L’opportunité pour la Ville de Paris de financer, seule, la démolition reconstruction du stade Jean Bouin pour l’affecter au rugby, en l’occurrence à l’équipe de Stade Français, est désormais vivement discutée.
Vu les sommes à engager, la première des choses serait de laisser du temps au débat pour que les Parisiens s’en emparent en connaissance de cause, au-delà des articles de la presse parfois déchaînée.
Il s’agit en effet d’une opération de 146 millions d’euros sur trois ans, d’après l’estimation initiale, auxquels il convient d’ajouter de l’ordre de 50 millions d’euros supplémentaires pour des aménagements, notamment le temps des travaux.
Le Stade Français viendrait ainsi jouer temporairement au Stade Charléty, stade de 20.000 places, récemment rénové, qui serait de nouveau modifié spécialement.
Ces sommes sont à comparer avec les 40 millions d’euros budgétisés en 2005 pour le rugby dans le projet des JO à Paris, en l’occurrence pour l’aménagement de structures existantes.
140 à 150 millions d’euros de différence au final, ce n’est pas rien. Surtout en temps de crise et d’augmentation rapide de la fiscalité.
C’est même vraiment beaucoup au regard de l’apport pour la Ville et les Parisiens.
Le Stade Français ne joue que 13 matches du Top 14 par an à Paris dont ceux qui attirent le plus de spectateurs au Grand stade. C’est peu pour un tel investissement.
La volonté de doter Paris d’un nouvel équipement de prestige justifie-t-elle un tel sacrifice financier ?
Ceux qui en profiteront le plus ne seront pas les adeptes du sport amateur ou les scolaires (du coup chassés de Jean Bouin) mais les riches sponsors du Stade Français dont Orange-France-Telecom, Addidas… qui ont trouvé dans la professionnalisation du rugby depuis la fin des années 90 un nouvel espace de publicité.
Nous ne sommes dépendants ni de la Mairie de Paris, ni de celle du 14ème d’ailleurs.
Mais, malgré l’appui des élus parisiens du PCF au projet municipal, ces éléments concrets d’analyse et nos convictions nous amènent à nous prononcer contre le projet démesuré de reconstruction du stade Jean Bouin et pour le choix de transformer le Stade Charléty en stade résident pour les principaux clubs parisiens de rugby.
La fin de la sous-utilisation de Charléty, splendide équipement situé à la Porte de Gentilly, à la lisière de notre arrondissement, ne pourrait, même si c’est une préoccupation secondaire, que profiter aussi au développement du 14ème.
Un temps, le Stade Charléty était qualifié de « lieu mythique » du rugby. Pourquoi ne le redeviendrait-il pas ? Dans l’intérêt de tous.
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