La bataille du RER B, au cœur de l’avenir du service public, nous concerne tous
Le STIF a décidé en juillet 2007 d’établir « l’interopérabilité » entre la partie nord exploitée par la SNCF et la partie sud de la ligne, exploitée par la RATP. A priori, le prétexte avancé semble répondre à une louable préoccupation : améliorer la régularité. A y regarder de plus près, ce n’est pas vraiment ça. L’option du STIF s’est traduite maintenant traduite dans les nouveaux contrats STIF/RATP et STIF/SNCF, les directions des deux entreprises essayant de la mettre en place en ce moment.
L’interopérabilité n’amènera aucun bénéfice pour l’usager qui attend avec impatience la rénovation du nord de la ligne prévue pour 2012. Pour les agents, rien que ceux de la RATP, la suppression de la « relève » (changement des équipes à Gare du Nord) se traduirait par la suppression de 16 emplois. La mise à niveau des normes de travail RATP et SNCF donnerait aussi lieu à des difficultés techniques, de nouvelles contraintes et dégradations des conditions de travail, sans compensation.
Mais l’enjeu essentiel de la lutte va encore au-delà. Le STIF, syndicat des transports d’Ile-de-France, s’inscrit pleinement dans la perspective de mise en concurrence et de marchandisation des réseaux de transports urbains d’Ile-de-France. La ligne B du RER, dans sa situation actuelle, n’y est pas adaptée. Quelle entreprise privée, éventuellement même une filiale privée de la RATP ou de la SNCF, aurait intérêt à prendre possession d’une concession sur une moitié de ligne ?
L’interopérabilité cache l’arrière-pensée de préparer la mise en concurrence de la ligne en même temps qu’elle crée un précédent dans la remise en cause des monopoles historiques que RATP et SNCF exercent sur les lignes de transports qui leur ont été confiées en 1948 et 1949.
La ligne spéciale « CDG express », en préparation de Roissy à la Gare de l’est, en doublon de la partie nord du RER B, illustre le choix du gouvernement, de son côté, d’engager à un autre niveau la privatisation. Le trust Vinci s’apprête à se voir accorder le marché.
Le STIF, avec sa majorité de « gauche », ne doit plus jouer aussi la carte de la mise en concurrence et de la privatisation, sur le réseau ferré comme sur le réseau bus. Il est de notre responsabilité politique de rappeler à ses responsables, désignés notamment par la majorité du Conseil régional et celle du Conseil de Paris ce que veut dire défendre le service public d’entreprise publique.
La lutte des agents du RER B est notre lutte à tous, aussi bien sur contre la remise en cause des conditions de travail que contre la perspective de privatisation, donc pour le respect de la répartition des attributions RATP et SNCF sur chaque partie de la ligne.
Le peuple irlandais vient de montrer avec éclat, après les Français et Néerlandais, le refus des peuples de l’UE de la « concurrence libre et non faussée », de ses traités, directives et autres règlements qui servent à nos gouvernants à casser nos acquis, nos services publics. Sur tous les fronts, nous pouvons gagner !
Réactions