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le choix de la lutte

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Histoire

C'est au cimetière d'Ivry
Qu'au fond de la fosse commune
Dans l'anonyme nuit sans lune
Repose Gabriel Péri


Pourtant le martyr dans sa tombe
Trouble encore ses assassins
Miracle se peut aux lieux saints
Où les larmes du peuple tombent


Dans le cimetière d'Ivry
Ils croyaient sous d'autres victimes
Le crime conjurant le crime
Etouffer Gabriel Péri


Le bourreau se sent malhabile
Devant une trace de sang
Pour en écarter les passants
Ils ont mis des gardes-mobiles


Dans le cimetière d'Ivry
La douleur viendra les mains vides
Ainsi nos maîtres en décident
Par peur de Gabriel Péri


L'ombre est toujours accusatrice
Où dorment des morts fabuleux
Ici des hortensias bleus
Inexplicablement fleurissent


Dans le cimetière d'Ivry
Dont on a beau fermer les portes
Quelqu'un chaque nuit les apporte
Et fleurit Gabriel Péri


Un peu de ciel sur le silence
Le soleil est beau quand il pleut
Le souvenir a les yeux bleus
A qui mourut par violence


Dans le cimetière d'Ivry
Les bouquets lourds de nos malheurs
Ont les plus légères couleurs
Pour plaire à Gabriel Péri


Ah dans leurs pétales renaissent
Le pays clair où il est né
Et la mer Méditerranée
Et le Toulon de sa jeunesse


Dans le cimetière d'Ivry
Les bouquets disent cet amour
Engendré dans le petit jour
Où périt Gabriel Péri


Redoutez les morts exemplaires
Tyrans qui massacrez en vain
Elles sont un terrible vin
Pour un peuple et pour sa colère


Dans le cimetière d'Ivry
Quoi qu'on fasse et quoi qu'on efface
Le vent qui passe aux gens qui passent
Dit un nom Gabriel Péri


Vous souvient-il ô fusilleurs
Comme il chantait dans le matin
Allez c'est un feu mal éteint
Il couve ici mais brûle ailleurs


Dans le cimetière d'Ivry
Il chante encore il chante encore
Il y aura d'autres aurores
Et d'autres Gabriel Péri


La lumière aujourd'hui comme hier
C'est qui la porte que l'on tue
Et les porteurs se subtituent
Mais rien n'altère la lumière


Dans le cimetière d'Ivry
Sous la terre d'indifférence
Il bat encore pour la France
Le coeur de Gabriel Péri


Louis Aragon

Samedi 15 décembre 2007 6 15 /12 /2007 12:59
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voir l'article de nos camarades de la section d'Arras

Quand au bout d’huit jours, le repos terminé,
On va reprendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civelots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête…

refrain :
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés,
C'est nous les sacrifiés !


Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r'lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe,
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes… (au refrain)

au refrain


C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là. (au refrain)

au refrain


Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les troufions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez faire la guerre,
Payez-la de votre peau !

Le 11 novembre à Hénin-Beaumont
Dimanche 11 novembre 2007 7 11 /11 /2007 10:18
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Non à la récupération de la mémoire de Guy Môquet

 

Suivant la consigne du Président de la République, le ministre de l’éducation fera lire lundi 22 octobre dans les établissements scolaires la dernière lettre de Guy Môquet avant son assassinat.

 

Guy Môquet, jeune résistant communiste de 17 ans, lycéen au Lycée Carnot dans le 17ème arrondissement de Paris, avait été arrêté le 15 octobre 1940 par la police du régime collaborationniste de Pétain. Il a été fusillé comme otage par les nazis le 22 octobre 1941 à Chateaubriant avec 26 de ses camarades dont Charles Michels, député communiste du 15ème arrondissement.

 

Certains enseignants refuseront de lire la lettre qui n’entre pas dans les programmes scolaires. D’autres la liront en expliquant les circonstances dans lesquelles elle a été écrite. Nous respectons pleinement le choix de chacun.

 

Mais nous n’acceptons pas l’opération de récupération de l’histoire à laquelle se livrent MM. Sarkozy et Darcos.

La dernière lettre de Guy Môquet à sa famille est poignante mais a peu de signification historique en elle-même. Le ministre dans sa circulaire aux proviseurs n’invite pas à la replacer dans son contexte historique, encore moins à réfléchir sur ce pour quoi les résistants ont combattu. Le président Sarkozy s’apprête à servir au journal de 20 heures, avec des trémolos dans la voix, des boniments consensuels pour tenter de s’approprier à nouveau la mémoire de grandes figures progressistes du pays, Guy Môquet après Jean Jaurès, en omettant bien sûr d’évoquer le contenu de leurs combats.

 

Et pour cause. Sa politique renie chaque jour les acquis de la Résistance dont la mort de Guy Môquet et de ses 26 camarades a été un premier jalon. Elle contredit les idéaux de justice sociale, d’égalité, de paix et d’amitié entre les peuples pour lesquels ils sont tombés.

Il est donc important d’effectuer quelques rappels, devant la grossière manipulation politique.

 

- Guy Môquet et ses camarades ont tous été arrêtés par la police de Vichy puis exécutés par les nazis parce qu’ils étaient communistes.

 

- La Résistance, dans laquelle les communistes ont joué un rôle très important, aux côtés d’autres, syndicalistes, gaullistes… est à l’origine des grandes conquêtes sociales et démocratiques de la Libération. Elles sont en particulier issues du Programme du Conseil national de la Résistance, adopté le 15 mars 1944. Les communistes ont joué un rôle décisif dans leur mise en œuvre dans les gouvernements d’après-guerre.

En relisant le programme du CNR, on comprend pourquoi Sarkozy occulte le sens du combat de Guy Môquet.

Tirant les leçons des années 30 et de la guerre, le programme du CNR prévoyait en effet entre autres:

 

1° « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » et « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d'énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d'assurances et des grandes banques ». A la Libération, des secteurs fondamentaux de l’économie ont été ainsi nationalisés permettant leur développement au bénéfice de chacun et du pays. Par exemple l’électricité et le gaz par le ministre communiste Marcel Paul avec la création d’EDF et de GDF. Le gouvernement Sarkozy-Fillon s’applique précisément à démanteler ces services publics, à livrer au privé GDF. D’une façon générale, il soumet sa politique au MEDEF.

2° Une sécurité sociale pour tous, pour « assurer à tous les citoyens des moyens d’existence ». La Sécurité sociale, l’assurance maladie, le système solidaire de retraite ont été constitués à la Libération notamment par les communistes, établissant un droit effectif à la santé et au repos des travailleurs à la fin de leur carrière. Le gouvernement Sarkozy-Fillon poursuit au contraire le démantèlement de ces conquêtes sous le prétexte qu’elles ne seraient économiquement pas viables. Comment l’ont-elles été alors dans la France ruinée de l’après guerre ?

« la sécurité de l'emploi, la réglementation des conditions d'embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d'atelier ».

Après la tentative de Villepin d’imposer le CPE aux jeunes salariés, le gouvernement Sarkozy-Fillon continue à détruire le droit du travail et le contrat de travail pour établir la « liberté » de licencier que réclame le MEDEF.

4° Le CNR avait décidé d’étendre « les droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales. » Il ouvrait la voie à la décolonisation, sous l’influence notamment du PCF, seul parti à s’être toujours engagé dans les luttes anticoloniales et pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Aujourd’hui, le pouvoir tente de réhabiliter l’histoire de la colonisation dont la loi indigne du 22 février 2005 reconnaît un « rôle positif ». Le gouvernement cherche, au nom de « l’immigration choisie », à piller les pays du tiers-monde et notamment d’Afrique de leurs travailleurs qualifiés. Dans le même temps, il multiplie les lois discriminatoires contre les immigrés.

5° Le programme du CNR prévoyait aussi « l’éducation gratuite de qualité pour tous ». Le gouvernement veut supprimer encore 11200 postes dans l’éducation nationale l’an prochain, renforcer la ségrégation sociale en supprimant la carte scolaire…

On pourrait continuer longuement cette liste et ce serait important. Le programme du CNR fait partie, lui des programmes scolaires.

 

Guy Môquet a pu écrire encore quelques mots avant sa mort sur une palissade du camp où il était interné. Ils sont célèbres. « Vous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir ». Militants communistes, nous nous efforçons de l’être. Mais ces mots ne s’appliquent vraiment pas à Monsieur Sarkozy !

 

NON à la récupération de la mémoire de Guy Môquet !

Défendons et développons les conquêtes sociales et démocratiques

de la Résistance!

Lundi 22 octobre 2007 1 22 /10 /2007 07:24
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Un Petit Larousse anticommuniste

 

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On connaissait le Petit Larousse de la langue française. Voilà que va paraître le dictionnaire Larousse du « communisme ». Mais autant le premier est le résultat du travail de lexicographes sérieux, autant la rédaction du second a été confiée à une équipe d’historiens pour le moins discutables autour de l’anticommuniste patenté et obsessionnel Stéphane Courtois. Il y a dix ans, Robert Laffont éditait son « Livre noir du communisme », qui, malgré la complaisance médiatique, a suscité un tollé chez les historiens et citoyens honnêtes. Pour le 90ème anniversaire de la Révolution d’octobre, les tenants de l’idéologie dominante récidivent en lui commandant un « dictionnaire ». Le livre n’est pas encore sorti mais les premières déclarations de Courtois ne laissent aucun doute sur sa teneur, à l’opposé de toute l’objectivité que le mot « dictionnaire » laisserait supposer. Il va asséner, une fois de plus, combien la nature du communisme serait intrinsèquement criminelle et assimilable au fascisme. On connaît la rengaine de ces adeptes du « plus c’est gros, plus ça passe ».

Cette parution souligne cependant deux points importants pour les communistes (qui entendent le rester).

Les moyens que se donne toujours le capital pour combattre l’idée et l’histoire du communisme vérifient qu’il reste plus que jamais son principal ennemi potentiel.

Le 90ème anniversaire de la Révolution d’octobre va être l’occasion d’une bataille idéologique de première importance. Ce n’est pas en s’autoflagellant, ou en évoquant comme Marie-George Buffet le « boulet » de l’histoire communiste, que les communistes relèveront le défi et défendront leur engagement et leur parti plus nécessaires que jamais pour combattre le capitalisme. C’est en assumant, de façon critique, l’histoire du PCF, l’histoire du mouvement communiste international, les perspectives extraordinairement fécondes, ouvertes par la Révolution d’octobre.

 

Samedi 13 octobre 2007 6 13 /10 /2007 17:41
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vaillant-couturier.jpg « L’or, aveugle et brutal, tue la lumière de l’esprit »

 

 


Paul Vaillant-Couturier





Jeudi 11 octobre 2007 4 11 /10 /2007 12:57
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Le 9 octobre 1967, Che Guevara était assasiné en Bolivie par des mercenaires à la solde de la CIA. Devenu mythe, son personnage donne lieu à toutes les récupérations. Elles ne parviennent cependant pas à déprécier le puissant symbole révolutionnaire, ni à effacer la vérité historique. Che Guavara a placé son action révolutionnaire et internationaliste dans la fidélité à ses convictions marxiste et communiste. Il a joué un rôle déterminant, derrière Fidel Castro, dans la révolution cubaine qu'il a défendue jusqu'au bout. On ne peut que s'étonner aujourd'hui de voir certains en France tenter de s'arroger l'image du Che tout en refusant de défendre l'héritage de la révolution cubaine.

Nous reproduisons an lien la lettre d'adieu du Che à Fidel Castro en 1965 ainsi que le message de Fidel Castro à l'occasion des cérémonies du 40ème anniversaire à La Havane. 

Lettre d’adieu du Che à Fidel Castro-1965

Le Che, par Fidel Castro Ruz

Mardi 9 octobre 2007 2 09 /10 /2007 14:12
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Le 4 octobre 1957, à 22h38 exactement, l’URSS lançait le Spoutnik, boule de métal de 58 centimètres de diamètre. Le premier satellite artificiel, équipé d’un émetteur radio, a envoyé un signal radio perceptible de toute la planète. L’Union soviétique ouvrait l’ère de la conquête du cosmos. Pour les communistes, notamment en France, cette première retentissante faisait la démonstration du dynamisme, de la supériorité du socialisme « réel » au plan technologique sur le « camp capitaliste ». Les doutes ressentis par quelques uns après le XXème congrès du PCUS étaient dépassés. L’événement a représenté un formidable encouragement  pour l’action des communistes contre le capital en France. Il reste présent pour les milliers de camarades au même titre que le nom et l’exploit de Youri Gagarine. Il fait pleinement ainsi partie de la mémoire du mouvement communiste et en particulier du PCF, notre parti.

Vendredi 5 octobre 2007 5 05 /10 /2007 12:27
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Conseil du 14ème arrondissement

19 juin 2007

Intervention de Camille MARQUES, conseillère d’arrondissement communiste, sur la délibération n° AC-2007-176 prévoyant l’apposition d’une plaque commémorative en hommage à Raymond Tardif et André Aubouet, au 156 rue Raymond Losserand.

 

Chers collègues,

Au nom des communistes du 14ème, je me félicite de l’apposition, au 156 rue Raymond Losserand, où demeurait Raymond Tardif, d’une plaque en hommage à deux jeunes résistants de notre arrondissement, fusillés en 1942, à l’âge de 22 et 19 ans.

Raymond Tardif et André Aubouet étaient membres de l’organisation des « Bataillons de la jeunesse », organisation de résistance regroupant des jeunes communistes décidés dès 1941 à mener la lutte armée contre l’occupant et ses serviteurs.

Ils ont multiplié les actions de résistance aux côtés notamment de Pierre Georges, celui qui allait devenir le Colonel Fabien.

Tardif et Aubouet, arrêtés par la police Vichyste, font partie des 27 accusés du tristement célèbre procès « de la Maison de la Chimie ». 24 furent assassinés.

Comme ce fut le cas pour des milliers de communistes, l’activité résistante de Raymond Tardif est attestée dès mai 41, avant même l’agression nazie contre l’Union Soviétique.

André Aubouet s’était engagé précisément le 11 janvier 1941 dans le groupe de Raymond Losserand, élu communiste de l’arrondissement lui-même fusillé comme vous le savez.

A l’heure où la Mémoire de la Résistance, même en particulier la Mémoire de la Résistance des communistes et des jeunes communistes donnent lieu à tout niveau de la République à des opérations de récupération et d’instrumentalisation très contestables, je souhaite lire, ici et maintenant, je pense au bon moment et au bon lieu la dernière lettre de André Aubouet à ses parents avant son exécution le 17 avril 1942 : (article ci dessous)
Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 20:11
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André Aubouet

  • Engagé le 11 janvier 1941;
  • Du groupe de Raymond Losserand; fusillé le 17 avril 1942


Chère maman, cher papa,



Je vous écris de la Santé ; il est une heure moins dix. On vient de nous prévenir que l’on sera éxécuté ce soir. Nous avons la permission d’écrire quelques lettres, mais les visites sont interdites. J’ai un chagrin immense de ne pas vous avoir revus une dernière fois. J’espérais pouvoir vous revoir ainsi que ma sœur, mes petites nièces et neveux et mon beau-frère et ma chère petite fiancée Anne-Marie que vous avez prévenue comme je l’espère. Mais hélas ! on n’aura pas cette dernière satisfaction.

Je vous supplie de n’avoir pas trop de peine. Je sais que c’est cruel, mais j’avais fait le sacrifice de ma vie pour mon idéal, pour ma Patrie, comme tous les camarades. Je suis courageux ainsi que les camarade Tardif qui demeure au 156* dans la première cour, et le copain de la rue Decré.

Je demande pardon à mon papa pour toutes les misères que je lui ai faites, mais je l’aimais bien quand même ; il croyait que je le faisais exprès ; je lui demande pardon car il m’aimait bien malgré tou ce qu’il me disait. Maintenant, je ne vous verrai plus.

Je vais vous faire quelques recommandation : que papa prévienne ma fiancée et l’embrasse bien fort et qu’il lui dise que je penserai à elle jusqu’à la dernière minute. Mais je vais lui écrire à l’imprimerie ; j’espère qu’elle recevra ma lettre et je vais faire un paquet de mes affaire pour vous remettre en souvenir ; je garde le mouchoir que maman m’a mis dans le dernier colis, je l’emporterai avec moi, car la paire de gants est restée dans le colis. Je vous remercie pour vos colis ainsi que tous ceux qui m’ont envoyé des douceurs. Je vais tout finir, tout à l’heure ce sera mon dernier repas. Vous deonnerez mes livres au Breton, vous lui direz adieu pour moi ainsi qu’à tous les copains.

Je vais vous quitter une dernière fois, car le temps presse et je vais écrire à ma sœur et à ma fiancée.

Danc adieu, ma petite mère chérie, mon petit père chéri ; je vous embrasse bien fort.

Dédé



Vive la France indépendante!

*156 rue de Vanves, aujourd'hui rue Raymond Losserand
Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 20:06
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Parmi les nombreuses réactions de camarades à la récupération indigne de la mémoire de Guy Môquet par N. Sarkozy: lettre-guy-moquet.jpg

Nous reproduisons en lien celle de Marcel Caille, ancien résistant, syndicaliste, fils de déporté mort à Auschwitz. Ci-dessous celle de Patrice Carvalho, député communiste de l'Oise de 97 à 2002 et de nouveau candidat aux législatives.

Le geai paré des plumes du paon.

« Il est assez de geais à deux pieds comme lui,

Qui se parent souvent des dépouilles d’autrui. »

La fable de La Fontaine aurait-elle été écrite pour Sarkozy ? Nous serions tentés de le croire, tant le portrait est saisissant.

A peine intronisé, le Président de la droite décomplexée et s’affirmant comme tel s’est empressé de rendre hommage à Guy Môquet, le jeune résistant communiste de 17 ans fusillé par les nazis, le 22 octobre 1941.

Geste fort associé au déplacement présidentiel à la cascade du Bois de Boulogne où furent exécutés 35 résistants.

Et la dernière lettre de Guy Môquet à ses parents sera lue dans les écoles.

La communication fait donc des miracles. Sarkozy réussit ainsi le tour de force d’honorer les valeurs qu’il combat.

Le jeune résistant communiste symbolise l’esprit de sacrifice pour la Nation, pour la liberté, pour le combat émancipateur et progressiste.

Où Sarkozy peut-il s’y retrouver ? Pour lui l’identité nationale est indexée à l’immigration. Il se plait à glorifier la colonisation et honnit la repentance.

Et quelle place la Nation occupe-t-elle dans ses projets, lui qui, quittant le Bois de Boulogne, s’envole pour Berlin, afin de rencontrer la Chancelière et de remettre en selle la Constitution européenne destinée à faire le lit des Nations ?

Dans l’esprit sarkozyste, la communication n’est pas destinée à éclairer l’opinion mais à brouiller les pistes, à dresser des rideaux de fumée, à donner le change, à dissimuler derrière des dorures la noirceur des intentions.

     « Un paon muait : un geai prit son plumage

     Puis après se l’accommoda

     Puis parmi d’autres paons tout fier se panada,

     Croyant être un beau personnage.

     Quelqu’un le reconnut : il se vit bafoué,

     Berné, sifflé, moqué, joué

     Et par messieurs les paons plumé d’étrange sorte

     Même vers ses pareils s’’étant réfugié,

     Il fut par eux mis à la porte »

L’illusion ne durera qu’un temps. Les actes finiront par parler d’eux-mêmes.

Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /2007 20:14
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