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LOGEMENT: problème n°1 des Parisiens

Gagner une véritable politique de gauche à Paris

La crise sociale du logement sévit encore plus durement à Paris.


Elle a continué à s’aggraver depuis 2001 sous tous ses aspects. La part du budget des ménages consacré au logement (loyers, remboursements, charges), ne cesse d’augmenter. Il n’est pas rare que ce « taux d’effort » dépasse 40% des revenus. C’est intenable et inacceptable ! Pour la première fois dans l’histoire, la superficie moyenne des habitations par occupant baisse. Le nombre de demandeurs de logements sociaux atteint le record de 110000. Le nombre de cas extrêmes de mal logement s’accroît.

Cette situation a des causes. La capitale est particulièrement la proie de la spéculation immobilière, devenue le placement privilégié de la finance internationale. Besoin de première nécessité, le logement est une source de profit facile aux dépens des salariés, retraités, jeunes, sur un marché marqué par un déficit persistant de l’offre, une véritable pénurie.

Les politiques gouvernementales, bien loin d’affronter ce problème majeur, se sont évertuées à entretenir la crise. L’argent public est massivement orienté vers le soutien au secteur spéculatif par différents systèmes de défiscalisation des placements immobiliers. A l’opposé, le gouvernement remet en cause les modes de financements du logement qui échappe à la loi du marché. Le 1% logement patronal est de plus en plus détourné de ses missions. Le Livret A, instrument de collecte de l’épargne populaire pour le financement du logement social, est gravement attaqué. Malgré les 1,3 million de demandes de logement social insatisfaites, le gouvernement programme des dizaines de milliers de démolitions et de ventes de HLM.

L’UMP de Mme de Panafieu se propose de relayer la politique de Sarkozy notamment en vendant 2500 logements sociaux par an. C’est la pire politique possible. Mais nous ne pouvons pas nous satisfaire de la poursuite de la politique de M. Delanoë. A Paris plus qu’ailleurs, une politique progressiste du logement devrait s’appliquer à desserrer l’étau du marché spéculatif. Cela passe d’abord par un programme de construction massive de logements sociaux. 

Précisons les choses : il ne s’agit pas pour nous de faire du logement pour parquer les plus pauvres et de laisser les ménages un plus solvables être pressurés par le marché privé. La crise sociale du logement est un problème d’ensemble. Il s’agit de construire de l’habitat pour les 71% de travailleurs et retraités Parisiens dont les revenus sont inférieurs aux plafonds d’accès au logement social réglementé. Il ne s’agit pas seulement de viser la « mixité sociale » mais aussi de dégonfler les prix du marché privé.

Un bilan en trompe-l’œil


En matière de construction de logements sociaux, les chiffres affichés par la municipalité sortante sont trompeurs et la réalité est très insuffisante.
Seul un tiers des 29000 logements sociaux « financés » depuis 2001 correspond à des constructions neuves. Ce chiffre, autour de 1300 par an, a à peine progressé par rapport à la droite.

Un autre tiers est constitué par des réhabilitations de logements insalubres. C’est bien en général mais cela n’augmente pas le parc de logements à loyer modérés.
Le troisième tiers correspond à des rachats d’immeubles occupés à leur conventionnement en logements sociaux. Là encore, il ne s’agit pas de créations de nouveaux logements et pas toujours d’augmentation réelle et immédiate du parc HLM. Nous ne sommes pas opposés par principe à cette politique de rachats à condition d’examiner chaque cas d’immeuble.

Le bilan de la municipalité sortante est donc modeste en matière de logement social. Les créations nettes sont inférieures aux disparitions de logements du « parc social de fait », logements privés (ex : loi 48) dont les loyers sont encore modérés.

Un engagement d’un tout autre niveau de la Ville pour le logement social est nécessaire et possible.



NOS PROPOSITIONS.
Objectif 8000 nouveaux logements sociaux par an.

  • 1- Construire 4000 logements sociaux par an. La part de l’habitat doit être accrue, à côté d’équipements publics et sociaux, dans les zones d’aménagement « concerté » et les grands chantiers à responsabilité publique. Ces 70 opérations d’urbanisme sur 10% du territoire de la Ville représentent l’essentiel des possibilités de construction.
  • 2- Limiter l’immobilier de bureau. Il faut diminuer la part des constructions de bureaux (presque 50% dans ces zones - un marché immobilier encore plus hautement spéculatif), faire le recensement des bureaux vides dans toute la ville et se battre pour leur réquisition au nom de l’utilité publique. De plus en plus de bureaux pour de moins en moins d’emplois à Paris : chercher l’erreur !
  • 3- Construire 100% de logements sociaux dans les programmes publics.
  • 4- Se battre pour que les emprises cédées du patrimoine de l’Etat et des grandes entreprises nationales soient consacrées au logement social. Faire pression sur ces entreprises pour que leurs propres parcs de logements échappent à la spéculation.
  • 5- Transformer en logements sociaux la totalité des logements du parc privé de la Ville et des logements des sociétés municipales qui ne le sont pas (ex : les logements de la SAGI repris par la RIVP).
  • 6- Faire des acquisitions immobilières prioritairement pour protéger le parc social de fait, y compris par des rachats appartement par appartement.
  • 7- Augmenter significativement les places en hébergement d’urgence, notamment dans de petites structures encadrées socialement.
  • 8- L’OPAC et les sociétés municipales doivent monter l’exemple en limitant ses augmentations de loyers, notamment lors des réhabilitations.
  • 9- Mobiliser 600 millions d’euros nouveaux pour le logement. Cette somme correspond à l’augmentation des droits de mutation (taxe perçue par la ville sur chaque transaction immobilière) en 2007 par rapport à 2001. Cette augmentation est directement liée à la hausse des prix, due à la spéculation. Il est juste que cette somme soit intégralement consacrée à la combattre. Ce chiffre est à comparer avec les 437 millions du budget municipal pour le logement pour 2008.

Le logement est un droit fondamental. Il doit échapper à la loi du marché et du profit.

Les loyers, les prix doivent correspondre à des coûts objectifs : construction, foncier, entretien.  Il est inacceptable que plus de 20% des dépenses des ménages soient consacrées pour un logement décent.
Mener une véritable politique sociale du logement à Paris est incompatible avec soigner l’intérêt des grands groupes immobiliers. C’est là que se trouve la limite des choix de la municipalité sortante.

Racheter des immeubles mais pas à n’importe quel prix. En 2006, 1300 logements de la SAGI (776 dans le 14ème), non conventionnés mais à des loyers en général correspondant à ceux du secteur social, ont été récupérés par la Ville puis revendus et conventionnés à la société HLM Sablière. Il est astucieux mais illégitime de compter ces logements dans l’augmentation du parc social. Comment expliquer encore que la Ville ait racheté fin 2007, 47 logements occupés rue Cabanis dans le 14ème pour 19 millions d’euros au promoteur Gécina mais ait refusé de faire jouer son droit de préemption sur la Tour de l’ex-Flatotel sur le Front de Seine, 372 logements vides pour 20 millions d’euros. Les rachats au prix fort aux groupes immobiliers contribuent à soutenir les cours du marché. Ils encouragent de nouvelles opérations de vente à la découpe plutôt qu’elles ne s’y opposent. Pour s’opposer aux ventes à la découpe, auxquelles le 14ème est très exposé, nous militons pour une loi limitant les possibilités de division des immeubles et protégeant les locataires.
Mercredi 5 mars 2008 3 05 /03 /2008 19:07
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