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Histoire

guy-moquet.jpg INDIGNATION DEVANT LA RECUPERATION DE LA MEMOIRE DE GUY MÔQUET PAR SARKOZY


 

La section du PCF Paris 15ème, comme des milliers de communistes de France, exprime son indignation devant l’opération de récupération de la mémoire de Guy Môquet à laquelle s’est livrée hier M. Sarkozy, jour de son investiture.

Elle rappelle que Guy Môquet a été arrêté en octobre 1940 par la police française comme militant communiste. Il était le fils de Prosper Môquet, député communiste déchu de son mandat par les députés qui allaient voter les pleins pouvoirs à Pétain et dont un bon nombre est parvenu à rester aux affaires après 1945. Il a été fusillé par les soldats allemands à l’âge de 17 ans, avec 26 de ses camarades à Châteaubriant le 22 octobre 1941. Ils avaient été désignés comme otages à exécuter par le ministre de l’intérieur de Vichy Pucheu parce qu’ils étaient communistes. Ils sont morts en criant « Vive la France ! ».

Militants communistes, nous dénions formellement le droit à M. Sarkozy de s’approprier cette mémoire. Ses orientations politiques, sa conception de l’histoire sont totalement à l’opposé des idéaux patriotiques de justice sociale, d’égalité, de paix et d’amitié entre les peuples pour lesquels nos camarades sont tombés.

Nous enjoignons nos camarades, les citoyens à exprimer publiquement leur réprobation.   

« Vive le Parti communiste qui fera une France libre, forte et heureuse ! » avaient écrit ses compagnons Pourchasse, Barthélémy et Timbaud avant d’être fusillés avec Guy Môquet dont la dernière pensée fut : «  Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ».

Jeudi 17 mai 2007 4 17 /05 /2007 12:28
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citroen-taule.jpg
Citro
ë
n

À la porte des maisons closes
C’est une petite lueur qui luit…
Mais sur Paris endormi, une grande lumière s’étale :
Une grande lumière grimpe sur la tour,
Une lumière toute crue.
C’est la lanterne du bordel capitaliste,
Avec le nom du tôlier qui brille dans la nuit.

Citroën ! Citroën !

C’est le nom d’un petit homme,
Un petit homme avec des chiffres dans la tête,
Un petit homme avec un sale regard derrière son lorgnon,
Un petit homme qui ne connaît qu’une seule chanson,
Toujours la même.

Bénéfices nets…
Millions… Millions…

Une chanson avec des chiffres qui tournent en rond,
500 voitures, 600 voitures par jour.
Trottinettes, caravanes, expéditions, auto-chenilles, camions…

Bénéfices nets…
Millions… Millions…Citron… Citron

Et le voilà qui se promène à Deauville,
Le voilà à Cannes qui sort du Casino

Le voilà à Nice qui fait le beau
Sur la promenade des Anglais avec un petit veston clair,
Beau temps aujourd’hui ! le voilà qui se promène qui prend l’air,

Il prend l’air des ouvriers, il leur prend l’air, le temps, la vie
Et quand il y en a un qui crache ses poumons dans l’atelier,
Ses poumons abîmés par le sable et les acides, il lui refuse
Une bouteille de lait. Qu’est-ce que ça peut bien lui foutre,
Une bouteille de lait ?
Il n’est pas laitier… Il est Citroën.

Il a son nom sur la tour, il a des colonels sous ses ordres.
Des colonels gratte-papier, garde-chiourme, espions.
Des journalistes mangent dans sa main.
Le préfet de police rampe sous son paillasson.

Citron ?… Citron ?… Millions… Millions…

Et si le chiffre d’affaires vient à baisser, pour que malgré tout
Les bénéfices ne diminuent pas, il suffit d’augmenter la cadence et de
Baisser les salaires des ouvriers

Baisser les salaires

Mais ceux qu’on a trop longtemps tondus en caniches,
Ceux-là gardent encore une mâchoire de loup
Pour mordre, pour se défendre, pour attaquer,
Pour faire la grève…
La grève…

Vive la grève !


Jacques Prévert
Mardi 10 avril 2007 2 10 /04 /2007 18:29
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La journée internationale des travailleuses (extrait du discours de Lénine du 8 mars 1921)

 

 

 

"On ne saurait amener les masses à la vie politique sans y attirer les femmes. Car, en régime capitaliste, les femmes, la moitié de l’espèce humaine, sont doublement exploitées. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital, et par surcroît, même dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques, premièrement elles ne jouissent pas de tous les droits, car la loi ne leur confère pas l’égalité avec les hommes ; deuxièmement, et c’est là l’essentiel, elles restent confinées dans « l’esclavage domestique », elles sont des « esclaves du foyer » accablées par les travaux ménagers, les plus mesquins, ingrats, durs et abrutissants, et en général par les tâches domestiques et familiales individuelles.

 

 

 

La révolution bolchevique, soviétique, coupe les racines de l’oppression et de l’inégalité des femmes de façon extrêmement profonde, comme aucun parti, aucune révolution au monde n’ont osé les couper. Chez nous, en Russie soviétique, il ne subsiste pas trace de l’inégalité des femmes par rapport aux hommes au regard de la loi. Le régime des Soviets a totalement aboli l’inégalité odieuse, basse, hypocrite dans le droit matrimonial et familial, l’inégalité touchant l’enfant.

 

 

 

Ce n’est là que le premier pas vers l’émancipation de la femme. Aucun des pays bourgeois, même parmi les républiques les plus démocratiques, n’a osé faire ce premier pas. On n’a pas osé par crainte de la « sacro-sainte propriété privée ».

 

 

 

Le deuxième pas et le principal a été l’abolition de la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines. C’est cela et cela seul qui fraye la voie de l’émancipation complète et véritable de la femme, l’abolition de l’ « esclavage domestique » grâce à la substitution de la grande économie collective à l’économie domestique individuelle. ..."

Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /2007 16:17
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Histoire du 8 mars:
La Journée des femmes existe depuis 1910. Elle a été instituée à l’initiative de Clara Zetkin qui allait devenir une des fondatrices du Parti communiste allemand. Le 8 mars a été reconnu officiellement pour la première fois par un Etat, en l’occurrence l’URSS, en 1921, à l’initiative de Lénine pour commémorer une manifestation des ouvrières de Pétrograd en 1917 « pour le pain et pour le retour des hommes du Front ». En 1977, l’ONU officialise le 8 mars comme « Journée internationale des femmes ».
Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /2007 00:00
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Barre, l’antisémitisme sincère et le philosémitisme artificiel

par Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7

Babarre.jpg Avec la prestation de Barre le 1er mars 2007 à France-Culture, chacun perçoit la fragilité des barrières entre la droite présumée républicaine et l’extrême droite. Et, après que tout s’est révélé au détour d’une phrase de 1980 (les « Français innocents » de la bombe de la rue Copernic), Barre retraité nous fournit le lexique complet. Il ne manque plus que de proclamer gâteux celui qui a enfin parlé vrai – gâteux comme le factieux Pétain ?
Ces gens n’ont pas changé d’un pouce par rapport à leurs ascendants des années trente et le même « choix de la défaite » menace le peuple français. Ce retour aux sources sonne comme un avertissement, et on aurait aimé que le Canard enchaîné qui a fait dans son n° du 7 mars 2007 un très bon article (« Barre en quenouille ») n’en amoindrisse pas la portée en évoquant « un accès de gâtisme ». L’hebdomadaire pourra certes arguer que par « gâtisme » il a désigné la liquidation de l’autocensure – Barre ayant été « victime peut-être aussi d’un accès de gâtisme qui lui fait lâcher des propos indignes qu’il retenait jusque là ».
Il faut ajouter à cette dénonciation pertinente quelques remarques sur le caractère artificiel du "philosémitisme" qui a publiquement saisi, depuis quelque temps, des milieux qui ne nous avaient pas habitués à tant de sollicitude pour les juifs.
(...)
En tout cas, Barre nous fait renouer avec la bonne droite sincère des années trente. Il n'est pas gâteux, il a eu un accès de sincérité antisémite. Un peu de clarté historique ne peut que faire du bien à tous. Je viens de le dire concernant les avocats autoproclamés et historiquement récents des juifs d’Europe et du monde.
On peut espérer que pareilles déclarations aideront aussi certains de ceux qui, à gauche, confondent la politique conduite par l’État d’Israël avec « les juifs » à résister à l’antisémitisme.
Lequel demeure, d'une part, une tradition de notre bonne droite, Barre vient de nous le rappeler, et, d'autre part, comme le disait le vieil August Bebel, « le socialisme des imbéciles »

Et, puisqu’on parle d’antisémitisme, je puis aujourd'hui compléter sur la question la critique que j’ai envoyée en début d'année sur Juin 40, récent ouvrage selon lequel les « staliniens » seraient devenus antisémites sous l’effet du pacte germano-soviétique et sous la pression de Moscou.
J’ai trouvé ce jour dans la littérature clandestine communiste d’octobre 1940, collectée et commentée par la Direction générale de la Sûreté nationale (pas les témoignages, les textes), référence à la lutte du PCF contre l’antisémitisme :

« La presse communiste renouvelle aux socialistes, trahis par leurs dirigeants, son appel de collaboration dans la lutte qui commence, ainsi d'ailleurs qu’aux travailleurs chrétiens. Elle prend parti contre l’antisémitisme, qui n'est encore qu’une manœuvre du capitalisme destinée à faire porter le poids et la responsabilité de la défaite, aux travailleurs et petits commerçants juifs, tandis que les gros capitalistes israélites conserveront leurs bénéfices. »

Sur les 12 objectifs que venait de fixer La Vie du Parti, figurait au point 11 (classement sous la lettre k) « la lutte contre l’antisémitisme… “dans la besogne de démagogie faite par la presse vendue, La France au Travail, Aujourd'hui, Le Matin, etc., l’antisémitisme tient une grande place. En même temps, Doriot et les gens du Pilori créent des groupements de cagoulards destinés à faire des manifestations antisémites. Le but de ces manifestations antisémites… est de dresser les travailleurs les uns contre les autres et de leur faire oublier que tous les capitalistes sont leurs ennemis” »
(rapport de la Direction générale de la Sûreté nationale, « Semaine du 11 au 17 novembre 1940 », daté « novembre 1940 », 18 p., p. 9, F7 14997, lutte anticommuniste, dossier I, du 10 novembre 1940 au 13 juin 1941, Archives nationales).

Bref, tout le monde est fidèle à ses origines respectives...
Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /2007 00:00
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HOMMAGE AUX MARTYRS DE CHARONNE

Une place du « 8 février 1962 » est inaugurée aujourd’hui au métro Charonne.

Il y a 45 ans, le 8 février 1962, la police assassinait sauvagement neuf manifestants au métro Charonne. Huit étaient communistes. Tous étaient à la CGT. Avec des dizaines de milliers d’autres, ils protestaient contre les crimes de l’OAS et exigeaient la paix en Algérie. Leur engagement syndical et politique les avaient naturellement amené à militer pour la reconnaissance du droit du peuple algérien à l’indépendance, contre une guerre injuste qui a coûté la vie à des centaines de milliers d’Algériens, principalement des civils, et à 30000 jeunes Français. Les circonstances du massacre ne sont pas encore entièrement élucidées. Les complicités entre OAS, certains éléments de la l’armée et de la police (Papon est Préfet de police de Paris) sont évidentes. Leur volonté commune d’écraser tout à la fois le mouvement progressiste, les luttes revendicatives, l’action anticolonialiste se manifeste tout au long des années de la guerre d’Algérie. Une place du 8 février 1962 est inaugurée ce matin par le Maire de Paris. Nous nous en félicitons. Espérons qu’il saura reconnaître les lourdes responsabilités historiques des dirigeants du Parti socialiste et de la droite qui ont engagé puis poursuivi la guerre colonialiste. Le PCF, comptable de son histoire, s’est prononcé dès le début pour le droit du peuple algérien à disposer de lui-même et a agi sans discontinuer pour la paix en Algérie. Dans la suite de cet engagement, les communistes français continuent à lutter pour un nouvel ordre international de paix et de coopération entre peuples libres et souverains, à combattre le racisme et le fascisme sous toutes leurs formes.

Vendredi 9 février 2007 5 09 /02 /2007 13:30
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Suite à la publication dans NVO, hebdomadaire de la CGT d'un article intitulé: "la négociation de trop", le secrétariat de Section du PCF Paris 15 a adressé à Jean-Philippe MARTINEZ, Rédacteur en chef de la NVO (Nouvelle Vie Ouvrière), la lettre que nous reproduisons ci dessous.

 

Paris, le 1er février 2007,

 

Monsieur le Rédacteur en chef,

 

Le numéro daté du 26 janvier 2007 de votre revue, la NVO, consacre un article, signé de M. Jacques Dimet, long de trois pleine pages, sur l’histoire du PCF intitulé « la négociation de trop ». Nous vous exprimons notre profonde déception et notre colère devant cet article. Le livre « Juin 1940, la négociation secrète » qu’il présente avec complaisance, alimente depuis quelques semaines la relance d’une odieuse campagne d’anticommunisme. Que la direction de la CGT ait décidé depuis quelques années de marquer publiquement son éloignement vis-à-vis des partis politiques en général et du PCF en particulier constitue une orientation que nous n’avons pas à commenter. Que dans son organe de presse au titre également historique, la Vie ouvrière, des journalistes relaient un nouvel avatar d’une campagne anticommuniste menée de façon récurrente depuis 60 ans par les pires ennemis de la classe ouvrière nous paraît non seulement incohérent mais proprement scandaleux. Nous espérons qu’il ne s’agit que d’un écart rédactionnel et non d’une ligne éditoriale et stratégique. Dans cet état d’esprit, nous vous demandons de publier en réponse les extraits de la déclaration (en lien) que des dirigeants du PCF dont quatre membres de son Conseil national ont écrite à la suite des articles que le Monde a consacrés au même opuscule en décembre. Dans l’attente de votre réponse,

 

Veuillez recevoir, Monsieur le Rédacteur en chef, nos salutations les meilleures,

 

Stéphane AURIOL, secrétaire du collectif PCF-RATP-BUS membre du CN du PCF, Albert BARRE, secrétaire du PCF Paris 15, Emmanuel DANG TRAN, secrétaire du PCF Paris 15, membre du Conseil national du PCF

Vendredi 2 février 2007 5 02 /02 /2007 16:37
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Après les articles du Monde des 10 et 11 décembre :
Combattre l’anticommunisme est plus que jamais une lutte d’actualité

Déclaration

Le journal Le Monde cherche visiblement à relancer l’une des attaques les plus récurrentes de l’anticommunisme en publiant sur toute la troisième page de son édition datée des 10 et 11 décembre 2006 deux articles sur le PCF regroupés sous le titre infâmant, sur cinq colonnes, « quand le PCF négociait avec les nazis ». Depuis 1945, les anticommunistes de toutes les obédiences tentent d’exploiter les hésitations stratégiques de la direction du PCF en 1940 pour salir l’histoire et l’idéologie de notre parti, jusqu’à amener l’amalgame aussi intolérable qu’écoeurant entre fascisme et communisme. Plus l’accusation est grosse, … on connaît la suite.

Le PCF est la seule organisation politique dont on attend qu’elle soit comptable de son histoire. Pour beaucoup de communistes dont nous faisons partie, qui refusent de renier nos convictions et de changer de nom, c’est notre fierté.

En 1940, après l’invasion allemande, toutes les autres formations politiques abdiquent, sinon trahissent, devant le fascisme. Elles se sont davantage consacrées depuis la déclaration de guerre en septembre 1939 à réprimer les communistes et l’ensemble des militants ouvriers qu’à préparer le pays à se défendre. Le 27 septembre, le ministre socialiste Sérol signait le décret punissant de mort toute activité communiste. On est loin du Front populaire déjà anéanti par Munich un an à peine auparavant.

A l’été 40, le pays est en décomposition, le régime de Vichy, le plus violemment anticommuniste, s’installe. La direction du PCF est géographiquement éclatée. La vision tactique du pacte germano-soviétique, gagner du temps pour préserver et renforcer l’Union soviétique, peut se comprendre aisément comme peut se comprendre que les réalités de l’internationale communiste sont en décalage avec celles de la France occupée.

C’est dans ce contexte de confusion généralisée qu’il est nécessaire de situer l’initiative éphémère de demande de reparution légale de L’Humanité par certains dirigeants du PCF. Cette application de la théorie de l’utilisation de la « moindre possibilité favorable » est rapidement désavouée notamment par Maurice Thorez lui-même et abandonnée. L’Appel du 10 juillet de Duclos et Thorez, diffusé clandestinement tout au long de l’été, traduit sans conteste la volonté du PCF de mobiliser pour l’indépendance nationale. Le choix de faire réapparaître dans la légalité au grand jour les cadres du Parti a coûté cher mais la reconstitution de l’organisation communiste dès 40 aura été décisive pour la Résistance.

Cela fait des années que ces sujets font l’objet d’études historiques, notamment du côté du PCF. Qu’y a-t-il de neuf aujourd’hui ? Un xième  ouvrage signé par MM. Besse et Pennetier, historien de « gauche », vient de sortir. Ils chargent la personnalité de Jacques Duclos, dont l’apport au mouvement révolutionnaire est incontestable, et dévoilent des « notes » décousues qu’ils ont retrouvées dans les archives départementales de Paris et qui seraient issues de la police de Vichy. Elles auraient été saisies sur une militante communiste faisant partie d’une délégation partie demander la reparution de l’Huma. Ils « estiment » que leur auteur pourrait être le responsable communiste Tréand. Surtout, ils prétendent leur donner valeur de document d’orientation du PCF. Le procédé démontre pour le moins la légèreté du travail de ces « historiens ». Elle les conduit à une insinuation ignoble. Dans ces notes griffonnées, le ministre Georges Mandel est désigné comme le « juif Mandel ». Voilà de quoi alimenter la thèse si appréciée des anticommunistes : « les communistes sont antisémites comme les fascistes ». Toute insinuation dans ce sens est une insulte inacceptable pour le Parti de Maurice Thorez et Georges Politzer, pour tous les communistes.

Quelle est l’opportunité pour le Monde de remettre le couvert ? S’agit-il de donner des arguments supplémentaires à ceux qui veulent éradiquer l’identité du PCF du paysage politique ?

L’Humanité datée du 12 décembre consacre deux pages à ce même sujet. Si les articles de Jean-Paul Scot rétablissent heureusement des éléments de vérité sur le nombre de résistants communistes assassinés mis en doute honteusement par le Monde, l’article de l’historien Bourderon rentre entièrement dans le jeu malsain de MM. Besse et Pennetier à qui l’Huma juge bon de surcroît d’accorder 4 colonnes d’interview. Aucun rappel du contexte, aucun esprit critique : l’Huma choisit la ligne de la repentance avec toutes les acceptations qu’elle comporte à l’égard de l’anticommunisme. Nous dénonçons cette orientation et demandons à ce qui est encore à 80% notre journal (le reste du capital étant dans les mains des trusts menés par le groupe Lagardère) de rectifier le tir incessamment.

Mais le pire est constitué par la déclaration de la direction du PCF. De qui émane-t-elle exactement ? Ce texte valide d’emblée la thèse du livre et son esprit, osant affirmer que la stratégie du PCF en 40 « était nourrie de propos antisémites ». Elle reprend la thématique souvent reprise par les anticommunistes de « gauche » de la gentille base, composée de braves militants « ignorant tout des tractations puis des règlements de compte de sommet » opposée aux directions et à la structure du Parti. Sans son organisation, sans sa direction, sans ses structures, un parti communiste n’existe pas et le PCF n’aurait pas pu résister, l’affirmation de cette évidence n’empêchant pas l’analyse critique, au contraire nécessaire, de notre histoire et de l’action de nos dirigeants. S’il y a un divorce entre les communistes et leur direction, c’est bien en ce moment !

Nous invitons les camarades à intervenir auprès du secrétariat national du PCF pour qu’un communiqué rectificatif voie le jour !
Mercredi 13 décembre 2006 3 13 /12 /2006 23:30
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50 ans après les événements de Budapest

Le 4 novembre 1956, les troupes soviétiques entraient en Hongrie et mettaient fin par la force à l’insurrection d’une partie importante du peuple hongrois contre le régime en place depuis 1945. Le 50ème anniversaire de ces événements dramatiques donne lieu à un nouveau déferlement de propagande anti-communiste, preuve, s’il en fallait, que le spectre du communisme hante toujours l’Europe. Communistes français, revendiquant ce nom, nous sommes comptables d’un passé auquel nous sommes liés. Il est de notre devoir d’avoir notre analyse critique de cette histoire qui est aussi la nôtre. Mais que l’on ne compte sur nous, parce que les rapports de forces ont changé, pour chausser les patins du révisionnisme et de l’anticommunisme. Notre parti a approuvé l’intervention soviétique. Il avait des raisons de le faire. Il est impossible ou malhonnête de faire abstraction du contexte de guerre froide qui régnait encore, exacerbée, en 1956. A tous les niveaux. D’abord en Hongrie même. Le mouvement de protestation, émanant de différentes couches de la société, s’est rapidement trouvé investi et dominé politiquement par les forces de la pire réaction, directement par les anciens piliers du régime fasciste de Horthy, comme le cardinal Mindszinty. Cette contre-révolution revancharde s’est aussitôt tournée vers l’occident et l’impérialisme américain. Ceux qui voulaient ou prétendaient incarner une évolution démocratique du socialisme ont dû rapidement choisir leur camp : le grand philosophe marxiste Georges Lukacs a rompu avec un mouvement nécessairement en dérive, Imre Nagy a demandé l’intervention militaire capitaliste. Au plan international, l’éventualité sérieuse d’une intégration de la Hongrie au bloc capitaliste remettait en cause tous les équilibres mondiaux, les positions du mouvement progressiste, la paix elle-même. Une démonstration est venue aussitôt dans notre propre pays de ces enjeux. Budapest a été le prétexte à un déchaînement anticommuniste culminant avec le sac, par les fascistes (dont l’activiste Le Pen) soutenus par la police et les socialistes au pouvoir, du Comité central et du siège de l’Humanité, défendus héroïquement par les militants dont trois sont morts. Espérons que la direction du PCF n’oubliera pas de célébrer publiquement ces camarades ! Il faut dire que pour les forces politiques au pouvoir, dont les socialistes en premier lieu, qui ne s’estiment, quant à elles, jamais redevables de leur histoire, l’heure était à la répression colonialiste en Algérie et à l’aventurisme néocolonial à Suez que seul ou presque et seul en tant que parti le PCF combattait. Toutes ces considérations ne sauraient nous exempter évidemment de l’examen profondément critique du socialisme autoritaire, plaqué selon le modèle soviétique, largement coupé des masses, qui a suscité cette réaction d’une bonne part du peuple hongrois, comme de l’analyse du nouveau cours qui a suivi 1956 en Hongrie et ailleurs à l’est. Communistes, c’est même une obligation pour nous et nous le faisons, nous y avons tout intérêt, comme nous avons tout à perdre pour notre combat émancipateur à la posture repentante et auto-flagellatrice que les tenants de l’idéologie dominante nous invite à adopter pour faire taire notre idéal.

 

 

Samedi 4 novembre 2006 6 04 /11 /2006 15:31
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Parmi les plus belles pages d´Histoire du PCF

L´APPEL AU « NON » LORS DU REFERENDUM DE 1958

Le PCF, réuni au cours d´une conférence nationale qui se tient à Montreuil les 17 et 18 juillet 58 lance un appel pour l´union et l´action de tous les républicains pour le « Non » au référendum plébiscite organisé par de Gaulle, avec le soutien des dirigeants de la SFIO. Voici quelques extraits du rapport présenté par Maurice Thorez, secrétaire général du PCF qui montrent la clairvoyance et la justesse d´analyse des dirigeants du PCF cette époque. Quel contraste avec l´indigence d´analyse et de propositions d´action de la direction actuelle qui se gardera bien de se référer à ces belles pages d´Histoire

« Le projet de Constitution gaulliste vise à perpétuer le pouvoir personnel en établissant un régime présidentiel, un régime où toute l´autorité sera concentrée dans les mains du président de la République (...) Avec la Constitution que prépare de Gaulle et dans le cadre de laquelle il entend occuper une présidence de la République munie de tous les pouvoirs, les ministres seront nommés par lui et responsables devant lui et non devant l´Assemblée élue au suffrage universel. Le Premier ministre ne sera que le premier agent d´exécution du président tout puissant (...) Si l´Assemblée nationale n´approuve pas toutes les volontés du président, le gouvernement ne s´inclinera pas, il ne cédera pas la place à un autre ministère décidé à suivre les indications des élus du peuple(...) Il s´agira au surplus d´une Assemblée dépourvue de pouvoirs réels, et ayant un rôle purement consultatif, d´une contrefaçon de Parlement. Comment avec cette représentation nationale impuissante, les ouvriers, les fonctionnaires, les paysans, pourraient-ils faire valoir leurs légitimes revendications ? Et Maurice Thorez de conclure son rapport avec cet appel : « Camarades, en ces mois décisifs, les communistes s´affirmeront partout hommes d´action, entraîneurs, organisateurs. Ils donneront l´exemple de l´esprit de responsabilité, de la résolution, de la confiance dans les destinées du peuple, seul créateur de l´Histoire, dans la victoire sur l´entreprise du pouvoir personnel (...) Chaque membre de notre parti travaillera de tout son coeur, de toutes ses forces, à l´unité d´action la plus complète des socialistes, des communistes, au rassemblement de tous les démocrates, ce qui serait l´annonce infaillible de la défaite des factieux. Un parti qui tient une telle place dans le coeur du peuple, un parti qui est la chair de la chair de la classe ouvrière, qui est l´interprète reconnu de la nation, saura faire tout son devoir. Allons au travail, camarades, à l´effort acharné pour le «Non » au référendum ! Allons au combat, sûrs que le peuple est le seul maître de l´avenir ! Allons à la victoire de la République, de la liberté et de la paix ! Allons à la victoire de la France »

En 1962, l´élection du président de la République au suffrage universel, aggravera cette analyse. Ainsi l´UMP et le PS se sont taillés une Constitution sur mesure faite pour privilégier leurs formations à la fois concurrentes mais de connivence pour préserver le système capitaliste et son économie de marché, pour monopoliser le débat au détriment des autres formations politiques. Ils se sont d´ailleurs entendus comme « larrons en foire » pour jumeler l´élection présidentielle avec les législatives. Jospin qui en a pris l´initiative a cru en tirer profit en étant élu avec une majorité à sa botte en a été pour ses frais. Ainsi est confirmé et conforté le caractère monarchique de la V ème République.
Lundi 29 mai 2006 1 29 /05 /2006 21:12
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