Partager l'article ! La défense de la médecine du travail relayée à l'Assemblée par JJ. Candelier (PCF): Medef et gourvernement contre la médecine du travail, même ...
Des centaines de médecins ont signé un appel pour sauver la médecine du travail, alors que le Gouvernement prévoit de réformer ses missions et conditions d’exercice. Ils craignent que ce projet fasse disparaître les acquis médicaux, scientifiques et sociaux concernant les liens entre la santé et le travail. Ils craignent, ainsi que l’ensemble des organisations syndicales, un projet surtout porté par le MEDEF.
Actuellement, le code du travail (article L4622-2) confie aux médecins du travail la mise en œuvre de la prévention médicale des risques professionnels. Les employeurs ont l’obligation de rendre possible cet exercice médical, au bénéfice de tous les salariés dans des conditions respectant les règles déontologiques et selon les besoins de la prévention, dans le but exclusif d’éviter l’altération de la santé des salariés du fait de leur travail. Le code du travail prévoit le financement intégral de la médecine du travail par les employeurs et l’organisation de son accès pour tous les salariés. Un contrôle des Services de Santé au Travail (SST) par les représentants des salariés est explicitement prévu.
Le Gouvernement a l’intention de modifier ce principe de base de la prévention des risques professionnels en reprenant la proposition du MEDEF, qui veut transférer aux directeurs des SST (c’est-à-dire aux employeurs), les responsabilités légales actuellement dévolues aux seuls médecins du travail. En clair, les salariés devraient s’en remettre à leurs employeurs pour la préservation de leur santé au travail, ce qui est inacceptable.
Cette délégation de compétences impliquerait une régression importante en matière de responsabilité médicale et des modifications médicolégales. Elle supprimerait, de fait, l’aptitude médicale au poste de travail, condition de la validité du contrat de travail, et de la responsabilité des employeurs en matière de protection vis-à-vis des risques professionnels. C’en serait fini de la possibilité légale de modifier un contrat de travail, sur proposition du médecin du travail, afin de préserver l’emploi, en rendant les postes compatibles avec l’état de santé des salariés.
Le MEDEF envisage également la démédicalisation de la prévention médicale des risques professionnels en s’appuyant sur la directive cadre européenne 89/391 du 12 juin 1989 qui prévoit une surveillance médicale facultative. Sous prétexte de la pénurie organisée de médecins du travail, ce serait une nouvelle augmentation de l’espacement entre deux visites périodiques bien au-delà des deux ans actuels et la délégation des tâches médicales à des infirmières.
Dans la droite ligne de la réforme de 2004, il s’agit d’achever la médecine du travail. Quelle démarche intellectuelle peut justifier de faire porter sur cette profession les échecs de la prévention ? Des catastrophes comme celle de l’amiante ne sont pas des échecs médicaux, mais le résultat d’une politique concertée, volontaire et meurtrière, d’industriels de l’amiante qui ont, pendant des années, développé des stratégies et des théories minimisant les effets pathogènes du produit en négligeant les avis et les mises en garde de la majorité des médecins du travail.
Le député estime que l’actualité nous rappelle quotidiennement l’importance d’un suivi médico-professionnel individuel et confirme le bien-fondé des principes d’une loi issue du programme du Conseil National de la Résistance, votée à l’unanimité le 11 octobre 1946. Il demande donc solennellement au ministre de bien vouloir maintenir et renforcer une médecine du travail praticienne, de terrain, pour tous les salariés avec des moyens correspondant aux besoins.
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