ARRETER LA CASSE, RENATIONALISER,
RESTAURER LE MODELE DE COOPERATION INTERNATIONALE
Chercher l’erreur ! Les carnets de commandes d’Airbus sont remplis pour 6 ans et demi. Mais le plan de restructuration « Power 8 » du PDG d’EADS Gallois
programme la destruction de 10000 emplois dont 4300 en France et la cession de 6 sites en Europe. C’est aberrant ! Sauf pour les actionnaires qui cherchent à basculer la plus grande part de la
production vers la sous-traitance extérieure, notamment pour le futur A350. Le but : comprimer les salaires, contourner les acquis sociaux, faciliter les délocalisations, déjà au Mexique, en
Chine ou en Russie où une chaîne d’assemblage des avions serait déplacée. « Power 8 » porte les lourdes menaces qui pèsent sur l’avenir de dizaines de milliers d’emplois stables et qualifiés,
d’un fleuron industriel et d’un modèle de coopération international. D’où viennent-elles ?8 ans de privatisation ont dépouillé Airbus et rompu avec la formule du succès.
Il faut le rappeler : les performances technologiques et commerciales d’Airbus sont le résultat d’une coopération publique engagée depuis 1970 entre quatre Etats. Le Consortium Airbus regroupait des entreprises des quatre pays, le groupe français nationalisé Aérospatiale étant un pilier de l’ensemble. Le gros porteur A380 dont on a célébré le lancement en 2005 est la dernière réalisation issue de cette structure publique d’investissement, de recherche et de production.
Que s’est-il passé entre temps ?
En 1999, le gouvernement Jospin décide la privatisation partielle, le bradage, d’Aérospatiale. 20% du capital est mis en bourse pendant que le groupe Lagardère devient actionnaire de référence. La fusion avec le groupe allemand Daimler finit de faire prédominer le capital privé dans le nouveau groupe EADS. L’objectif de rentabilité financière à court terme prend immédiatement le pas sur l’objectif industriel, la recherche, l’emploi, les conditions de travail, le maintien et le développement des savoir-faire… Le PDG Forgeard avait résumé la nouvelle philosophie de l’ensemble se « réjouissant d’avoir économisé 1 milliard sur les investissements pour satisfaire les actionnaires ». Ceux-ci ont accumulé les dividendes sur la base des réalisations du public mais sapé l’avenir. A l’automne 2006, on apprend que d’importants retards de livraison sont à attendre pour le A380, dus précisément à des défauts d’organisation et des manques de personnels. Juste avant la chute du cours en bourse, Forgeard lui-même vend ses stock-options et empoche 3,75 millions d’euros de plus-values et le groupe Lagardère encaisse 1,5 milliard après la vente de la moitié de sa participation.
Le plan Power 8 veut faire payer la facture du pillage aux salariés d’Airbus et de ses bassins d’emploi en France, Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne. Dans le même temps, il aggrave les causes de l’échec. C’est inacceptable !
Devant la très forte mobilisation des salariés et l’attention de l’opinion publique, les candidats à la présidentielle, issus des majorités successives qui sont responsables de la situation et du désengagement de la puissance publique, sont obligés de convenir de la nécessité d’une intervention de l’Etat. Mais laquelle ! Peut-on admettre que l’on mobilise des fonds publics pour renflouer les caisses vidées par Lagardère, pour « atténuer » les effets des plans (anti)sociaux dans les régions tout en laissant prédominer la logique du privé qui coule Airbus? NON ! N’en déplaise aux serviteurs du MEDEF, la démonstration est faite : la gestion publique a été très efficace économiquement et socialement, la gestion privée conduit Airbus au crash.
Il faut arrêter les frais, revenir au plus vite à la formule qui a fait la réussite d’Airbus.
1- Le gouvernement français, l’actuel comme celui qui sera issu des élections, doit repousser le plan Power 8, empêcher toute suppression d’emploi et délocalisation. Il en a le pouvoir avec ses 15% du capital et ses moyens de pression sur Lagardère.
2- La participation française d’Airbus doit être intégralement renationalisée. Lagardère doit rendre l’argent !
3- C’est la condition pour restaurer le modèle de coopération internationale avec nos partenaires européens. Le contrôle public ne peut s’effectuer sans les Etats. Nous refusons la fuite en avant proposée avec la transformation de la structure internationale Airbus en « entreprise européenne » intégrée. Cette dernière ne pourra être qu’une multinationale capitaliste, comme le réclame explicitement Sarkozy.
La mobilisation des salariés en France comme en Allemagne s’étend. Après les grandes manifestations du 6 mars, une journée internationale d’action est prévue le 16 mars. Le cas d’Airbus est exemplaire de la logique de destruction que porte le capitalisme mondialisé. La bataille pour Airbus, entreprise emblématique, peut et doit ainsi faire converger d’autres luttes. Pas de trêve électorale pour les luttes ! C’est à contribuer à développer ce rapport de forces décisif pour changer que nous nous appliquons pendant la campagne électorale. C’est le contenu à donner au vote communiste en 2007.


C´est par un communiqué publié à Amsterdam siège du groupe que les travailleurs de Mérignac ont appris cette sinistre décision. Le comité central d´entreprise a
été convoqué le 23 mai alors que la décision était rendue publique le 12 mai. Le groupe EADS annonce des bénéfices trimestriels en hausse de 26%. L´Etat à hauteur de 15 % dans EADS pourtant en juin 2002 le ministère de la défense attribuait la maintenance des 14 ravitailleurs C130 de l´armée de l´air à une entreprise Portugaise, un
contrat de 80 millions € par an. Dans le groupe Franco Allemand EADS l´usine de Dresde identique à la Sogerma de Mérignac croule sous la charge de travail, le gouvernement se montre impuissant
pour obtenir des transferts d´avions à entretenir ou réviser. Les salariés de Mérignac refusent d´être traités comme des kleenex, ils n´acceptent pas la liquidation de leur entreprise. Le 15 mai
ils occupèrent les pistes de l´aéroport de Bordeaux, ces travailleurs ont droit à la solidarité du monde du travail, avec eux c´est la défense de l´emploi industriel qui est posé, par ailleurs
ils s´opposent à la politique du gouvernement et du patronat. Personne ne comprendrait qu´une action concrète et significative d´ampleur nationale ne soit pas construite autour des travailleurs
de la Sogerma.
La lame de fond a ainsi atteint, ce mardi 4 avril , une ampleur inégalée, face à un
gouvernement affaibli et en recul dont l’objectif est de ne pas perdre totalement la face et de céder le moins possible ! Il faut dire que l’unité sans faille des 12 organisations syndicales
de salariés, d’étudiants et de lycéens ne lui facilite pas la tâche !
Le précédent texte n’avait fait l’objet d’aucune négociations avec les organisations syndicales pourtant
concernées au premier chef par les textes régissant l’emploi et le contrat de travail. En plein été 2005, la loi sur le CNE, destinée aux entreprises de moins de 20 salariés, avait déjà, on s’en
souvient, été promulguée sans plus de négociations !
Le mouvement populaire peut et doit avoir raison de leur entêtement.
La précarisation du travail n’est négociable !


Réactions