-2008, membre du Conseil départemental du PCF Paris.



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