Depuis l’annonce de la livraison par le Soudan d’Illitch Ramirez Sanchez aux autorités françaises, l’amalgame est de règle. Un « révolutionnaire » serait sous les verrous à Paris, un « marxiste », un « communiste », un « anti-impérialiste » aurait été mis hors d’état de nuire. Bref, comme l’écrivait hier « le Figaro », « l’arrestation de Carlos sonne le glas du système terroriste marxisant ». Serait-il « révolutionnaire » de déposer une bombe au drugstore Publicis Saint-Germain ? Le « marxisme » impliquerait-il le carnage de la rue Marbeuf ? L’« anti-impérialisme » s’exprimerait-il avec l’attentat contre le train « Capitole » ? Carlos serait-il, pendant qu’on y est, une réincarnation de Marx ?.
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Pauvre Marx, que n’a-t-on dit et fait en son nom. Nombre de ceux qui ont détenu le pouvoir à l’est de l’Europe l’auraient fait rougir de honte. Et voici que l’on assimile un tueur au marxisme, et voici que l’on transforme un assassin en mythe, et voici que l’on mêle dans la boue une idée de générosité, de solidarité, de justice sociale avec des actes commis par un manipulé des mauvaises causes et autres services spéciaux. Que Marx surtout, pour le moment, ne se réveille pas. Il n’a rien à faire dans ce marécage.
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Il faut savoir relire Marx. Existe-t-il quelque convergence entre l’action terroriste et la pensée de Marx lorsque celui-ci écrivait dès 1843 : « Nous ne nous présentons pas au monde avec un principe nouveau : voici la vérité, à genoux devant elle ! Nous apportons au monde les principes que le monde a lui-même développés en son sein… Nous lui montrons seulement pourquoi il combat exactement, et la conscience de lui-même est une chose qu’il devra acquérir » ? Entre Marx et la folie d’un homme ou d’un groupe d’hommes, il y a un fossé : le marxisme a de beaux jours devant lui, tandis que les minables terroristes qui osent s’en réclamer finiront à jamais dans les poubelles policières.
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Les communistes français ont depuis longtemps fait connaître leur opinion sur le terrorisme. Pour ne prendre qu’un exemple récent, n’est-ce pas Georges Marchais qui, devant le Comité central du PCF, déclarait le 13 mai 1986 : « Est terroriste un acte, une organisation, un régime, qui - quels que soient les motifs invoqués - choisit d’utiliser la violence, jusqu’à la pire sauvagerie et l’assassinat collectif de personnes non concernées afin de provoquer la terreur. Il y a un lien étroit entre terrorisme et totalitarisme. Le résultat est d’entraîner plus de répression si ce n’est un contre-terrorisme, d’empêcher la lutte de masse et la solution des problèmes posés. Le terrorisme est totalement illégitime. Il doit être fermement condamné et combattu. ».
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Nous ne tomberons pas dans le piège qui veut mêler terrorisme à la lutte armée. Car lorsqu’un peuple est soumis à une dictature terroriste, la lutte armée, combinée avec les autres formes de lutte politiques qui restent possibles, devient légitime. Les combattants de la Résistance en France ou encore ceux de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud ne sont pas des « terroristes à la retraite » mais bien des libérateurs. Carlos a servi et sert d’autres desseins. C’est pourquoi agir contre le terrorisme a plus que jamais aujourd’hui un contenu de classe, un contenu anti-impérialiste. C’est ainsi que l’on restera fidèle au marxisme.
José Fort
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