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DETTE PUBLIQUE : LES FRANÇAIS DOIVENT CONNAÎTRE SON ORIGINE ET LES PROFITEURS.

Villepin, Breton, Sarkozy, Parisot, les stars des médias mènent campagne à propos de la dette publique (plus de 1000 milliards d'euros) qui va, disent ces bons apôtres, " peser sur les épaules de nos enfants". Une fois de plus la culpabilisation est érigée en méthode de gouvernement. Le tapage orchestré autour de la dette vise à faire passer de nouveaux reculs de civilisation. Avec la complicité de syndicats comme la CFDT, partenaire obligée du pouvoir, le code du travail vole en éclats, flexibilité, précarité, bas salaires deviennent la règle.

La manoeuvre d'intimidation de notre peuple par le pouvoir et ses soutiens à propos de la dette, vise à accentuer la pression pour imposer la diminution des dépenses publiques et, après EDF-GDF, la poursuite de la liquidation du patrimoine national par la privatisation des entreprises publiques. Le monde du travail et de la création ne sont pour rien dans le flot montant de la de la dette publique qui a son origine, entre autres, dans le tarissement de recettes, les baisses d'impôts consenties aux riches, les exonérations de cotisations sociales payées ensuite par le budget de la nation. Ces faveurs ont un double coût: à leur somme s'ajoutent les intérêts exorbitants de la dette qui constituent aujourd'hui le 2e poste de dépense de l´État.

L'opacité est de règle. Les manipulations se succèdent sans que s'ouvre un débat public. Il faut éviter que la politique suivie depuis des décennies par la gauche et par la droite soit mise en accusation et que les véritables responsables et les profiteurs soient connus. De ces .derniers, jamais on ne parle! Le pouvoir se garde de dire en quelles mains et sous quelle forme se concrétise la dette : Aucun mystère, il s'agit d'obligations du Trésor dont les possesseurs sont les gagnants dans l'affaire, c'est eux, spéculateurs et rentiers fortunés, détenteurs de titres du Trésor public, qui perçoivent régulièrement la manne des intérêts, garantie par l'Etat. Ils empocheront, à ce titre, en 2006, 42 milliards d'euros soit une somme qui représente l'addition des budgets de l'armée, de la diplomatie, de la justice, de l'intérieur. Le scandale ne trouve aucun écho au Parlement qui demeure muet donc complice. Le problème de la dette est noyé dans le débat général et dans l'obscurité technocratique.

Une première riposte consiste à demander dans chaque circonscription des comptes aux parlementaires et s'ils en son incapables, alors qu'ils les exigent à la tribune de l'Assemblée nationale et en rendent compte. La vérité doit éclater.
Jeudi 22 juin 2006 4 22 /06 /2006 21:10
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LE SMIC A 1500 € : OUI, TOUT DE SUITE !

Après l´aumône (+ 0,25 %) donné par le gouvernement de Droite, le Smic brut s´élèvera à 1254 € au 1er juillet 2006. Avec une augmentation automatique moyenne de 2,8 %, l´application stricte de la loi aboutirait à un Smic brut de 1479 € en 2012. La revalorisation du Smic brut (hors revalorisation automatique) proposée par le projet socialiste correspond donc à une augmentation totale de 21 € (1500 - 1479) entre 2006 et 2012. Soit une augmentation annuelle de 3,5 € du Smic mensuel brut et de 2,75 € du Smic mensuel net.
Jeudi 22 juin 2006 4 22 /06 /2006 21:08
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Le peuple gras et le peuple maigre : Ainsi appelait-on les pauvres et les riches en Italie médiévale. La liste serait trop longue  de rappeler la goinfrerie de fric des « patrons » et des actionnaires, copains et coquins comme larrons en foire Zacarias de Vinci, qui s´octroie l´équivalent de  200 salaires moyens,  Forgeard d´EADS qui gère mal Airbus 380 mais fort bien ses stock-options,  Rodier qui livra Péchiney au Canadien Alcan et reçoit  10 millions d´euros,  de Castres d´AXA,  qui s´attribua une augmentation d´émoluments de 50% alors que  les comptes de l´entreprise chutaient d´autant !  Mais le smicard se voit attribué une obole indécente que Madame Parisot trouve excessive. Il y a quelque chose de pourri au royaume de France comme  disait du Danemark Shakespeare.
Noël Forgeard, copatron d´EADS :  « Je ne suis pas un capitaliste, j´appartiens au monde du travail ».Comme  le pou  à la chevelure.

L´esplanade Notre Dame devient l´esplanade Jean-Paul II. Par décision de Delanoë, du PS et de la droite du Conseil de Paris.  Sans doute pour honorer le saint homme qui rendit de signalés services  au monde capitaliste, favorisa le sida par son interdit des préservatifs et liquida les tenants de la théologie de la libération. Entre autres oeuvres pies...

C´est le Figaro qui le dit. «  La France est un formidable réservoir de grandes fortunes ». D´après ce journal qui n´est pas d´extrême gauche, 367 000 Français sont à la tête  d´un patrimoine financier de plus d´un million de dollars (en euros, 796 000 ). La France se classe au cinquième rang  derrière  quatre pays plus peuplés  pour  le nombre de millionnaires, devant la Grande Bretagne et l´Allemagne, juste derrière les Etats-Unis.  Le club des riches croit en France de 3,5% par an Le même journal, le jour des révélations sur les « rémunérations » des grands patrons  publie un article d´André Babeau : La France malade du SMIC !

Toujours le Figaro:  Les sénateurs UMP ont soutenu le projet de fusion  GDF-SUEZ  parce  qu´ils ne sont pas soumis au suffrage universel. Encore une bonne raison de mettre la constitution de la  Vème république à la poubelle.

Fusion confusion Mittal-Arcelor, un géant de plus de 300 000 salariés. Combien en restera-t-il demain ? La bonne affaire c´est pour les actionnaires qui voient le prix de leur action multiplié par deux  .  Dans cette « affaire » la sidérurgie compte pour rien  il s´agit seulement de grossir une bulle financière. Mittal a payé plus qu´il n´avait prévu. Il se rattrapera...  sur l´emploi et les salaires.
Lundi 19 juin 2006 1 19 /06 /2006 21:18
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AU BANC DES ACCUSES : LE CAPITALISME

Guy-Virgile Martin, Combat Communiste 

 Le capitalisme a constitué une avancée de l’Humanité, Marx lui en a donné acte. Mais les temps sont révolus où il développait impétueusement les forces productives en faisant payer il est vrai, le prix fort par les producteurs. Il est aussi à l’origine de deux guerres mondiales, les plus sanglantes de l’Histoire et de multiples conflits. Mais surtout la concentration des forces productives, source de ses profits, est devenue subalterne par rapport aux concentrations financières disjonctées de la production qui demeure cependant la seule source de richesses. D’où une surexploitation mondiale du salariat. D’où le creusement des inégalités, dans chaque nation et entre les nations. Situation explosive. Ces fractures sociales sont révélatrices et significatives. Il s’est crée au sein du système capitaliste une caste de privilégiés, grande flibuste de la finance qui rackette les entreprises et dont les actionnaires sont complices parce qu’ils y trouvent de fructueux émoluments.

Un journal soucieux de bien informer ses lecteurs devrait tenir une chronique régulière comme il existe celle des sports, des faits divers, de la nécrologie… et qui pourrait s’intituler Les Echos de la voyoucratie. Ou en s’inspirant de J.P. Pernaud : Combien ils nous coûtent. La matière est riche, les sujets variés et rien que du beau monde. Les ressources de ces voyous qui n’ont pas à répondre devant des juges de leur piraterie devraient être exprimés en SMIC mensuel, car les nombres de 8 ou 10 chiffres sont hors de l’entendement du citoyen lambda.

Soit le cas d’Antoine Zacharias, (*) P.D.G de Vinci : il a cumulé en huit ans 250 000 000 €, soit en unités SMIC ( 1218 €) : un peu plus de 205 000 Smic, encore difficiles à conceptualiser, disons 20 500 SMIC par an ou encore le salaire de 1700 smicards pendant un an ! Observons que ce n’est pas pour ces abus qu’il a été viré, il n’en a pas été question du tout dans le conseil d’administration qui lui a notifié son congé le 1° juin dernier pour mésentente avec son second, Xavier Huillard.

Il est loin d’être le seul prébendier excessif de la grande flibuste : citons entre autres, Bernard Arnaud : 75 287 SMIC, De Castries (Axa) : 33 333 SMIC. (Chiffres de L’Expansion).

Il faut aussi évoquer le cas de Noël Forgeard, coprésident d’EADS, le producteur d’Airbus suspecté de délit d’initié qui a empoché en vendant au bon moment ses stock-options 2,5 millions € (2 052 SMIC), ses enfants ayant bénéficié d’une aubaine substantielle. Un mois avant l’annonce des retards de fabrication des Airbus, Noël Forgeard prétend ne pas en avoir eu vent alors que les ouvriers, eux, savaient.

Ce ne sont là que quelques exactions d’actualité. Il en est beaucoup d’autres. Certaines ont déjà été révélées, d’autres pas.

Le capitalisme a fait son temps. Il est incompatible avec la morale et avec une saine gestion de l’économie. Toute révolution est poléthique.

(*) Notons qu’Antoine Zacharias ira jouir de ses rapines en Suisse. « Il n’aime pas la France, il la quitte... »

Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /2006 12:17
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LE SYNDICALISME RASSEMBLE DERRIERE LA CAPITULATION DE LA CFDT

Trois ans après la contre réforme des retraites le secrétaire général de la CFDT persiste et signe, il ne regrette rien, Chérèque ose même déclarer » c’est notre OUI sur les retraites qui a fait la force de notre NON sur le CPE ». Objection ! La force du NON fut avant tout la ferme détermination des étudiants et des lycéens qui rendait impossible le renouvellement de la trahison de 2003. Chérèque entend se positionner comme incontournable pour le gouvernement, surtout s’il est de gauche. Selon lui aucune contre réforme n’est possible sans la CFDT. La CGT a été vertement brocardé. « On aimerait tant qu’ils s’engagent pour une fois » .Le monde du travail et de la création est prévenu le « syndicalisme rassemblé » c’est  l’alignement sur la CFDT. Lors de sa conférence de presse présentant le 46e congrès de la CFDT, Chérèque a expliqué que sa confédération ne fait pas de l’unité d’action une question stratégique  « elle ne conçoit le travail intersyndical que comme ponctuel, basé sur des orientations claires et partagées, et si possible derrière la CFDT »

Pour Chérèque la valeur suprême de l’acte syndical est la signature du compromis. Le 46e congrès CFDT a tourné la page de 2003 sur les retraites. Le secrétaire général a tracé la voie à suivre » sur des questions  qui ne sont pas évidentes, il propose une autre voie pour le modèle social français, son adaptation à l’environnement international ce qui suppose une réforme du contrat de travail, ce qui implique aussi d’accepter la délégation de services publics au privé et d’éviter systématiquement le recours à la grève (…) il faut trouver une alternative à la grève ». Le 46e congrès n’a pas pris de décisions d’action.  « Depuis le CPE nous avons peu de relations avec les autres organisations syndicales ». Pas de résolution dénonçant les profits scandaleux des PDG des grandes entreprises, rien pour dénoncer les derniers propos de la Présidente du MEDEF visant à reporter sur les salaires les cotisations de la Sécu.

Après le 48e congrès de la CGT, et le 46e congrès de la CFDT le monde du travail doit avant tout compter sur ses propres forces.

Dimanche 4 juin 2006 7 04 /06 /2006 12:13
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La Safrane
Minga, 17 Août 2001

Loin de la terre où ils sont nés ...
Depuis longtemps ils en rêvaient
Du pouvoir et de ses secrets
Du sénat et de l'assemblée ...
Les vieux, ça n'était pas original
Quand ils allaient vendre leur journal
Au piquet d'une usine en grève ...
Mais ils savaient tous, à propos,
Manifester en bons cocos
Et rester fidèles à leur rêve.

Pourtant ... que la safrane est belle ...
Comment peut-on s'imaginer
En voyant son col de flanelle
Que Gayssot ait pu militer ?

Avec leurs mains dessous leur têtes
Ils ont amassés des pézettes
Jusqu'au sommet de la combine ...
Qu'importe les jours, les années,
Ils avaient tous l'âme damnée
Boueuse comme un pet de cygne ...
Ils signent de gentils p'tits décrets ;
La vie ne sera plus changée :
Ce n'était plus la même quête ...
Mais ils feront des mercenaires
A ne plus que savoir en faire
S'ils ne retournent pas leur veste ...

Pourtant ... que la safrane est belle ...
Comment peut-on s'imaginer
En voyant son col de flanelle
Que Gayssot ait pu militer ?

Deux chèques, et puis c'est Matignon
Une année bonne et l'autre AUSSI !
Et ses vacances sont sans soucis ...
Les flics qui veulent tirer à balle
Il n'y voit rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa lie ...
Leur vie : ils deviendront des actionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne ...
Il faut savoir ce que l'on aime
Et renier tout son HLM
Manger du caviar, sans prud'hommes ...

Pourtant ... que la safrane est belle ...
Comment peut-on s'imaginer
En voyant son col de flanelle
Que Gayssot ait pu militer ?
Samedi 27 mai 2006 6 27 /05 /2006 21:37
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 La direction du PCF décrète la création de la "Fondation Hue" pour déposséder les communistes de leur histoire.

 

 

La presse l’annonçait depuis mai 2002: Robert Hue, disqualifié aux élections, veut se reconvertir à la tête d'une "fondation politique". La direction du PCF l'a exhaucé en approuvant le 24 octobre dernier, évidemment sans consulter les communistes, la constitution de la "Fondation Gabriel Péri".

 

La portée de ce nouveau coup de force va bien au delà de la satisfaction d'un caprice personnel, il s'agit de placer l'histoire du PCF, son patrimoine intellectuel, une part de la légitimité liée à son nom, entre les mains d’un carteron de dirigeants mutants.

 

Dans le projet entièrement ficelé qui a été adopté ont déjà été désignés 10 des 12 futurs administrateurs: Hue comme président, Gayssot, Borvo, Martelli, Obadia, Bruhnes, Mayer, Pourre, Mairal, Vieu. Seuls le représentant du personnel et une "personnalité" non adhrérente au PCF n’ont pas encore été désignés. Pour parfaire le "processus démocratique", non seulement ces "administrateurs" seront irrévocables par le Parti mais la Fondation, placée sous la tutelle du ministère de l’intérieur, sera totalement indépendante du PCF qui n'est même pas le "fondateur officiel", celui-ci étant la société anonyme gérant l'immobilier du Parti.

 

La liquidation du patrimoine immobilier du Parti, acquis au prix de dizaines d'années d'efforts des communistes, que nous avons déjà relatée a plusieurs reprises, va donc servir à financer cette opération de dépossession intellectuelle. Les communistes vont même à nouveau être sollicités à souscrire, à cotiser pour apporter les 5 millions de francs nécessaires à la dotation initiale en capital de la Fondation.

 

Demain, la "Fondation Hue" pourra se prévaloir du titre de "Fondation politique du PCF" (même outrageusement du nom de Gabriel Péri), aura les moyens financiers, y compris des subventions publiques, pour déformer, dénigrer à sa guise le communisme et son histoire.

 

C’est bien pour cela que la direction du PCF s’est bien gardée d¹informer les communistes et de leur laisser la décision. Un parti communiste n’a besoin d’aucune fondation, comme le PS, l’UDF ou l’UMP.

 

La fondation Hue anticipe-t-elle la disparition programmée du PCF?

PCF MUTANT ET LAÏCITE:

 

Incroyable et scandaleux

 

Dans la déclaration du "Comité exécutif national du PCF" du 18/11, intitulée "Laïcité, attention au piège", on lit: "Nous proposons la représentation des courants religieux et philosophiques dans les instances de conseil et de débat de la République telles que le Conseil économique et sociale." Les mutants sont pour la réintégration des églises dans l'Etat! Et même dans le Parti puisqu¹est proposée également la présence de représentants des 4 principales religions au "conseil scientifique" de la Fondation Hue.

 

Lundi 1 décembre 2003 1 01 /12 /2003 11:24
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"Reconstruire le PCF et réunifier les communistes sur des bases révolutionnaire"

Préambule : (Comment en sommes-nous arrivés  là)
Le choc du 21 avril, les résultats catastrophiques de notre parti aux élections présidentielles et législatives nécessitent une analyse sans aucune concession ni aucun tabou. C'est l'avenir immédiat du PCF qui est en jeu et, au delà, la possibilité d'une alternative progressiste dans ce pays. Les communistes du Pas-de-Calais, leur fédération, qui avaient alerté depuis longtemps sur les risques graves que connaît le parti, entendent prendre toute leur place dans cette nécessaire réflexion.

Ils appellent tous les communistes sincères, toutes les organisations du parti à rechercher les causes profondes de cette situation et à décider ensemble des changements stratégiques indispensables.

"Au lieu d'une véritable modernisation des pratiques militantes et d'un projet communiste clair et mobilisateur, la mutation est prétexte à l'abandon de l'identité communiste, des positions de classe et des objectifs révolutionnaires du PCF" écrivions-nous dans le texte "Changer de Cap". C'est pourquoi,  "nous demandons que le 30ème congrès permette un large débat démocratique dans le parti, qu'y soient discutées et prises en compte les grandes orientations suivantes (du texte "Changer de Cap"), afin d'engager un processus de modernisation du PCF sur des bases révolutionnaires".

Malheureusement, force est de constater qu'à Martigues, il n'y eut pas de véritable débat démocratique et que nos propositions, comme celles d'ailleurs d'autres communistes minoritaires, ne furent même pas discutées.

Le choix fut fait au contraire d'une fuite en avant dans une mutation se caractérisant de plus en plus par un abandon des principes fondateurs du Parti Communiste et la liquidation de son organisation.

De là découle, en partie, un nouvel éloignement de la classe ouvrière et de l'électorat populaire que nous avons ensuite payé très cher aux élections municipales, présidentielles et législatives.

Car si notre effondrement est l'aboutissement "final" d'un lent processus de décomposition idéologique, politique, organisationnelle et électorale de notre parti, cette situation ne peut excuser en aucun cas la direction nationale du parti des graves responsabilités qu'elle porte dans la dernière période.

Nous sommes néanmoins convaincus que le 32ème congrès de notre parti peut être celui du ressaisissement et de la reconstruction pourvu que celui-ci dégage une ligne politique différente et claire permettant à notre parti d'être de nouveau identifié comme le parti de la classe ouvrière, du monde du travail, attentif aux souffrances de l'immense majorité de notre peuple.

Le parti de l'espérance dans un monde et une société de plus en plus divisés et éclatés.

Un parti porteur d'un idéal révolutionnaire et des valeurs les plus progressistes de notre peuple.

Pour parvenir à ce renouveau, il nous faut néanmoins tirer tous les enseignements du passé.

La perte d'un projet politique clairement identifiable.

Certains communistes mettent en avant la dérive des pays du socialisme "réel" et leur écroulement, comme l'explication principale ou fondamentale de nos échecs.

Nous n'aurions pas assez pris nos distances. Nous ne nous serions pas assez dégagés et pas assez vite du modèle soviétique. Nous n'aurions pas assez condamné.

Force pourtant est de constater que si des retards évidents ont été pris par le passé, cela fait déjà beaucoup d'années que nos prises de positions officielles et au plus haut niveau attestent précisément du contraire.

Nous pensons, pour notre part, que le parti n'a pas fait assez d'efforts pour analyser sérieusement et objectivement tous les aspects contradictoires de cette expérience. Privés de cette analyse, nous avons été trop souvent conduits à "crier avec les loups". Ce faisant, nous avons laissé le terrain libre à la formidable campagne idéologique engagée à la faveur de ces événements au sujet d'une prétendue fin de l'histoire.

L'idée qu'il n'y aurait plus d'alternative possible au capitalisme, que celui-ci serait le seul système capable d'intégrer les évolutions de la société et les aspirations nouvelles (développement de l'individualisme, efficacité économique, libre initiative dans la société...) s'est peu à peu imposée.

Ce dont nous avons besoin aujourd'hui en priorité et au plus vite, c'est d'une véritable analyse approfondie du capitalisme tel qu'il est aujourd'hui.

Nous avons besoin de rappeler avec force que ce système traverse une crise structurelle profonde qui provoque tous les dérèglements observés aujourd'hui dans le monde et dans notre propre pays: pillage des ressources de la planète, ruine de continents entiers, guerres, chômage massif, précarité, mal-vie, pauvreté grandissante au sein même des pays riches, montée de la délinquance et du racisme...

Nous avons besoin de définir un projet de société alternatif au capitalisme, capable d'articuler les luttes immédiates et la perspective d'une transformation révolutionnaire de la société.

Sans ce travail de construction politique, nous sommes réduits malgré nous à un rôle de super-syndicat évoluant dans le cadre existant.

Or, n'oublions pas que ce qui nous est d'abord reproché aujourd'hui, c'est d'être devenu un parti comme les autres.

Force est de constater que notre positionnement politique notamment depuis 1997 a donné corps à ce jugement.

La participation gouvernementale :
une stratégie suicidaire.

Le double naufrage des présidentielles et des législatives, après la déroute sévère enregistrée aux municipales, marque la sanction par l'électorat populaire d'une ligne politique suicidaire.

Au 29è Congrès (1996), la direction nationale a ouvert la voie à une participation gouvernementale sans "condition" en supprimant le "préalable" à "Maastricht" que revendiquaient entre autres, les communistes du PdeC.

En érigeant la participation au gouvernement de la gauche plurielle en choix stratégique, notre parti s'est aveuglé sur les conséquences de la politique menée et a tourné le dos aux aspirations populaires.

N'oublions pas que 1997 a été précédé par le formidable mouvement social de 1995. Celui-ci portait l'exigence d'une autre Europe. Celle d'une action déterminée contre les orientations ultralibérales de Maastricht: austérité salariale, remise en cause des retraites, privatisations, atteintes aux services publics, licenciements boursiers...

Il portait aussi le rejet  d'un nivellement par le bas de tous les acquis sociaux des peuples au plus grand bénéfice des grands groupes capitalistes supranationaux, sous couvert de mise en concurrence et d'intégration européenne.

Qu'est-il advenu de ces aspirations dans la politique mise en oeuvre par le gouvernement de gauche? Pire, l'abandon délibéré par notre parti de la lutte contre le Traité de Maastricht est apparu comme un reniement de plus et finalement un encouragement à la politique sociale libérale du parti socialiste et aux coups portés à notre souveraineté nationale.

Certes, l'échec du parti, c'est d'abord l'échec de la politique de Jospin et du Parti Socialiste: 15 millions de français (ouvriers, employés, travailleurs précaires, demandeurs d'emploi...), tout un électorat populaire abandonné à son destin, au profit d'une démarche visant d'abord à amadouer les classes moyennes pour gagner l'élection présidentielle au Centre.

Mais en réalité, nous nous sommes laissés entraîner dans sa chute. Face au refus de Lionel Jospin de   respecter les engagements pris en 1997 (arrêt des privatisations, augmentation du pouvoir d'achat, réorientation de la construction européenne...), la direction nationale du parti n'a pas eu le courage politique de la confrontation et a privilégié la solidarité gouvernementale à la défense du peuple et de la nation.

Pourtant il était possible de faire autrement même après notre engagement au gouvernement: en prenant à témoin le peuple, en rappelant par des actes, si nécessaire, qu'il n'existait pas de majorité parlementaire sans l'apport des voix du groupe communiste à l'Assemblée Nationale...

Nous avons été, en fait, prisonniers d'une certaine conception de l'union qui depuis des décennies nous met à la remorque du parti socialiste.

Définir un projet alternatif au capitalisme, développer la solidarité internationale pour combattre la mondialisation capitaliste et l'Europe de Maastricht

Le recul du parti communiste français et la défaite du 21 avril  s'inscrivent aussi dans un contexte international qui s'est profondément modifié depuis la chute du système socialiste en 1989 et celle de l'URSS en 1991, ainsi qu'avec les attentats du 11 septembre 2001.

Le formidable développement des forces productives et notamment des nouvelles technologies de l'information a permis la mondialisation capitaliste.

La structure elle-même du capital a changé: mainmise du capitalisme financier sur l'ensemble de l'économie, des banques et des fonds institutionnels (fonds de pensions-assurances). Cette évolution  privilégie le profit à court terme et rend vulnérable l'ensemble des économies mondiales comme l'ont démontré les crises successives: crise mexicaine, crise asiatique et russe, crise argentine et crise actuelle des économies occidentales.

Les pays socialistes ne sont plus un contrepoids à l'impérialisme qui, désormais, règne sans partage dans un monde unipolaire.

L'effondrement du système socialiste et de l'URSS a certes révélé davantage les erreurs, les déformations bureaucratiques, voire les crimes commis à certains moments et dans des conditions historiques données, dans ces pays. Pour autant, on ne saurait oublier les formidables avancées sociales réalisées et qui ont été démantelées par la réintroduction du capitalisme.

On ne peut oublier non plus que cette expérience a montré la possibilité d'alternative au système capitaliste et cimenté des générations au vote communiste partout dans le monde.

Ce n'est pas en participant à la campagne de criminalisation des pays socialistes que les communistes en France et ailleurs surmonteront leur crise existentielle.

L'enjeu d'aujourd'hui est de faire face à la domination de l'impérialisme en particulier l'impérialisme américain.

 Se servant des attentats du 11 septembre, les Etats-Unis tentent non seulement d'asservir les pays du tiers monde, mais de contraindre les autres pays impérialistes à se ranger sous leurs ordres au nom de la lutte contre le terrorisme international.

Le terrorisme international apparaît à la fois comme le produit de la politique américaine (aide à l'intégrisme islamique, "création" de Ben Laden) et comme le dévoiement de la lutte anti-impérialiste dans les pays musulmans.

Le terrorisme international ne saurait être confondu avec la lutte des peuples pour leur libération (Palestine, Colombie...).

Au nom de cet amalgame, de l'ingérence humanitaire, de la démocratie, de la défense des droits de l'homme, les impérialistes américains et leurs alliés (contraints ou volontaires) multiplient leurs interventions sur tous les continents, provoquant des guerre désastreuses pour les populations et l'environnement (utilisation d'armes nouvelles, de l'uranium appauvri) : guerre en Yougoslavie, en Afghanistan et menace sur l'Irak.

L'Europe du capital à la remorque des États-Unis

En France, les partisans à droite comme à gauche de l'Europe de Maastricht, la présentent comme un rempart, une force capable de s'opposer à la politique militaire et interventionniste des Etats-Unis.

En réalité, les derniers exemples de conflits internationaux montrent que l'union européenne est non seulement incapable de définir une politique commune de paix, mais les pays qui la composent ont tendance à vouloir tirer quelques profits d'un alignement sur la politique des Etats-Unis.

La stratégie internationale de l'Union Européenne, comme sa politique économique et sociale, est avant tout celle du Capital qui a fait de cette construction une pièce maîtresse de la mondialisation pour permettre le libre développement des multinationales et la domination des marchés financiers.

Le gouvernements de droite ou sociaux-démocrates des pays de l'union européenne ont trouvé avec Maastricht l'instrument et parfois l'alibi pour leur politique libérale et le moyen d'accéder à la volonté de transformation du capital européen sur le modèle anglo-saxon: privatisations, libéralisation totale du marché...

L'accentuation de l'intégration européenne (économique, poltiique et militaire) qu'ont constituée les Traités d'Amsterdam et de Nice, l'élargissement à l'Est et au Sud ne sont pas fait pour le profit des peuples mais pour l'intérêt du capital par une mise en concurrence des travailleurs.

Prétextant de l'élargissement, la Convention, présidée par Giscard d'Estaing, propose d'aller vers une Europe Fédérale, Supranationale. Dans ce cadre, la loi Raffarin de décentralisation vise à adapter le pays à cette nouvelle étape de la construction européenne. En acceptant une Europe des Régions, le gouvernement, en accord avec le PS, brise le cadre national et républicain.

Face à cette situation, il n'est donc qu'une seule alternative: développer la lutte des travailleurs et des peuples contre la mondialisation capitaliste, contre l'impérialisme guerrier, rompre avec la construction d'une Europe supranationale et fédérale, reconquérir la souveraineté nationale et impulser l'Europe des luttes sociales et démocratiques.

Créer un nouvel internationalisme        

Le mouvement altermondialiste actuel, s'il crée des espérances, ne saurait suffire à créer une alternative au capitalisme.

Le temps n'est peut être pas à la création d'une nouvelle internationale communiste mais il nous faut créer un nouvel internationalisme. Il faut que les partis communistes et les mouvements progressistes de tous les pays, sans exclusives, créent des liens pour lutter contre l'impérialisme.

Le Parti Communiste Français, de par son histoire, a un rôle particulier à jouer pour développer la solidarité internationale avec les forces qui sont aux prises avec l'impérialisme en Amérique Latine (Cuba,Vénézuela, Colombie, Argentine...) au Proche Orient (Palestine, Irak) et en Asie.

En Europe, les partis communistes et les mouvements progressistes devraient s'unir pour échanger leurs expériences et organiser la lutte commune contre Maastricht.

Changer la société

La crise actuelle du capitalisme, les désastres sociaux et les guerres destructrices qui en résultent montrent la nécessité d'une issue. Si elle n'est pas associée à la "visée" communiste, la perspective d'une société socialiste débarrassée de l'exploitation capitaliste, la lutte révolutionnaire n'est qu'un vain mot.

Le changement de société implique la propriété sociale des grands moyens de production et d'échange ainsi que l'exercice du pouvoir  par la classe ouvrière et plus largement le monde du travail, c'est à dire la mise en place d'une démocratie réelle de la majorité et non le pouvoir d'une minorité de privilégiés.

Elaborer un programme dans la perspective d'un changement de société:

Ce changement de société ou socialisme se construit lors d'un processus de luttes sociales et politiques et de nouvelles avancées, un processus menant à la rupture avec le capitalisme.

- Au plan politique:

Cela suppose pour notre pays une autre constitution qui instaurerait une démocratisation de la République dont le caractère laïque, un et indivisible, doit être défendu, assurant une véritable représentation de la souveraineté populaire et nationale, le développement de la démocratie directe (Conseils de quartiers, révocabilité du mandat électoral, droit pétitionnaire...)

- Au plan économique et social :

  1. la nationalisation des grandes entreprises gérées démocratiquement, des droits nouveaux pour les travailleurs (regard et contrôle de la gestion, refus des plans de licenciements...);
  2. le développement du secteur public et des services publics:
    Le formidable potentiel de la nation que représentent le secteur public et les services publics qui ont institué l'égalité de traitement des citoyens et usagers sur l'ensemble du territoire, est aujourd'hui mis en cause par les privatisations. Ils ont contribué aux avancées sociales pour l'emploi et l'indépendance nationale, joué un rôle décisif pour le développement industriel et la recherche, les découvertes scientifiques et technologiques.
    Leur maintien et leur développement constitue donc un enjeu vital pour le redressement de notre pays et en termes de progrès de civilisation.
  3. la création d'une sécurité sociale professionnelle qui instaurerait, dans le marché du travail, la notion de solidarité au lieu de la concurrence des travailleurs entre eux, qui assurerait aussi une formation tout au long de la vie, sans remettre en cause ni la valeur des diplômes ni les qualifications acquises. Le dépassement du marché du travail capitaliste ne peut  se réaliser vraiment que dans le dépassement du capitalisme lui-même, c'est à dire son abolition.

Le parti doit aussi rapidement élaborer un programme d'actions et de propositions immédiates.

Rassemblement populaire et autonomie politique du P.C.F. au coeur de notre stratégie.

Le parti est aujourd'hui en panne de stratégie. Celle que nous avons tentée de mettre en oeuvre a échoué. Elle était trop axée sur "l'Union des forces de gauche", la "gauche plurielle", les accords de sommet, la participation gouvernementale et trop éloignée des préoccupations populaires, du mouvement social.

Cette stratégie a facilité la confusion dans les esprits, amenant les gens à ne voir en nous qu'un appendice du Parti Socialiste.

Elle a également contribué à donner du PCF l'image d'un parti comme les autres et ce, au pire sens du terme: un parti capable, dans le meilleur des cas, de gérer le système capitaliste, mais certainement pas d'y mettre un terme.

La participation à la gestion de l'Etat nous a fait reculer sur le terrain de la contestation: nous ne sommes plus perçus comme les porte-voix de la protestation populaire.

La remise en cause de repères idéologiques clairs a aggravé la perte de crédibilité de notre parti et nous a menés dans le mur.

Sur des questions importantes comme l'Europe ou le secteur public nationalisé, pour ne prendre que ces deux exemples, nos positions sont apparues comme des revirements, nous faisant perdre le capital du "non à Maastricht" lors de la calamiteuse campagne de "Bouge l'Europe", et le soutien du noyau dur de notre électorat: les salariés du secteur public.

En cautionnant par notre présence au gouvernement les prises de participation dans les entreprises publiques, nous avons contribué à faire reculer l'idée de nationalisation comme facteur de lutte contre la crise et comme assise pour construire une autre société, la société socialiste.

Primauté au mouvement populaire

Il faut en tirer toutes les leçons et construire une autre stratégie. Il ne s'agit pas de jeter tout l'héritage, mais de définir de nouvelles priorités.

Notre stratégie doit désormais donner la primauté au mouvement populaire (la primauté, pas l'exclusivité).

Nous devons redevenir les porte-voix de la protestation populaire si nous voulons être crédibles sur des propositions alternatives.

Nous devons également accompagner les luttes syndicales. L'action permet aux travailleurs de mesurer leur force et d'élever leur niveau de conscience, à condition que les communistes y apportent un éclairage politique. Le parti n'a pas vocation à être un super-syndicat, ou à diriger les organisations syndicales. Mais à contrario, il n'a pas à se désinvestir du monde syndical ou associatif, ce qui contribue à faire baisser le niveau idéologique et à laisser ce terrain à d'autres comme Lutte Ouvrière.

Le parti doit également être à l'initiative de luttes et être capable de les mener sur le long terme, jusqu'à la victoire si possible. Nous avons trop "zappé" sur les campagnes que nous menions, laissant d'autres forces politiques récupérer le bénéfice des résultats obtenus, ou  la prise de conscience provoquée par nos luttes.

L'action, plus que les forums et autres Etats Généraux, peut permettre l'élaboration, avec les gens, des propositions alternatives que nous devons avancer.

Les forums tels que le Parti nationalement les multiplie ne semblent pas porter les fruits que la direction en attendait. Ils apparaissent comme des débats intellectuels ou des confrontations entre formations de la gauche plurielle, voire avec les gauchistes. Ils n'ont pas fait avancer grand chose.

Le champ d'intervention des luttes est vaste. Il est sans doute illusoire dans l'état de nos forces de vouloir couvrir tous les terrains. Nous devrions nous fixer deux priorités: l'entreprise et la jeunesse.

La classe ouvrière est loin d'avoir disparu, comme beaucoup le prédisaient. Elle reste aujourd'hui l'acteur principal de la lutte contre le capital. Nous pouvons regagner du terrain, en particulier chez les travailleurs du secteur public, à condition d'y consacrer l'essentiel de nos forces.

Donner la primauté au mouvement populaire ne signifie pas en faire l'axe exclusif de notre stratégie.

Notre rôle est de lui donner un débouché politique qui mène à la rupture avec le capitalisme.

Une nouvelle conception de l'union

La question des alliances électorales  reste une question importante à considérer dans chaque contexte politique. Mais l'heure n'est pas à en faire la question stratégique principale, pas plus qu'une éventuelle participation gouvernementale.

La question de l'union renvoie à trois conditions essentielles :

  • l'union ne doit pas favoriser la confusion entre nous, le PS ou d'autres forces politiques;
  • l'union se construit dans un rapport de forces. Nous disions autrefois "l'union est un combat". Commençons donc par créer un rapport de forces plus favorable;
  • l'union se fait sur un contenu partagé par le mouvement populaire, qui doit être  garant de son application.

Eviter la confusion, pour ne plus être perçu comme l'aile gauche du PS, cela veut dire revenir sur le concept de gauche, arrêter de parler uniquement au nom de la gauche et parler plus souvent au nom du Parti Communiste Français.

Cela veut dire également éviter les candidatures uniques aux premiers tours dans les scrutins nationaux au suffrage universel: législatives, présidentielles, européennes.

La construction de l'union passe par la remontée de l'influence de notre parti; à 3,5% le tête à tête avec le PS n'a pas beaucoup de sens.

Pas plus que la construction d'un cartel avec la LCR ou l'aile gauche du PS. Ne remplaçons pas une confusion par une autre. Nous avons à reconquérir un électorat populaire qui s'est laissé séduire par l'extrême gauche ! Ce n'est pas en la cautionnant que nous réussirons.

Depuis plus de 20 ans, nos slogans électoraux invitent les électeurs à voter communiste pour peser sur le PS, ce qui revient à semer la confusion et les illusions sur la social-démocratie alors qu' il n'est pas dans sa nature de vouloir transformer la société.

Notre choix stratégique ne doit, en aucun cas, dépendre d'une éventuelle participation à un gouvernement de gauche. Nous devons redéfinir clairement la "portée" révolutionnaire du vote communiste dans un processus de construction politique. A partir d'un rapport de forces favorable au changement, la mise en place d'un gouvernement populaire, sous contrôle du mouvement populaire lui même, peut être envisagé pour la mise en oeuvre des réformes nécessaires à la transformation de la société.

Continuer et moderniser le PCF sur des bases révolutionnaires

Depuis la conférence nationale de juin 2002, la direction nationale ne cesse de figer le débat sur le parti en limitant les enjeux à 3 options:

  • le retour nostalgique en arrière
  • le pôle de radicalité
  • la poursuite de la mutation

A brandir le retour aux années 1920 et le pôle de radicalité avec les gauchistes, voire l'aile gauche du PS, que très peu de communistes revendiquent, la "mutation" apparaît ainsi comme la seule orientation réaliste et crédible, malgré les 3,3% du 21 avril et la contestation des militants.

Or, s'il y a un débat que revendiquent majoritairement les communistes, c'est celui  de la "mutation" et l'exigence de son bilan qui n'est toujours pas à l'ordre du jour du congrès.

"Moderniser le PCF n'est contesté par personne si le souci reste celui d'un parti révolutionnaire et militant", disions-nous dans notre texte fédéral "changer de cap" au 30ème congrès.

Nombreux sont les militants qui, aujourd'hui, se sentent floués par la visée et les résultats de cette "mutation".

Le PCF n'a pas été modernisé, adapté à l'évolution de notre société, mais coupé de ses racines, de son histoire, de sa culture, par une "mutation" qui, d'abandon en abandon, est synonyme de rupture, au point où sa maîtrise ou sa non maîtrise (qui reste à vérifier) a fait perdre au parti son identité révolutionnaire.

Depuis le congrès de Martigues, sous l'obsession de la création d'un parti de "type nouveau", c'est l'organisation révolutionnaire du PCF et son originalité qui, cette fois ont été remises en cause. Au profit d'une vision réformiste, d'une direction obnubilée par les sondages, subjuguée par des personnalités et qui a en définitive confondu modernité et  mode (qui, comme chacun sait, est éphémère).

La modification des statuts  a ouvert la porte à un parti à tendances, confondu démocratie et auberge espagnole, au détriment d'un parti respectueux de ses adhérents mais dirigé.

Au lieu de s'ouvrir à la société, le parti s'est  dilué  dans la pensée dominante. Au lieu de  trouver son originalité dans ses capacités à rassembler les victimes du capitalisme et à mener l'action avec elles,   le PCF a renforcé le sentiment qu'il était devenu comme les autres, qu'il ne remplissait plus son rôle historique auprès de la classe ouvrière et du monde du travail.

Moderniser le PCF c'est mettre en pratique la souveraineté des militants dans leur parti. L'abandon du centralisme démocratique devait, disait-on, renforcer la souveraineté des adhérents. Or ceux-ci, malgré la multiplication des consultations internes, n'ont jamais été aussi peu entendus.

Moderniser le PCF c'est se donner les moyens pour permettre aux adhérents de réfléchir, de décider et de contrôler.

Il faut tirer un premier bilan de l'expérimentation de nos nouveaux statuts. Le fonctionnement en "assemblée" par exemple, réduit la participation des communistes et les décisions prises lors de ces assemblées posent parfois un problème de démocratie.

Moderniser le PCF c'est mettre fin à la bicéphalité, se doter d'un conseil national représentatif de l'opinion des adhérents, avec un exécutif identifiable, un secrétariat officiel qui évite les dérives de ces derniers temps: des dirigeants nationaux, inconnus des militants, qui sortent du chapeau ; des collaborateurs aux fonctions confuses...

Moderniser le PCF, c'est concevoir qu'à tous les niveaux, nos dirigeants et élus soient d'abord des militants investis dans l'activité des structures de bases du parti. Plus globalement, la vie du parti et de son organisation ne doivent pas être l'affaire de quelques uns, mais être le souci permanent des "collectifs" de direction.

Moderniser le PCF, c'est se doter de directions qui correspondent à nos objectifs de reconquête du monde du travail et d'ouverture vers la jeunesse.

Un parti proche des travailleurs et de la jeunesse.

Concernant les travailleurs

Le parti a su articuler, à travers son histoire, idées révolutionnaires et luttes immédiates ce qui lui a valu d'être identifié à la fois comme le parti des ouvriers et celui qui donnait du rêve aux jeunes générations.

L'abandon de la lutte idéologique, l'obsession à vouloir s'ouvrir à d'autres couches de la société, la pression des thèses réformistes comme la soi-disante disparition de la classe ouvrière, notre solidarité gouvernementale avec le PS ces 5 dernières années, nous ont progressivement éloigné du monde du travail.

Il est urgent et vital pour le parti, sur la base d'une ligne combative et autonome et d'un idéal révolutionnaire bien identifié, de réimpulser, à tous les niveaux, l'activité du parti en direction des entreprises, d'implanter et de réimplanter l'organisation communiste à l'entreprise, de s'engager sur des positions de classe dans le mouvement syndical, de revoir nos relations avec la CGT.

Le PCF doit redevenir dans l'action et dans les discours, le parti des exploités contre le capital. C'est sur ce fonds de classe que nos positions comme nos actions doivent permettre d'être identifiés par tous.

Concernant la jeunesse

L'existence du PCF est menacée non seulement par l'effondrement de ses scores électoraux, mais également par les risques d'effondrement de son organisation. D'un côté, des zones désertiques où il n'y a plus  trace de communistes organisés et actifs; de l'autre, une organisation qui résiste grâce au dévouement de quelques militants qui maintiennent la vie du parti à bout de bras. Telle est la situation d'aujourd'hui.

Notre parti, dans son déclin, s'est privé de l'apport de générations qui n'ont que très faiblement adhéré. Nos deux principales sources de recrutement de cadres, le syndicat et le mouvement de la jeunesse communiste, se sont taris. Nous vivons sur nos réserves vieillissantes et sans perspective actuelle de renouvellement.

Il y a donc urgence et cela devrait faire l'objet d'une décision de congrès, de lancer, sur de nouvelles bases,  une grande campagne nationale d'adhésions en visant en particulier la jeunesse. Cela  implique que le congrès prenne bien en compte ces aspirations et ouvre des perspectives. Un parti politique sans organisation de jeunesse n'a pas d'avenir, il nous faut également faire vivre un mouvement de la jeunesse communiste.

le rôle d'avant garde est-il dépasse ?

Contrairement à ce qu'on entend, personne ne propose la formule caricaturale du "parti guide" décidant à la place des gens.

Faut-il pour autant se satisfaire d'un parti qui, trop souvent ces dernières années, s'est laissé entraîné par les idées dominantes ?

Faut-il craindre de se retrouver, comme à maintes fois de l'histoire, à contre-courant ?

L'apprêté de la lutte de classes, l'affaiblissement de la conscience de classe, exigent d'un parti révolutionnaire agissant pour la transformation sociale, de jouer un rôle d'avant garde à l'exemple du "NON" de gauche à Maastricht que nous avons su faire partager massivement.

Reprendre le chemin de la lutte ideologique

Il est vital pour les communistes de se réapproprier de manière créatrice la théorie révolutionnaire, de revivifier la pensée marxiste, d'étudier par eux mêmes leur histoire, de soumettre aux travailleurs une véritable alternative anticapitaliste tout en étant les champions de la démocratie dans les luttes, de la critique et de l'autocritique.

Notre parti doit, à tous les niveaux, reprendre des cycles de formation théorique de ses militants afin que ceux-ci puissent affronter sur des bases solides les défis de notre temps tels que la mondialisation capitaliste.

Un parti de militants

Le débat, la confrontation des idées sont plus que nécessaires, mais le communiste est aussi un lutteur, un militant, toujours à l'initiative, personnellement et collectivement, sur la base de la politique définie en commun.

La présence du parti, de ses militants dans l'entreprise, le quartier, l'école, le bureau, l'atelier, parmi les demandeurs d'emploi, les retraités, auprès de toutes celles et ceux qui constituent les forces vives de ce pays est de plus en plus indispensable pour débattre avec eux des multiples problèmes qui nous sont posés, avancer avec eux des propositions de solutions, engager l'action qui, en dernière analyse, est le seul moteur de progrès social et de la démocratie.

Ne faut-il pas, à tous les niveaux (du national à la cellule en passant par les fédérations et les sections), des dirigeants, des militants actifs présents sur le terrain? Non pas pour apporter la réponse à tous les problèmes, mais pour discuter avec les gens, élaborer avec eux des propositions et agir pour les faire aboutir et cela sur chaque situation particulière.

Les élus communistes sont d'une richesse incontestable pour le parti qui se doit à tous les niveaux de les aider à accomplir leurs tâches de plus en plus délicates, en apportant un soin particulier au fonctionnement de l'ADECR et à la formation par le CIDEFE. La mise en valeur de l'action des élus communistes doit également être prise en compte, ainsi que leur association à la vie du parti.

Pour autant, il faut éviter les dérives que parfois nous rencontrons: la notoriété des élus communistes ne peut en aucun cas donner prétexte à une prise de pouvoir sur le parti qui doit préserver son autonomie vis à vis des institutions. Le respect des règles statutaires, qui permet de donner les moyens aux élus d'accomplir leur fonction sans tirer profit de leurs indemnités, est également un principe fondamental auquel personne ne peut déroger.

Quant à la presse du parti, elle doit informer mais aussi aider à l'action militante. Elle doit redevenir la tribune des luttes et de nos idéaux révolutionnaires. La pseudo-indépendance de "l'Humanité" est un fiasco et contribue au déclin de notre parti qui  doit avoir la maîtrise politique de sa presse. Il est plus que temps d'arrêter de sous-estimer le rôle manipulateur des médias dans leur caricature de notre politique, de l'évolution de la société et du monde.

C'est sur ce terrain de l'action que le PCF retrouvera sa raison d'être et pourra retrouver son identité. Ainsi pourront être surmontées les divisions actuelles et le PCF pourra retrouver la fraternité militante qui est au coeur de notre idéal.

Conclusion

Les statuts permettent de présenter un projet alternatif à la base commune qui sera proposé par le Comité National. La fédération du PdeC qui déjà au 30ème congrès avait édité un texte "changer de cap" considérant que la ligne de la mutation était suicidaire, se devait, après le séisme du 21 avril, de faire connaître ses réflexions trop souvent caricaturées.

"Le PCF est à la croisée des chemins. Ou bien il s'engloutit dans le marécage pseudo moderne de la social-démocratie et tôt ou tard il disparaîtra comme ce fut le cas dans de nombreux autres pays, ou bien il fait preuve de son utilité en se modernisant sur des bases révolutionnaires", disions-nous dans "changer de cap".

Aux communistes d'agir sur le 32ème congrès, le temps est maintenant compté.



Jeudi 9 janvier 2003 4 09 /01 /2003 22:44
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Pour une alternative populaire à Maastricht et au capitalisme
Pour faire du neuf, revenons à la lutte de classes !

Texte présenté aux militants communistes pour la discussion au 29e Congrès du PCF par les initiateurs de l’appel « Nous voulons rester communistes »


Dans la préparation de ce 29e Congrès, les communistes s’interrogent sur l’avenir et l’utilité de leur parti. Nombreux sont les camarades qui s’inquiètent des orientations actuelles et à venir. Cela d’autant plus que les abandons sur ce qui constitue l’identité d’un Parti communiste ne cessent de s’accumuler. En outre, ces « mutations » ne font qu’accompagner en l’aggravant la poursuite continue du déclin de notre influence et de notre organisation.

Ainsi, le Comité national renonce à l’objectif fondamental du renversement révolutionnaire du capitalisme pour établir une société socialiste ouvrant la voie au communisme. Il lui substitue la notion d’un « dépassement du capitalisme » qui, niant les réalités de la lutte de classes, ne vise qu’à la correction des excès du système. Affirmant clairement notre identité révolutionnaire, nous arrivions hier à imposer des réformes progressistes en faveur des victimes du capitalisme. Aujourd’hui avec le système capitaliste en crise, il est plus que jamais nécessaire de mettre en oeuvre une stratégie révolutionnaire pour contrer l’offensive réactionnaire du capital.

Pour justifier ces orientations, l’histoire du mouvement communiste international et de notre parti, qui appelle certes à une analyse critique, est dénigrée avec acharnement.

En l’absence de repères politiques et idéologiques clairs, le militantisme s’affaiblit de façon préoccupante. Aux difficultés générales de la presse communiste s’ajoutent celles qui découlent d’une volonté délibérée de transformer nos publications en faire-valoir de l’abandon de la stratégie révolutionnaire.

Notre influence électorale continue de stagner. Premier parti en influence dans le monde ouvrier, il y a peu de temps encore, le PCF y est aujourd’hui largement distancé par Le Pen. A gauche même, élections et sondages montrent qu’après la chute spectaculaire du PS en 1993, l’écart se creuse à nouveau à son profit, alors que tous nos actes tendent à lui donner un nouveau label de « force de progrès ».

Voilà les problèmes réels auxquels nous sommes confrontés et qui devraient être au coeur de notre 29e Congrès.

Avec le contenu, la méthode pose aussi problème. Les qualificatifs élogieux sur celle-ci ne peuvent occulter le fait que les militants auront au mieux un mois pour discuter le texte définitif et exercer leur droit souverain à fixer les orientations du Parti. « L’ouverture » tant affirmée fait la part belle à l’opinion d’experts et d’idéologues de diverses tendances, mais censure la publication dans « l’Humanité » de l’appel de centaines de militants qui disent « nous voulons rester communistes ».

Nous jugeons non communistes les orientations qui sont proposées. Parce que nous voulons voir notre parti retrouver la crédibilité, le rôle et la place qui furent les siens dans la société française, parce que nous sommes inquiets de l’influence grandissante des idées de la droite et de l’extrême droite et parce que nous condamnons une nouvelle expérience, cette fois-ci suicidaire, de participation à une alternance social-démocrate, nous voulons réagir. Nous ne prétendons pas donner des recettes toutes faites, mais nous avons la certitude qu’une place existe pour un parti révolutionnaire au moment même où s’affirment davantage le refus des travailleurs de faire les frais du système capitaliste et de Maastricht. C’est la leçon des luttes de novembre-décembre 1995.

I. 29e Congrès : des orientations à rejeter.

Au-delà de points d’accord partiels, l’orientation d’ensemble des cinq textes qui ont été soumis à la prédiscussion et qui dessinent l’orientation générale du texte définitif, se caractérise par l’abandon des principes communistes et le brouillage des repères politiques essentiels.

A. Texte sur « l’orientation politique du Parti ».

Ce texte est marqué par un renoncement politique particulièrement grave. La majorité du Comité national y propose de renoncer à considérer que la condamnation du traité de Maastricht demeure l’un des points essentiels des désaccords entre le Parti socialiste et le Parti communiste pour une participation communiste à un éventuel gouvernement Jospin en 1998 ! Or le traité de Maastricht est tout entier conçu pour écraser la souveraineté des nations et laminer les acquis sociaux, il est inamendable ! Un gouvernement inscrivant son action dans ce cadre et celui de la monnaie unique qui l’accompagne ne pourra donc qu’aggraver l’austérité et multiplier les « plans Juppé » sous un verbiage « de gauche ». C’est la raison qui permet de dire que le traité de Maastricht et la mise en oeuvre de ses dispositions opèrent une ligne de démarcation entre une politique réactionnaire et une politique progressiste. Chacun connaît l’engagement « maastrichien » du PS. Celui-ci n’ayant aucunement rejeté ni critiqué sa politique gouvernementale, nous ne pouvons que constater que les conditions politiques pour la mise en place d’un gouvernement d’union populaire ne sont actuellement pas réalisées. Dès lors, les critères proposés par les rédacteurs du texte pour une telle participation ne sont que des faux-semblants qui laissent de côté tout engagement précis (Maastricht, revendications sociales, nationalisations, mesures antifascistes...). Accepter cette orientation, c’est aller tout droit vers la réédition, dans des conditions aggravées, de l’expérience malheureuse de 1981. Dans ces conditions, la déception populaire qui suivrait la mise en place d’une nouvelle austérité « de gauche » ferait le jeu du fascisme et des forces les plus réactionnaires.

Les communistes au 29e Congrès doivent répondre à la question suivante :

Le PCF doit-il soutenir ou participer à un éventuel gouvernement « de gauche » qui n’aurait pas pris clairement l’engagement d’abroger le traité de Maastricht ?

B. Texte sur « la société française ».

Si ce texte condamne avec force la dérive financière et les « choix » de gestion capitalistes, il élude toute mise en cause directe du mode de production capitaliste. Pourtant « l’argent-roi », le « cancer financier » ne sont que des effets du système. Pour le « dépasser », il ne suffira pas « d’inverser » les « choix » du patronat. Il faudra s’en prendre à la racine de l’exploitation capitaliste, la propriété privée des grands moyens de production et d’échange, au pouvoir politique de la grande bourgeoisie financière et son appareil d’Etat. Il nous faut plus que jamais, dans les conditions de notre pays et de notre temps, lutter pour le pouvoir des travailleurs, pour la socialisation des moyens de production et d’échange, pour une société socialiste.

C. Texte sur le « communisme ».

Ce texte censé affirmer l’identité communiste fait totalement l’impasse sur le socialisme, qui figure pourtant toujours dans nos statuts comme notre objectif stratégique. Le texte abandonne les fondements matérialistes du communisme et prône un « nouveau communisme » défini comme « l’humanisme et la démocratie » sans contenu de classe. Avec une telle « définition » le communisme couvre un éventail idéologique « sans rivage » !

A notre époque, il convient au contraire, et plus que jamais, d’associer et non d’opposer socialisme et communisme. Si le socialisme, sous peine de stagner et de régresser, doit constamment viser la phase historiquement supérieure du communisme (la société sans classe et sans domination d’Etat selon Marx), inversement, le communisme est une imposture sans révolution socialiste préalable organisant l’économie et la vie sociale sous l’autorité des travailleurs. En outre, le texte tend à diaboliser et à noircir à plaisir la première expérience historique de construction du socialisme en Union soviétique et dans les démocraties populaires. Au lieu de se complaire dans l’autoflagellation et d’accentuer la désorientation idéologique, il faut, tout en procédant à une critique sans concession du passé, montrer avec force ce qu’a coûté la destruction de l’URSS et des pays socialistes : chômage et misère de masse, guerres fratricides et néofascisme et retour à la domination sans partage de l’impérialisme. Le rôle des communistes est de procéder à une analyse scientifique des conditions internes et externes de la lutte de classes ayant permis la restauration du capitalisme à la faveur des graves déviations politiques et idéologiques dans les partis au pouvoir à l’Est.

Cela doit s’accompagner également d’une solidarité (ce qui n’exclut pas les critiques) aux communistes qui, malgré la censure et la répression, défendent courageusement les acquis de leur peuple et les idéaux émancipateurs de la Révolution d’Octobre.

D. Texte sur le « programme ».

Il évite soigneusement de formuler des revendications précises. Cela apparaît pourtant indispensable, pour éviter le type d’accord au rabais de 1981 en 1998, et pour donner dès aujourd’hui des points de repères clairs aux travailleurs en lutte. Nous ne pouvons accepter en aucun cas que l’adoption du programme soit l’apanage du Comité national ! Les communistes doivent formuler des propositions précises pour les nationalisations, les salaires, les retraites, la sécurité sociale, le temps de travail, le logement, les marchés agricoles, l’école et les services publics, l’action contre la précarité et pour le plein-emploi, la défense des capacités de production et de la souveraineté nationale, les mesures antifascistes et antiracistes, le renouveau démocratique de la culture, les revendications féministes, etc. Cela en partant, non pas du désir de donner une « image » rassurante du Parti, mais des besoins réels des travailleurs, actifs ou sans-emploi, des retraités, c’est-à-dire des intérêts du mouvement populaire et du combat de classe.

E. Texte sur « le Parti ».

Il fait silence sur l’état réel de notre parti et de ses rapports au mouvement social. Il nous faut procéder à l’examen de « l’état des lieux » en matière d’effectifs, d’organisation, de finances, de presse, d’influence électorale et dire la vérité au Parti. Pour nous, le renouveau du Parti passe plus que jamais par son engagement résolu dans la lutte de classes. Comme l’ont montré les luttes de novembre-décembre 1995, cette voie est bien celle de l’avenir dans une société capitaliste de plus en plus bloquée et porteuse d’explosion sociale. C’est en redevenant, dans la pratique, un parti d’avant-garde, un parti de la classe ouvrière, capable de procéder à l’analyse scientifique de la réalité, un parti solidement organisé en cellules dans les entreprises, les quartiers populaires, les établissements scolaires, les villes, les villages, un parti accueillant aux travailleurs immigrés, que nous serons réellement le « parti utile » dont les travailleurs et notre peuple ont besoin.

II. Des propositions pour mobiliser le Parti, résister à l’offensive réactionnaire, ouvrir la voie du vrai changement.

Dans les conditions actuelles de durcissement de l’affrontement de classe entre capital et travail, entre forces réactionnaires et forces démocratiques, la mutation réformiste proposée au 29e Congrès est un contresens historique majeur. La véritable modernité exige au contraire de déployer l’identité internationaliste et révolutionnaire du Parti communiste français. Celui-ci doit être au coeur de l’opposition populaire à la droite et à Maastricht, il doit être le tribun des luttes pour les conquêtes sociales, les libertés démocratiques et la souveraineté nationale, le pôle d’un large rassemblement pour une politique nouvelle de rupture avec le capitalisme.

A. Pour l’internationalisme prolétarien.

A l’heure de la mondialisation capitaliste, il urge de travailler dans des formes respectant l’égalité entre tous les partis, à la renaissance du mouvement communiste et révolutionnaire international. Comment, sans cela, faire front efficacement au nouvel « ordre mondial » de l’impérialisme américain, comment résister aux transnationales, à Maastricht, au G 7 et au FMI ? Comment s’opposer à la montée planétaire des chauvinismes, des intégrismes et des racismes, sans renouer avec la solidarité de classe internationale des travailleurs ?

Dans cet esprit, nous devons combattre l’impérialisme français, ses ingérences criminelles en Afrique, son armée de métier, sa force de frappe au service de l’Europe des financiers, sa participation à l’OTAN et à l’Alliance Atlantique, sa soumission à l’hégémonie de la RFA et son intégration dans l’Europe de Maastricht.

A contre-courant, nous devons dénoncer les guerres, blocus, embargos et autres « ingérences humanitaires » (sic) de l’impérialisme américain et de ses alliés. Nous devons en permanence impulser une campagne de solidarité matérielle et politique avec le peuple cubain, pour lui permettre de préserver et d’améliorer les acquis de sa révolution.

B. Faire face au glissement autoritaire et aux éléments de fascisation.

La montée de l’extrême droite fasciste, de plus en plus ouvertement raciste et factieuse, fait peser de lourdes menaces sur le mouvement ouvrier et les libertés démocratiques. Elle s’accompagne de mesures réactionnaires et répressives prises par les gouvernements successifs. Pour stopper ce dangereux processus, notre Parti doit éviter le piège du prétendu « front républicain ». Il faut à l’inverse dénoncer sans faiblesse les responsabilités de la droite et des dirigeants socialistes dans la promotion de Le Pen, donner tout son contenu de classe à la lutte pour la défense de la République et de la souveraineté nationale, menacées par le grand capital et non par l’ouvrier ou le jeune immigré. Nous devons passer aux actes en faisant campagne pour le droit de vote des immigrés, pour la dissolution de tous les mouvements fascistes et racistes ; nous devons forger une solidarité de combat avec les communistes et progressistes algériens pour battre ensemble les ennemis communs des deux peuples, tant les fascistes comme Le Pen et les intégristes du FIS, que le Fonds monétaire international. Il faut redevenir le parti combatif exprimant sans détours la colère du peuple et des travailleurs, le parti qui, indépendamment du PS et des combinaisons électoralistes, propose, sans crainte des « explosions sociales », la transformation révolutionnaire de la société.

C. Forger une union populaire nouvelle dans l’action pour le retrait des plans Juppé et l’abrogation du traité de Maastricht.

Pour couper court à une alternance sans contenu, il nous faut d’urgence faire la clarté sur le bilan du PS au gouvernement et sur ses perspectives réelles. C’est à partir des luttes qu’il faut rassembler les victimes du capitalisme et construire une union nouvelle. Il faut que le Parti prenne l’initiative, à partir de l’opposition aux plans Juppé, d’une grande campagne nationale pour l’abrogation du traité de Maastricht, ouverte à toutes les forces progressistes, avec manifestations, grèves et comités populaires de base. Cette campagne permettrait d’unir la classe ouvrière et les salariés, de rassembler autour d’eux des centaines de milliers de paysans, d’artisans, de marins pêcheurs, de membres des professions libérales et culturelles, écrasés par l’Europe du capital financier. Elle mettrait le PS face à ses contradictions et à son double langage. Elle rendrait au PCF sa dimension historique de défenseur internationaliste de la nation contre l’oligarchie financière. Loin d’isoler les travailleurs de France, elle donnerait une impulsion décisive à l’unité dans les luttes avec les travailleurs d’Allemagne, d’Italie et des autres pays de l’Union européenne et hors d’elle, victimes des mêmes plans d’austérité découlant de Maastricht. Elle permettrait au mouvement populaire de s’organiser à la base et d’être plus fort.

A partir de la lutte de classes, la question d’un gouvernement d’union populaire défenseur de la souveraineté nationale, relançant l’emploi et la production par la nationalisation des secteurs clés de l’économie, la planification démocratique et les coopérations internationales pourrait alors se poser concrètement. Ce gouvernement, contrôlé et soutenu par le mouvement populaire se fixerait pour tâche première de restaurer et élargir les acquis sociaux et les libertés démocratiques. C’est dans un tel contexte qu’il appartiendra à la classe ouvrière et au mouvement populaire de se prononcer sur la rupture avec le capitalisme.

Ce n’est malheureusement pas à cela que tendent les propositions faites pour le congrès. Sous couvert de mutation c’est une régression sans précédent qui nous est proposée au risque de désarmer politiquement le mouvement populaire dans une phase d’affrontement social majeur. Se taire en croyant préserver l’unité du Parti serait la plus grave des erreurs. C’est au contraire en combattant le danger qu’on pourra le mieux rassembler les communistes et redonner sa force et sa cohésion au Parti pour toutes les luttes du présent et de l’avenir. Celui-ci reste à la lutte de classes, au socialisme et au communisme.

Jean-Jacques Karman, Jean-Luc Sallé, Henri Alleg, Rémy Auchedé, Maurice Cukierman, Georges Gastaud
Vendredi 8 novembre 1996 5 08 /11 /1996 20:47
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